Virgin Galactic : embarquement immédiat pour l’espace (Paris Match)

Paris Match| Publié le 30/12/2018 à 06h52
De notre envoyé spécial en Californie Bertil Scali
Photos : Thierry Boccon-Gibod

Retrouvez l’article complet sur le site de Paris Match

Richard Branson et Bertil Scali © Thierry Boccon-Gibod

Dans la nuit glacée du 13 décembre, à 2 h 50, Mark Stucky, dit « Forger », 60 ans, avale un yaourt, attrape son cher paquet de « fromage effiloché » et prend la route en direction de Faith, le cap Canaveral miniature créé par Virgin en 2015. Aujourd’hui, il a rendez-vous avec l’espace.
Teint basané, lunettes de soleil, cheveux gris, et cet air de solitaire désabusé qui appartient à tous ceux qui ont sacrifié leur vie de famille à une passion professionnelle, Forger n’a pas besoin de se présenter : il est un de ces as de l’aéronautique, si nombreux ici. Un ancien pilote de chasse, pilote d’essai pour la Nasa, formateur dans l’US Air Force, combattant en Irak…

Si tout se passe bien, il va entrer dans la légende des pionniers de l’aviation – dont le premier chapitre fut écrit en 1783 par Pilâtre de Rozier et le marquis d’Arlandes – comme le premier homme à avoir piloté une navette « de tourisme » dans l’espace… Même si, aujourd’hui, il n’a pour passager qu’un mannequin en plastique. Si tout va bien, car, il y a quatre ans, le 31 octobre 2014, la précédente navette Virgin s’était désintégrée dans l’atmosphère au premier essai, entraînant la mort du copilote et meilleur ami de Forger, Michael Tyner Alsbury, 39 ans. Ce n’est pas un hasard si le hangar porte le nom de Faith, comme « foi », l’acronyme anglais de Hangar d’assemblage final, d’intégration et d’essai. Dans la nuit, une centaine d’ingénieurs et de mécaniciens s’y affairent encore. Forger y retrouve son copilote, Rick Sturckow, dit « CJ », 57 ans, qui a déjà gagné ses ailes d’astronaute au cours des 12 000 heures, l’équivalent de seize mois, qu’il a passées dans l’espace.

A 7 heures, Forger et CJ grimpent dans SpaceShipTwo, la navette suspendue sous l’aile de 42 mètres de l’avion porteur WhiteKnightTwo. Moteurs en marche. Forger n’entend pas les cris et les applaudissements du public au bout de la piste. Il ne voit pas non plus Richard Branson, 68 ans, qui, dans son blouson vintage en cuir doublé de mouton, sourit en le regardant passer mais retient ses larmes. Emotion… Cela fait quatorze ans que Branson parle d’envoyer des touristes dans l’espace, et quatorze ans que les médias se gaussent. Sam, son fils de 33 ans, l’observe, inquiet. Depuis les premiers rêves, il y a eu le drame de 2014. Et les accusations de négligence, même si l’erreur de pilotage a ensuite été établie. Parents et amis, journalistes, futurs clients, employés de Virgin Galactic ou simples curieux, tous le savent. Et se demandent s’il faut se réjouir ou avoir peur.

Bertil Scali, Richard Branson et Thierry Boccon-Gibod © Thierry Boccon-Gibod

Vont-ils vivre une journée historique ou une tragédie en direct ? Certains hurlent, d’autres prient, les yeux tournés vers le ciel ou fixés sur l’écran géant. Et c’est le décollage, dans le rugissement des quatre réacteurs de l’avion mère, comme disent les Américains. Le sol s’éloigne. Pas de place pour les pessimistes : Forger aperçoit d’abord le cimetière aérien voisin avec ses centaines d’avions gros comme des jouets. Puis la ville de Mojave, capitale des essais aéronautiques, et, au loin, sa maison, noyée parmi d’autres, toutes identiques, du patelin de Palmdale. Enfin, le désert où il est lui-même allé ramasser les débris de la précédente navette… Il y est souvent retourné, depuis, avec la veuve du pilote. Il lui a promis que son mari, père de leurs deux enfants, n’était pas mort en vain, puisque l’étude de l’accident a permis d’éviter bien des catastrophes…

Bon allumage du réacteur à tous ! Nous allons dans l’espace, Richard !
WhiteKnightTwo vole à présent à une altitude de 14 000 mètres. Depuis la base, les données sont analysées en temps réel à l’aide de capteurs, de micros et de caméras vidéo embarqués à l’intérieur et à l’extérieur. Pression, vitesse, orientation, roulis, mais aussi température des pilotes, tension artérielle, battements cardiaques… SpaceShipTwo va être lâchée dans le vide – larguée, comme une bombe. Forger reçoit les ordres : « 5… 4… 3… 2… 1… Libérez, libérez, libérez… » C’est fait. On n’entend plus que le bruit du vent et le son nasillard de la radio. La navette tombe, ralentie par ses ailes. « Fire ! » (« Feu ! ») ordonne la radio.

Forger transmet l’ordre à CJ, qui déclenche le réacteur. Depuis un appareil suiveur, le pilote Kelly Latimer voit la navette s’éloigner, avec, derrière, comme une flamme de chalumeau suivie d’une traînée blanche. SpaceShipTwo est un véritable avion de l’espace, avec un authentique pilote pour tenir le manche, à l’ancienne, façon Chuck Yeager dans « L’étoffe des héros » – et non comme un astronaute qui n’a aucun contrôle sur sa fusée.
A l’intérieur, Forger et CJ sont collés à leurs sièges par une accélération de 3,5 g. « Bon allumage du réacteur à tous ! Nous allons dans l’espace, Richard ! » lance Forger.

La navette accélère, frôle les 1 000 km/h. Face à elle, les ondes forment une résistance – un mur – que sa pointe enfonce, distord. Elles ricochent sur la structure et les ailes, déclenchant secousses et vibrations. C’est à ce stade, en 2014, que l’accident avait eu lieu. Pour une raison inconnue, Alsbury avait trop tôt déverrouillé les ailes, une manœuvre qui n’aurait pas dû être déclenchée avant d’avoir totalement franchi le mur du son. Au lieu d’être plaquées par la vitesse une fois la zone de turbulences dépassée, les ailes s’étaient légèrement relevées et la navette s’était instantanément pulvérisée à 15 000 mètres d’altitude. Alsbury est mort sur le coup. Mais, comme par miracle, Peter Siebold, le pilote, a survécu, sans oxygène et sans combinaison pressurisée, à une température de – 20 °C.

Le parachute de son siège s’était déclenché automatiquement pour le faire atterrir sain et sauf en plein désert. Il devenait ainsi officiellement l’homme qui avait survécu à la plus haute chute de tous les temps.
Mach 1 est dépassé. Le mur du son a été percé. Forger peut donner l’ordre de déverrouiller les ailes. CJ déclenche le mécanisme. Ils retiennent leur respiration. Cette milliseconde dure très longtemps… Et, comme prévu, la navette poursuit calmement son ascension, accélérant encore dans sa fuite de l’attraction terrestre. A quelques dizaines de kilomètres, au sol, Branson pleure de joie. Le réacteur va propulser la navette presque à la verticale. En moins d’une minute, elle atteint Mach 2,9, soit 3 560 km/h, presque trois fois la vitesse du son. Et c’est bientôt la frontière ultime entre Terre et espace : 50 miles, soit 80,4 kilomètres. Le compteur indique 82,7. Le ciel a disparu. Plus de bleu au-dessus des yeux, seulement le noir du cosmos.
Forger renverse la navette sur le dos : les bretelles de son siège n’ont pas besoin de le retenir puisqu’il est en apesanteur. Il voit, au loin, jusqu’au Mexique et aux limites de l’océan Pacifique. Los Angeles, à 150 kilomètres, est comme un bloc de béton entre le désert et la mer. La Terre est bleue, comme sur les photos prises depuis la Lune où plus personne n’a marché depuis 1972. Pour s’amuser, le pilote retire un gant, le laisse flotter. Il est enfin là où il rêve d’aller depuis ses 4 ans. Les sacrifices – l’éloignement, les enfants qu’on n’a pas vu grandir, un divorce, les difficultés d’une famille recomposée – n’auront pas été vains.

Il faut à présent redescendre. La partie arrière des ailes s’est repliée vers le haut. La forme légèrement courbée de la navette est née d’une observation de la nature : comme une feuille ou une plume, elle redescend en se balançant d’avant en arrière. Une idée de l’ingénieur fantasque Burt Rutan – il a aussi dessiné Voyager, le premier avion à avoir fait le tour du monde sans escale (1986), et la première navette monoplace à être allée dans l’espace (2004) –, qui permet à l’appareil de ne pas rentrer trop rapidement dans l’atmosphère. La chute est maintenue à une vitesse inférieure à Mach 2,5. La coque de carbone glisse sur l’air comme un raft sur l’eau. Les pilotes subissent une décélération de 4 g. Bientôt, la navette « retombe » doucement. On replie les ailes et elle reprend une forme d’avion. Elle plane au-dessus du désert, vers la piste.

Le retour des héros a été abondamment filmé et photographié jusqu’à l’étreinte avec Richard Branson. Plus tard, dans l’après-midi, seul Paris Match était autorisé à suivre le patron de Virgin, créateur d’un empire du loisir, dans les coulisses de l’exploit. On s’attardait encore sur le tarmac, sûr que Forger était rentré chez lui, épuisé, quand il est apparu au bout de la piste, solitaire, humant l’air parfumé de kérosène. Hésitant, timide, il s’est approché de Branson. Comme s’il avait attendu ce moment de tranquillité pour lui dire l’essentiel : « Vous savez, là-haut, tout le temps, c’est à vous que j’ai pensé. Je voulais réussir. Pour vous. Parce que depuis quatorze ans, envers et contre tout, vous n’avez jamais renoncé, vous avez persévéré, vous y avez toujours cru. » Face à face se tenaient deux pionniers au visage roussi par le soleil, le premier à avoir piloté dans l’espace une navette de tourisme, et Richard Branson, recordman de traversées de l’Atlantique en bateau à moteur (1986), en montgolfière (1987), pionnier de la traversée du Pacifique en ballon à air chaud (1991) et auteur de nombreuses tentatives de tour du monde en montgolfière. Deux hommes en âge d’être grands-pères et qui n’ont jamais lâché leurs rêves d’enfants.

“Bertil Scali, l’auteur de ces textes sensibles et documentés, s’est glissé ici ou là dans l’intimité de toutes ces légendes.” David Foenkinos dans L’Express

Les voyages sont les romans les plus improbables. Ce livre recense les folles errances d’une cinquantaine d’artistes, de Sarah Bernhardt à Jeff Koons. On pourrait commencer par Serge Gainsbourg qui rejoint Jane Birkin, dans le sud de la France, sur le tournage de La Piscine. Il loue alors une Cadillac plus grosse que celle d’Alain Delon. Mais le symbole de cette rivalité masculine tournera court, quand il sera incapable de passer les ruelles de Saint-Tropez avec !

Autre histoire mythique : Hemingway en vadrouille qui oublie le manuscrit de son fameux Paris est une fête dans une malle au Ritz. On le retrouvera vingt-cinq ans plus tard. Bertil Scali, l’auteur de ces textes sensibles et documentés, s’est glissé ici ou là dans l’intimité de toutes ces légendes. Le voyage semble être finalement le reflet le plus éclatant de qui nous sommes. L’élection même de ce que nous emportons, nos bagages, est une lecture de nos priorités. Rien d’étonnant à ce que ce livre ait été magnifiquement illustré par Pierre Le-Tan, dont on se souvient des collaborations avec Modiano ; ce dernier étant capable de connaître les heures des trains passant en gare de Bordeaux en 1942.

Tout artiste est traversé par cette folie de l’ailleurs, et c’est sûrement la meilleure façon de se fuir. On le ressent bien avec Keith Richards, toujours sur la route. Scali a cette superbe formule à propos du guitariste des Stones : “Il poursuit presque calmement sa trajectoire suicidaire, sans jamais mourir.” Cela doit être ça finalement. On ne meurt pas ailleurs, et même, on vit davantage. Les jours possèdent comme un goût de toujours. C’est donc une sorte d’éternité qu’on peut s’offrir à Noël avec ce si beau livre. D.F.

La note de L’Express : 17/20

Histoires de voyageurs. À bagages ouverts
par Bertil Scali, illustrations de Pierre Le-Tan. Thames & Hudson, 448 p., 85 €.

Retrouvez l’article complet sur le site de L’Express

Entretien avec Rodolphe Martinez sur France Bleu : “Histoires de voyageurs”, un magnifique livre sur le bagage signé Bertil Scali et Pierre Le Tan

Le voyage c’est aussi le bagage ! L’écrivain , éditeur Bertil Scali et l’illustrateur Pierre le Tan publient pour le compte du plus célèbre malletier au monde Louis Vuitton, un ouvrage d’art : « Histoire de voyageurs. A bagages ouverts ». Dans Place des Grands Hommes, nous sommes dans les bagages de Madonna, Serge Gainsbourg, Sharon Stone, ou encore Elisabeth Taylor (au total une cinquantaine de portraits). Un très beau livre qui raconte aussi le succès international de Louis Vuitton, la démesure et l’extravagance de célèbres personnalités. Le livre témoignage d’une certaine façon de voyager et de l’innovation constante du malletier pour répondre à des demandes spécifiques en termes de bagage. Laissez-vous emporter par les anecdotes souvent inédites, par les document techniques, et des illustrations intemporelles. Une belle idée de cadeau pour les fêtes de fin d’année.

A retrouver sur ce lien

Un article de Sud-Ouest sur “Hitler, mon voisin”

L’enfance d’Edgar, voisin juif de Hitler

De 5 ans à 15 ans, et son départ d’Allemagne, Edgar Feuchtwanger a vécu à Munich avec sa famille juive, juste en face du domicile d’Adolf Hitler. Il est venu témoigner à Pessac (33)

Par Christophe Lucet

Il marche à pas lents, appuyé au bras de sa fille Antonia, vers le cinéma Jean-Eustache, à Pessac (33), où le public du Festival du film d’histoire l’attend pour la projection. Edgar Feuchtwanger, 94 ans, n’a pas hésité à quitter Londres, où il coule « une vie typiquement anglaise », pour offrir le témoignage de son enfance si singulière. Ce fils d’une famille juive assimilée de Bavière n’a-t-il pas vécu dix ans à Munich, face au domicile d’Adolf Hitler, regardant de ses yeux d’enfant puis d’adolescent l’ascension du Führer ?

“Je n’ai jamais pu oublier”

En 2013, il avait pris un autre avion, cette fois pour la capitale bavaroise. Devant la caméra de Bertil Scali, il en avait arpenté les rues, confrontant ses souvenirs si vifs aux divers lieux d’une ville quittée pour toujours en 1939. « On m’a si souvent questionné que je n’ai jamais pu oublier ces années mais j’avais une profonde réticence à en parler, c’était trop déplaisant », confie le vieil homme.
Pourtant, lorsque l’écrivain et journaliste français, rencontré vingt ans plus tôt, a réitéré le projet de lui faire déployer ses souvenirs pour un livre et un film, Edgar était prêt.

L’Allemand dont tout le monde parle

Du nouveau sur Hitler ? « C’est ce que les éditeurs voulaient mais ce qui fait la valeur du témoignage, c’est l’émotion qui s’en dégage », souligne Bertil Scali. Rédigé comme un journal, l’ouvrage devient, sous la caméra, une longue promenade mémorielle où se détache l’image de ce voisin improbable, « et qui portait la même moustache noire que papa ».
Hitler n’est pas encore chancelier quand la famille Feuchtwanger découvre que l’Allemand dont tout le monde parle a emménagé dans un vaste appartement de l’immeuble d’en face. Le chef nazi a choisi les beaux quartiers de sa chère Munich pour étrenner son nouveau statut. On est au tournant de 1930.

“Il nous a salués d’un air aimable”

« Vêtu d’un imperméable mastic, il sortait en individu ordinaire, saluait les passants en soulevant son chapeau. On ne voyait pas encore le ballet des limousines et des SS, il était abordable et, un jour où je passais avec ma gouvernante, il nous a salués d’un air aimable », se souvient Edgar.
“La judéité n’avait pas d’importance pour nous, jusqu’à ce que Hitler la dénonce”
Les Feuchtwanger sont juifs. Cette famille d’intellectuels aisés – le père d’Edgar est éditeur, un oncle est avocat du compositeur et chef d’orchestre Richard Strauss – a beau être assimilée à la bourgeoisie munichoise, elle va vite découvrir le danger qui la menace. « La judéité n’avait pas d’importance pour nous, jusqu’à ce que Hitler la dénonce », confie Edgar.

L’oncle écrivain doit fuir

Circonstance aggravante : l’oncle Lion Feuchtwanger, écrivain allemand très connu, est un farouche opposant au futur dictateur, qu’il ridiculise dans un de ses romans, « Erfolg » (Succès), devenu depuis un livre culte en Allemagne.
« Si Hitler avait pu deviner qu’en face de chez lui vivait une famille liée à cet homme, je ne serais pas là pour en parler. »
Lorsque Hitler devient chancelier, en janvier 1933, Lion Feuchtwanger doit fuir. « Il a profité d’un congrès d’écrivains à l’étranger pour se réfugier en France, à Sanary-sur-Mer, près de Toulon. »
La revue “Das Wort” avec Bertold Brecht
L’oncle va continuer la lutte en lançant, avec d’autres émigrés allemands dont Bertolt Brecht, une célèbre revue pacifiste antinazie, « Das Wort » (1936). C’est de l’étranger qu’il verra le détournement par la propagande nazie d’une de ses nouvelles, « Le Juif Süss », dont Joseph Goebbels tirera une grande fierté.
“Mon père se sentait tellement de culture allemande qu’il n’imaginait pas devoir tout abandonner”
Malgré l’exil de l’oncle et la montée de l’antisémitisme, la famille est restée à Munich. « Mon père se sentait tellement de culture allemande qu’il n’imaginait pas devoir tout abandonner, raconte Edgar. En dépit de la multiplication des exactions antijuives, il pensait pouvoir continuer à vivre comme au ghetto, dans un modus vivendi. Chassé de sa maison d’édition, il était devenu, en 1935, conférencier et journaliste pour une revue juive. »

Quand Eva Braun bronzait sur la terrasse

C’est ainsi que le garçonnet, qui a 8 ans lorsque Hitler accède au pouvoir, continue de voir le Führer aller et venir dans cette ville de Munich qu’il préfère à Berlin. « Son photographe, Heinrich Hoffman, vivait dans le quartier et les bonnes bavaroises catholiques se plaignaient quand Eva Braun [la maîtresse cachée de Hitler, NDLR] bronzait torse nu sur la terrasse. » Hitler dans son transat, au restaurant avec les caciques du parti nazi, discutant avec Ernst Röhm, le fondateur de la SA : les scènes marquent l’adolescent. Sur ses cahiers d’écolier pieusement conservés, il montre les croix gammées que son institutrice zélée faisait dessiner aux enfants.

Un avocat juif traîné en place publique

« Personne ne pouvait deviner ce que serait le monde mais nous savions qu’une chose très grave arrivait. » L’air devient irrespirable pour les juifs munichois lorsque l’un d’entre eux – un avocat bien connu des Feuchtwanger et qui a eu le front d’aller protester dans un commissariat – est traîné dans les rues par les policiers nazis avec un écriteau autour du cou.

« Mon père a été arrêté, envoyé au camp de concentration de Dachau, proche de Munich »

Et quand survient la nuit de Cristal, le 9 novembre 1938, vaste pogrom antijuif à travers l’Allemagne, la foudre s’abat sur la famille : « Mon père a été arrêté, envoyé au camp de concentration de Dachau, proche de Munich ». Sa bibliothèque disparaîtra dans les flammes des autodafés. Il est pourtant relâché au bout de six semaines, affamé, brisé mais vivant, n’ayant plus d’autre but que de fuir, mettre sa famille à l’abri.

Exilés en Angleterre

« Nous sommes partis en Angleterre et il a fallu, pour obtenir le visa, trouver 1 000 livres sterling, ce qui était une très grosse somme », se souvient Edgar. Sa tante Martha a pu s’enfuir par les Pyrénées, avec Alma Mahler, l’épouse du compositeur viennois. Lion, interné en France, a été libéré sur intervention d’Eleanor Roosevelt, l’épouse du président des Etats-Unis, qui l’a reconnu sur une photo du camp.
Le père d’Edgar, lui, ne survivra pas très longtemps à son exil londonien. Devenu historien, sans doute par atavisme familial, Edgar s’interroge toujours sur ce qui a pu conduire Hitler dans la folle spirale qui a engendré la Seconde Guerre mondiale. « Il voulait un total renversement des valeurs. Que le mal soit son bien ».

UN BEST-SELLER MONDIAL ET UN DOCUMENTAIRE

« Hitler mon voisin », c’est d’abord un livre (éd. Michel Lafon, 2013) du journaliste, écrivain et éditeur Bertil Scali. Sa première rencontre avec Edgar Feuchtwanger remonte à 1992, à Londres, lors d’un reportage pour « VSD ». Sorti en poche (J’ai lu), le récit a été traduit en treize langues et diffusé dans plus de trente pays.
Bertil Scali en a tiré un documentaire, « Hitler mon voisin. 1929–1939, souvenirs d’un enfant juif », avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Il a été projeté dans le cadre du 29e Festival du film d’histoire de Pessac.
Pour l’heure, il n’est ni programmé à la télévision ni disponible en DVD ou VOD en France. En revanche, on peut le commander sur Amazon USA.

Marc Zuckerberg, la biographie, dans Les Echos

Dans la tête de Mark Zuckerberg.

 

LIVRE – Un portrait sans concession du fondateur de Facebook, passé du statut d’enfant prodige de la Silicon Valley à celui de symbole des dérives sur les données personnelles.

(…)

Ce n’est pas le moindre intérêt de cette biographie complète, signée par Daniel Ichbiah, que d’éclairer les déboires récents de ce drôle de patron « qui sait tout de nous, mais dont nous ne savons presque rien » tant il se protège. Tout y est, des  fake news de la dernière présidentielle américaine aux clashs avec les anciens partenaires, en particulier sur la question des revenus publicitaires, centrale depuis l’entrée au Nasdaq en 2012. Même si le livre est paru juste avant la dernière polémique en date – les révélations par le « New York Times »  d’une campagne de dénigrement orchestrée par les dirigeants de Facebook contre des personnalités ayant critiqué le groupe -, il permet de comprendre comment le roi des réseaux sociaux a pu en arriver là.

Une ascension « supersonique »

Fort d’une culture des nouvelles technologies qu’il cultive depuis les années 1980, le biographe de Bill Gates (« Bill Gates et la Saga de Microsoft », 1995) et de Steve Jobs (« Les Quatre Vies de Steve Jobs », 2011) resitue parfaitement les décisions actuelles de « Zuck » à l’aune de sa courte mais « supersonique » ascension – quatorze années lui ont suffi pour se hisser, à trente-quatre ans, au troisième rang des fortunes mondiales, selon le classement 2018 de « Forbes ».

En 320 pages très vivantes, l’écrivain-journaliste dresse de celui que certains surnomment désormais ironiquement « Suckerberg » (un jeu de mot dérivé de « it sucks », « ça craint ») un portrait « mesuré », plus positif que celui dressé en 2010 par Ben Mezrich

(…)

Ichbiah décrit simplement, avec force anecdotes, cette personnalité ambiguë tiraillée entre la volonté sincère d’améliorer le monde – le mantra de la Silicon Valley – et celle de le dominer. Enfant, il raffolait du jeu de stratégie Risk, qui lui permettait de se mesurer à Jules César pour conquérir la planète. Jeune patron, il terminait les réunions par son slogan fétiche – « Domination du monde ! » – devant des salariés désarçonnés par les manières peu orthodoxes de ce piètre manager.

(…)

Ichbiah a, par le passé, souvent dénoncé l’irresponsabilité sociétale des géants d’Internet (Facebook, mais aussi Google, Twitter ou Wikipédia) qui n’assument pas les conséquences parfois très graves de leurs services sur la vie des utilisateurs. La critique vaut pour celui qui est à la fois un philanthrope généreux et un chef d’entreprise irréfléchi, parfois méprisant.

Appliquant à Zuckerberg une question qu’il aime se poser face aux interlocuteurs inclassables, le biographe se demande sur son site s’il lui ferait confiance en tant que baby-sitter. Sa sympathie pour lui est tempérée par de nombreux doutes. Zuck est certes un jeune papa plein d’égards envers sa famille, mais son esprit toujours en éveil a une forte tendance à se disperser et à s’ennuyer. Et s’il se mettait à coder, à réfléchir à de nouvelles fonctionnalités, voire à se livrer à des expérimentations fantasques sur le bébé ? Sans doute servirait-il plus tard aux parents outrés la même excuse aussi infantile qu’inacceptable qu’à Mossberg et au Congrès : « Je suis désolé. »

Isabelle Lesniak

https://www.lesechos.fr/idees-debats/livres/0600191713534-dans-la-tete-de-mark-zuckerberg-2224286.php

Histoires de voyageurs, dans Elle : “Splendide !” Olivia de Lamberterie

DANS LES VALISES DES STARS

Des légendes vident non pas leur sac mais leur malle signée Louis Vuitton ! Greta Garbo n’aurait voyagé sa vie durant qu’avec une paire d’espadrilles bleues, un pyjama en flanelle et des pots de confiture. Sacha Guitry collectionnait les bagages pour voyager de palace en palace. Ce dandy y rangeait ses robes de chambre en soie et en velours mais aussi les souvenirs de ses aïeux, papiers de famille et photos anciennes. On peut suivre l’existence de la duchesse de Windsor à la trace… de ses malles remplies de trésors griffés qui l’accompagnent sur des transatlantiques ou dans des coffres de Rolls et de Cadillac… Karl Lagerfeld voyage en grand apparat et ne quitte jamais un petitsac noir contenant un coussin de son enfance brodé d’une locomotive. Ernest Hemingway (ci-contre) est, lui, obsédé par les valises, dont il note frénétiquement les contenus, et qu’il perd régulièrement…Tant pis pour les pyjamas ! Mais il passe aussi sa vie à égarer des manuscrits. Et à les retrouver, comme « Paris est une fête », qui sommeilla vingt-cinq ans dans une malle oubliée au Ritz. Ces belles histoires sont contées avec enthousiasme par l’écrivain Bertil Scali, tandis que le mythique dessinateur Pierre Le-Tan croque ces vedettes qui ont sillonné le monde en y laissant leur empreinte. Splendide !

Olivia de Lamberterie.

« HISTOIRES DE VOYAGEURS A BAGAGES OUVERTS », de Pierre Le-Tan et Bertil Scali (Louis Vuitton/Thames & Hudson, 395 p.).

“Mark Zuckerberg : la biographie”, dans Challenge

“Sweat à capuche, claquettes aux pieds, allure timide d’étudiant mal à l’aise. Tout le monde sait à quoi ressemble Mark Zuckerberg. Pourtant personne n’arrive à saisir la personnalité de l’énigmatique créateur du réseau social aux plus de 2 milliards d’amis. Daniel Ichbiah réussit dans son très complet Mark Zuckerberg, la biographie (La Martinière) à révéler une esquisse de celui qui peut faire ou défaire désormais les présidents américains depuis l’élection dopée aux “fake news” de Donald Trump.

Pour avoir une idée du phénomène, il suffit de constater qu’aux États-Unis, une minute sur quatre du temps de cerveau disponible sur mobile est consacrée à l’univers Facebook que ce soit sur WhatsApp, Messenger, Instagram ou bien sûr via le réseau social amiral. Le modèle publicitaire de Facebook a dû traverser l’épreuve de Cambridge Analytica, de la directive RGPD sur les données personnelles ou encore des fuites de données. En perdant quelques plumes au passage avec une valorisation ayant fondu de 38% au cours des cinq derniers mois. Pourtant la création de valeur est limpide si on écoute le Zuck de novembre 2007: “Rien n’influence davantage une personne que les recommandations d’un ami en qui il a confiance. Une recommandation fiable, voilà le Graal de la publicité”.

 

https://www.challenges.fr/high-tech/cassant-megalo-immoral-qui-est-vraiment-mark-zuckerberg_629711

Coffee-table books on art, style and design Tomes devoted to aesthetic excellence

Travellers’ Tales: Bags Unpacked
Bertil Scali and Pierre Le-Tan, Thames & Hudson, £75

It was Gaston-Louis Vuitton, the grandson of the founder of Louis Vuitton, who coined the firm’s slogan: “Show me your luggage and I’ll tell you who you are.” This proved so potent that soon a Louis Vuitton trunk was recognised as irrefutable proof of wealth, importance and style.

Written by Bertil Scali, using the firm’s unique archive, this gentle, civilised book full of facts about the firm’s famous customers is a nostalgic joy. It is illustrated with charming portraits by Pierre Le-Tan of illustrious clients such as Greta Garbo, who travelled the world with only one small suitcase containing a pair of blue espadrilles, flannel pyjamas and a few pots of jam.

Edgar Feuchtwanger, invité d’honneur du Festival international du film d’Histoire de la ville de Pessac

Edgar Feuchtwanger, 94 ans, “voisin juif d’Hitler” de 1929 à 1939, a été reçu avec les honneurs par le Festival international du film d’Histoire et par la ville de Pessac, à l’occasion de la projection du documentaire “Hitler, mon voisin”.

 

Conférence de presse dans la salle du Conseil municipal de la Mairie de Pessac

Arrivé en avion depuis Londres le vendredi 23 novembre 2018, en compagnie de sa fille, Antonia Cox, Edgar Feuchtwanger a d’abord donné une conférence de presse au sein de la salle du Conseil municipal de la ville de Pessac, en présence de nombreux journalistes de la presse régionale et nationale. La conférence était animée par François Sztark (adjoint au maire, délégué à l’enseignement supérieur, à la recherche et au Campus) et Irène Monlun  (adjointe au maire déléguée à la vie associative et aux jumelages).

Conférence de presse d’Edgar Feuchtwanger dans la mairie de Pessac. De gauche à droite, Irène Monlun (adjointe au maire déléguée à la vie associative et aux jumelages), Isabelle Dulaurens (adjointe au Maire de Pessac, déléguée à la culture, au tourisme et au patrimoine, membre du Conseil d’administration du Festival International du film d’Histoire), François Sztark (adjoint au maire, délégué à l’enseignement supérieur, à la recherche et au campus), Edgar Feuchtwanger et Bertil Scali.

 

Rencontre et débat au cinéma le Jean Eustache

Edgar Feuchtwanger a rejoint le public du Festival, au troisième étage du cinéma Jean Eustache, où il a été chaleureusement accueilli par François Aymé, commissaire du Festival et directeur du Jean Eustache. Cette rencontre-débat a été animée par Yoann Frontout et traduite par Antoine Dertle, directeur du département des études des mondes anglophones, devant une salle comble et dans une atmosphère pleine d’émotion.

Edgar a raconté de nombreux souvenirs, notamment le jour où Hitler lui a souri dans la rue, alors qu’il se promenait avec sa nanny. “Bien-sûr, a ironisé Edgar, Hitler ne savait pas que j’étais juif !” Il a raconté d’autres détails de sa vie sous le régime nazi : la façon dont il dessinait studieusement des croix gammées sur ses cahiers d’école, le meurtre de parents d’enfants de son âge lors de la Nuit des longs couteaux… et l’arrestation de son père au lendemain de la Nuit de Cristal, en novembre 1938, il y a 80 ans exactement.

Rencontre au cinéma Jean Eustache. De gauche à droite, Bertil Scali (coauteur et coréalsateur du film “Hitler, mon voisin”), Yoann Frontout (animateur), Edgar Feuchtwanger etet traduite par Antoine Dertle (directeur du département des études des mondes anglophones).

 

Projection au cinéma le Jean Eustache

Le film a ensuite été projeté dans une salle comble.

Plusieurs spectateurs sont venus saluer Edgar et partager des souvenirs de cette époque, directs ou indirects. Certains ont raconté comment leurs parents avaient vécu cette période. D’autres avaient leurs propres souvenirs. Par exemple la Péssacaise Françoise Clémenceau, 90 ans, résistante à Bordeaux à l’âge de 14 ans, qui se rappelle encore de son enfance dans les années 1930, lorsque sa famille hébergeait un enfant juif qui avait fuit l’Allemagne nazie ! Les yeux des spectateurs, comme ceux d’Edgar, étaient souvent humides.

De gauche à droite, Edgar Feuchtwanger, Bertil Scali

 

Réception au Chateau Pape Clément

Le soir-même, Edgar Feuchtwanger a été reçu au Château Pape Clément, où Alain Rousset (président du Conseil régional et président du Festival) a rendu hommage à Edgar dans un vibrant discours qui a été applaudi par la centaine d’invités présents dans la salle. Il est ensuite venu échanger avec Edgar à notre table, en présence d’Isabelle Delaurens (adjoint au maire chargée de la culture de la ville de Pessac), de Véronique Bolot (directrice de la communication de la ville de Pessac) et d’Astrid Dupont-Fauville (responsable des éditions déléguées au groupe Sud Ouest).

 

De gauche à droite, Edgar Feuchtwanger, Alain Rousset (président de la région Nouvelle-Aquitaine et président du Film international d’Histoire) et Isabelle Dulaurens (adjointe au maire de Pessac, déléguée à la culture, au tourisme et au patrimoine, membre du Conseil d’administration du Festival international du film d’Histoire).

 

 

Réception au Château Smith Haut Lafitte

Le samedi 14 novembre au soir, un nouvel hommage lui a été rendu par la Mairie de Pessac lors du dîner de clôture. Le maire de Pessac, Franck Raynal, a prononcé un très émouvant discours à l’attention d’Edgar, discours qui fut applaudi avec ferveur par les invités et les membres du Festival, avec notamment Alain Rousset, Jean-Noël Jeanneney (président d’honneur du Festival, historien, ancien président de la BNF) et François Aymé.

 

De gauche à droite, Franck Raynal (Maire de Pessac) et Edgar Feuchtwanger.

Edgar Feuchtwanger a été particulièrement ému par la force des applaudissements célébrant sa présence et son témoignage.

Franck Raynal l’a rejoint à sa table où étaient réunis Albert Roche (Président du Crif pour la région de la Nouvelle aquitaine), Astrid Dupont-Fauville, Isabelle Dulaurens et moi-même. Ce soir-là, de nombreuses personnes se sont déplacées afin de venir saluer Edgar Feuchtwanger à sa table.

 

 

De gauche à droite : Bertil Scali, Isabelle Dulaurens, Albert Roche, Edgar Feuchtwanger, Franck Raynal et Astrid Dupont-Fauville © Albert Roche

 

Bertil Scali, Emmanuelle Dulaurens, Albert Roche, Edgar Feuchtwanger et Fabien Leroy (Chef de cabinet du Maire de Pessac) © Albert Roche

 

De gauche à droite, Christophe Lucet (Sud Ouest) et Edgar Feuchtwanger.

 

De gauche à droite, Corinne Gonet (Château Haut-Bacalan) et Edgar Feuchtwanger.

La visite d’Edgar à Pessac a été organisée par Franck Raynal, Fabien Leroy, Irène Monlun, Véronique Bolot, directrice de la communication de la ville de Pessac, Céline Paquet, attachée de presse à la Mairie de Pessac, la fille d’Edgar, Antonia Cox, et les équipes de la Mairie et du Festival, que je remercie sincèrement.

 

Edgar Feuchtwanger à Château Smith Haut-Lafitte. Derrière, Bertil Scali et Antonia Cox, la fille d’Edgar, devant, Edgar et Astrid Dupont-Fauville.

Signature de l’ouvrage “Histoires de voyageurs” chez Galignani

Très sympathique séance de signature, le samedi 17 novembre 2018, en présence des équipes de Louis Vuitton, avec Julien Guerrier (directeur éditorial), Valérie Viscardi, (éditrice), Marie-Hélène Brunet-Lhoste (responsable d’édition), Nicola Michell et Alison Culliford (éditrices pour la langue anglaise). Merci à Danielle Cillien Sabatier (directrice de la librairie Galignani) et à toute son équipe, pour leur magnifique accueil, et à tous ceux qui ont eu la gentillesse et le courage de venir jusqu’à nous, malgré la gronde des gilets jaunes. Parmi eux : Sarah Lavoine (décoratrice) ; Franck Maubert, Marie-Virginie Dru, Emmanuelle Belohradski, Anne-Marie-Corre, Patricia Gandin (écrivains) ;  Gilles Dufour, Alexandra Sénes (mode) ; Raphaël De Andréis (publicitaire) ; Arabella Cruse,  Anna Jarota,  Virginie Fuertes, Philippe Scali (agents littéraires) ; Aude Lechère (joaillière) ; Astrid Renoult, Valérie Solvit (communicantes) ; Catherine Houard (galeriste) ; Sarah Huot, José Fosse, Christian Bouteiller, Patricia Trautmann (producteurs) ; Éléonore Thérond (graphiste) ; Jane Birkin, Lucas Scali “Eles”, Pierre Hinard (artistes musiciens) ; Foc Kan, Thierry Boccon-Gibod, Thomas Goldet, Gabrielle Crawford, Mathieu Trautmann (photographes) ;  Véronique Bourgoin, Juli Susin, Emmanuel Dougier, Adélaïde Kamir, Gilles Bourget (artistes) ; Eugénie Grimblat, Olivia Rodriguez (actrices) ; Lara Gaignault (thérapeute) ; Pierre de Panafieu (Écoles alsacienne) ; Patrick Hoüel, Marie-Laure Pandolfi, Constance Meyer (LVMH)  ; Tobore et Zoe Le-Ta (épouse et fils de Pierre Le-Tan) ; Astrid Dupont-Fauville-Scali (mon épouse). Merci aussi à tous ceux qui ont hélas été bloqués par les gilet jaunes en essayant d’arriver jusqu’à nous, mais qui, à défaut de pouvoir être présents, nous ont très chaleureusement témoigné leur amitié par mail, texto ou appel téléphonique.

 

Photo : Foc Kan/Getty Images

Retrouvez les photos de Foc Kan sur le site de Getty Images 

“Hitler, mon voisin” sélectionné au Festival international du film d’histoire. Projection en présence d’Edgar le 23 novembre 2018 à Pessac.

Le documentaire que j’ai écrit et coréalisé, “Hitler mon voisin : souvenirs d’un enfant juif », adapté de mon livre éponyme, a été sélectionné par le Festival du film international d’histoire et la Mairie de Pessac.
Le film sera présenté le vendredi 23 novembre 2018, à 20 h.
Mon grand bonheur est également de savoir qu’Edgar Feuchtwanger, qui fut le voisin d’Hitler de 1929 à 1939, viendra spécialement de Grande-Bretagne à Bordeaux pour participer à un débat et assister à la projection à Pessac.
Regards Croisés avec la Ville de Pessac
Vendredi 23 novembre 2018 – 20 h 00 – Cinéma Jean Eustache
En présence de Bertil Scali, Edgar Feuchtwanger, Marc Agostino
Regards croisés
Festival International du Film d’Histoire
Extrait du film sur le site de la Fondation pour la mémoire de la Shoah

Présentation vidéo de “Histoires de voyageurs”, par Louis Vuitton

Bags Unpacked: Pierre Le-Tan and Bertil Scali tell the stories of travelers around the world and reveal the secrets of their luggage.

An irresistible collection of the most glamorous, worldly and discerning travelers’ tales. Who packed ‘a thousand absolutely necessary suitcases’? Who rediscovered his notes for a perennial bestseller in a trunk at the Paris Ritz? Whose trunk contained a bed?

Here are around fifty intrepid travelers from the age of the steamer to the present: actors and heiresses, aristocrats and adventurers, rock stars, artists and fashion royalty, from Sarah Bernhardt to Sharon Stone, Tamara de Lempicka to Madonna, Paul Poiret to Karl Lagerfeld, Henri Matisse to Jeff Koons.

Pierre Le-Tan’s portraits perfectly complement Bertil Scali’s witty, entertaining stories, which unpack the bags of the famous and their first-class lifestyles for all to enjoy.

We could weave an invisible thread linking these artists, explorers and inventors whose paths often crossed, forming a kind of constellation, a cluster of life’s travelers, the aesthetes of travel.

Travellers’tales, la vidéo de Louis Vuitton

https://us.louisvuitton.com/eng-us/articles/travellers-tales

Un article de Gilles Pudlowski sur “Les histoires de voyageurs de Scali et Le Tan”

Des « histoires de voyageurs »? Des malles ouvertes, des secrets dévoilés, des portraits en demi-teintes, des carnets entr’ouverts, des confessions à mi voix… Sous le pinceau ou le crayon si subtil de Pierre Le Tan, sous le stylo ou la plume d’oie agile de Bertil Scali, Karen Blixen, Sofia Coppola, Isadora Duncan, Serge Gainsbourg, Ernest Hemingway, Suzanne Lenglen, Nadar, Paul Poiret, Elisabeth Taylor ou Luchino Visconti, parmi une cinquantaine de voyageurs, artistes, sportifs, comédiens ou écrivains se racontent ou s’expliquent. Leur vie est un vagabondage, leur histoire est un voyage, que ce magnifique album à deux voies ou voix invite à mieux connaître. Comme une splendide invitation à toutes les épopées obliques.

Histoires de Voyageurs, de Pierre Le Tan et Bertil Scali (Louis Vuitton/Thames & Hudson, 395 pages, 85 €)

Retrouvez l’article sur le site de Gilles Pudlowski

Sortie de notre livre “Histoires de voyageurs : à bagages ouverts”, éd. Louis Vuitton

Voici la 4ème de couverture de cet ouvrage co-édité par les éditions Louis Vuitton et Thames and Hudson :

Pierre Le-Tan et Bertil Scali révèlent les histoires des grandes personnalités en voyage et de leurs bagages qui renferment bien des secrets.

Un florilège irrésistible des chroniques de voyage les plus glamour et les plus sophistiquées. Qui a bouclé un millier de valises toutes absolument indispensables ? Retrouvé les notes d’un chef d’œuvre de la littérature dans une malle au Ritz, à Paris ? Transporté un lit dans une malle ? Ces pages voient défiler une cinquantaine de voyageurs intrépides, de l’âge d’or des transports à nos jours : acteurs et héritières, aristocrates et aventuriers, rock stars, rois de la mode et artistes, de Sarah Bernhardt à Sharon Stone, de Tamara de Lempicka à Madonna, de Paul Poiret à Karl Lagerfeld, d’Henri Matisse à Jef Koons. Les portraits sensibles dessinés par Pierre Le-Tan viennent en parfait contrepoint des textes de Bertil Scali,
qui ouvre le sac des célébrités et évoque leurs vies dans des récits pleins d’esprit.

ÉDITIONS THAMES & HUDSON – RELIÉ / 448 PAGES / 22 x 30 CM 200 ILLUSTRATIONS / NOVEMBRE 2018 85 € / 75£ / 95$

 

Daniel Ichbiah sur BFMTV pour “Marc Zuckerberg : la biographie” (éditions de La Martinière)

BFMTV s’intéresse au success story du fondateur de Facebook avec Daniel Ichbiah, auteur du livre “Mark Zuckerberg : la biographie”.

 

Qui dit Mark Zuckerberg dit Facebook, ça on le sait ! Mais que peut-on savoir d’autre sur lui ? Mark Zuckerberg est une personne très discrète. C’est un milliardaire qui n’aime pas l’argent. Sa vie privée est assez banale parce qu’en fait, il préfère toujours vivre comme à l’époque où il était étudiant. Comment vit-il sa carrière ? Quid de son parcours ? – Pour en parler: Daniel Ichbiah, auteur du livre “Mark Zuckerberg, la biographie”. – Good Morning Business, du jeudi 1er novembre 2018, présenté par Stéphane Soumier, sur BFM Business.

 

Daniel Ichbiah sur BFMTV pour “Marc Zuckerberg : la biographie”

 

 

“Mark Zuckerberg : la biographie”, un ouvrage de Daniel Ichbiah édité par Litcom

Sortie de “Mark Zuckerberg : la biographie”, par Daniel Ichbiah

La biographie d’un génie visionnaire, devenu l’homme le plus influent de la planète. Le plus secret aussi.

À 18 ans, Zuckerberg refuse une offre de Microsoft qui aurait pu le rendre millionnaire, préférant suivre des études à Harvard. À l’université, il conçoit Facebook et fait mouche. Devenu milliardaire à 24 ans, il rachète WhatsApp, Instagram… des services utilisés par plus de 2 milliards de personnes! Troisième fortune mondiale en 2018, il compte parmi les donateurs les plus généreux de la planète. On lui prête même l’ambition de devenir président des États-Unis… Une trajectoire supersonique sans équivalent à ce jour.

Oui mais… Derrière les professions de foi humanistes – «un monde ouvert et connecté » – et l’altruisme revendiqué de son P-DG, que cache vraiment le projet Facebook ? Quel rôle a-t-il joué dans l’élection de Donald Trump, l’explosion des fake news? Que deviennent les données récoltées auprès des utilisateurs? Zuckerberg se servirait-il de Facebook comme d’un cheval de Troie au coeur de nos démocraties – quand on sait qu’il revendique sans état d’âme « la domination mondiale » ? Ou tel un Frankenstein du XXIe siècle, a-t-il été dépassé par sa créature ?

Daniel Ichbiah, grand spécialiste de la Silicon Valley et des nouvelles technologies, a recoupé les témoignages de proches, retranscrit les messages privés et les réunions en huis clos, récolté des milliers d’informations, pour délivrer la seule biographie complète et actualisée sur un mythe vivant.

Daniel Ichbiah, écrivain et journaliste, est spécialiste des nouvelles technologies. Mark Zuckerberg, la biographie est son troisième ouvrage consacré aux success stories de la Silicon Valley, après les biographies de référence Bill Gates et la saga Microsoft et Les 4 vies de Steve Jobs.

Daniel Ichbiah, Mark Zuckerberg, la biographie, Éditions de La Martinière
336 pages, 19,90€, parution le 4 octobre

 

Rabbin des bois sur Radio Campus

La sécurité sur internet est un problème dont on ne perçoit que rarement l’importance. L’irréel de la toile, c’est l’océan du pirate qui vient à l’abordage de la matinale de 19h. A l’occasion de la sortie de son ouvrage « Confessions d’un hacker », Rabbin des Bois nous parle de l’envers de l’écran. Ce hacker s’engage à éveiller les consciences après ses années de criminalité sur le net. En dehors des crimes passés, Rabbin des Bois nous parle de responsabilité numérique, et des secteurs de développement socio-professionnel par le web.

« La criminalité est en train de passer de la rue au clavier. »

 

 

Rabbin des Bois à Radio Campus

Rabbin des bois : “J’ai eu le déclic après m’être fait recaler trois fois de Sciences Po” (Sud Radio)

Hacker et auteur du livre Lève-toi et code, Rabbin des bois était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce mardi pour évoquer son activité numérique.

Rabbin des Bois chez Sud Radio
Rabbin des Bois chez Sud Radio

“Être hacker, c’est un état d’esprit. C’est avant tout voir quelque chose de cassé, un système qui fonctionne mal par exemple, et ne pas pouvoir s’empêcher de faire quelque chose. On va soit exploiter ce dysfonctionnement, soit le réparer”. Au micro de Sud Radio, celui qui se fait appeler Rabbin des bois et qui arrive masqué en studio expliquer longuement le cheminement qui l’a poussé à devenir hacker, un choix auquel il ne se destinait pas à l’origine.

“J’ai toujours essayé d’avoir une intégration sociale par l’excellence académique, essayer d’avoir le plus de diplômes possibles dans de bonnes écoles, ce qui est censé vous mener normalement à une intégration. En l’occurrence, ça ne s’est pas passé comme ça pour moi et c’est sur Internet que j’ai été accepté. D’un point de vue professionnel, je voulais plus m’orienter à la base vers la politique ou le business. J’ai été recalé de HEC et de Sciences-Po Paris, et j’ai été plus ou moins forcé d’en arriver à ce choix-là quand j’ai vu que c’était ma seule option d’intégration”, raconte-t-il.

“Sciences Po a porté plainte et n’a pas forcément vu l’aspect bienveillant derrière”

“J’ai eu le déclic à partir du moment où je me suis fait recaler trois fois de Sciences Po Paris, l’école que j’essayais d’intégrer. Au moment où j’ai trouvé une faille sur leur site, j’ai vu une opportunité de pouvoir lier mes deux vies. Ça ne s’est pas passé comme prévu, Sciences Po a porté plainte et n’a pas forcément vu l’aspect bienveillant derrière l’aide que j’essayais de leur apporter”, ajoute celui qui indique n’être parti de presque rien. “J’avais quelques notions de codage, en apprenant de manière autodidacte tout seul devant l’écran. J’ai aussi eu beaucoup de chance en rencontrant et en m’entourant de bonnes personnes pour pouvoir avoir l’aventure numérique la plus complète”, reconnaît-il.

Plus qu’un métier, être un hacker implique avant tout d’avoir une conscience numérique selon lui. “Réaliser que sur Internet il y a des opportunités, des responsabilités mais aussi des risques à partir du moment où quelque chose est connecté”, souligne-t-il. “On est dans un climat de cyber-guerre mondiale : tous les gouvernements, tous les groupes sont sur le cyber-terrain à récolter des informations et à accumuler de la data. (…) Aucun système ne peut avoir une protection infinie et illimitée. Chaque ligne de code codée par l’être humain est vouée à être démantelée, analysée, étudiée, ce qui alimente une guerre sans fin. Le système bancaire actuel notamment alimente une grande partie de la cybercriminalité”, ajoute-t-il.

“Aujourd’hui, je vends des services sur les réseaux sociaux”

Quant au caractère illicite de nombreuses activités des hackers, Rabbin des bois assure ne plus y être lié. “J’ai arrêté toute activité illégale, sinon je ne serai pas ici ! J’ai été contacté par des entreprises privées mais je voulais vraiment travailler pour le peuple et essayer de transmettre le message de la conscience numérique pour que les gens réalisent à quel point c’est important en 2018. (…) Je vends des services sur les réseaux sociaux. Pour les personnalités publiques ou les entreprises, c’est très intéressant de développer sa visibilité. Donc je vends des followers, des likes, des vues, sur tous les réseaux sociaux. Ce n’est pas illégal, sinon je ne l’aurais pas fait, mais ça va à l’inverse des conditions d’utilisation des réseaux sociaux”, déclare-t-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview de Rabbin des bois dans le Grand Matin Sud Radio

Rabbin des bois, le hacker repenti qui met en garde sur les cyber-dangers (RTL)

Ce pirate 2.0, qui a travaillé sur le dark Web, vient de publier le livre “Lève-toi et code, confessions d’un hacker”. Il se veut un lanceur d’alerte pour informer sur les dangers d’Internet.

PUBLIÉ LE 21/05/2018 À 10:52 MIS À JOUR LE 21/05/2018 À 12:33
Il est question d’internet dans la presse ce lundi 21 mai au matin. Le pire du net c’est à lire ce matin dans Le Parisien Aujourd’hui en France. Une interview de Rabbin des bois, c’est comme ça que s’est baptisé ce pirate 2.0. Dans un livre, ce hackeur de 25 ans raconte comment pendant des années, il a volé des millions de données, escroqué des multinationales.

C’est le cas de Paypal par exemple, le pirate a vendu par petites annonces des téléphones jamais livrés. “À 13 ans, raconte-t-il, je voulais gagner 10.000 euros par mois, quand je les ai eus, je voulais gagner 10.000 euros par jour.” Aujourd’hui et après avoir gagné beaucoup d’argent, le jeune homme dit vouloir mettre en garde les internautes, jouer les lanceurs d’alerte contre les cyber-dangers. Ses conseils : surtout ne jamais utiliser deux fois le même mot de passe. Quant à ceux qui ont déjà raconté toute leur vie sur le net, via Facebook ou autre, c’est, dit-il, fichu.

 

Un hacker repenti prédit un cyber-11 Septembre d’ici cinq ans (Le Parisien)

Dans « Lève-toi et code »*, « Rabbin des bois » raconte ses dix ans passés à pirater. Aujourd’hui, après avoir gagné énormément d’argent, il se proclame lanceur d’alerte et met en garde contre les dangers du dark Web.

Quand un hacker sort du bois, forcément, on a envie de le rencontrer. Mais interviewer « Rabbin des bois » – c’est son pseudo – est compliqué car le jeune homme tient à son anonymat. Quand il accepte enfin de venir dans les locaux du Parisien-Aujourd’hui en France, c’est sous condition : être masqué, méconnaissable.

Evidemment, quand ce hacker s’est présenté au siège de notre journal, Borsalino gris tombant sur de larges lunettes de soleil, et masque noir sur le bas du visage avec fermeture éclair imprimée en guise de bouche… les services de sécurité ont fait barrage. « Je suis habitué », s’amuse le jeune homme qui vient de publier le 16 mai ses mémoires de hacker : « Lève-toi et code »*. Un livre d’alerte qui tombe à pic, quelques semaines après le scandale Facebook-Cambridge Analytica, pour nous mettre en garde contre ce qui se trame dans les tréfonds du Web.

Enfant de Chevilly-Larue, dans le Val-de-Marne, Rabbin des bois a plongé à 15 ans dans le « dark Web », le côté obscur de la toile. Durant dix ans, il a pillé les données personnelles sur les sites de grandes écoles, d’assureurs, exploitant les failles d’acteurs de premier plan comme PayPal ou BlackBerry, vendant des faux likes ou followers par millions pour s’enrichir en mode express. Repenti, le « data dealer », comme il se décrit, tire aujourd’hui la sonnette d’alarme : « Un cyber 11 septembre aura lieu d’ici cinq ans qui va tout déstabiliser ».

Pourquoi sortez-vous du bois, et sous un pseudonyme ?

Quand on est hacker, normalement, on reste dans les ténèbres. J’ai écrit ce livre parce que je veux montrer ce qui risque d’arriver : d’ici cinq ans, un cyber-11 Septembre. Il y a, dans ce qu’on appelle le dark Web, des armées des hackers qui chaque jour attaquent les entreprises, les Etats… Je veux interpeller ceux qui n’ont pas de conscience numérique, qui ne réalisent pas ce qui se passe derrière l’écran. Je voulais témoigner aussi de ce que j’ai vu, de toutes les défaillances de sécurité. J’ai détecté une faille dans le système de Sciences-po, j’ai siphonné des millions de données personnelles pendant deux jours.

Quand vous êtes-vous repenti ?

J’avais postulé à Sciences-po et je voulais leur montrer de quoi j’étais capable. J’étais aussi prêt à prendre ma part de pouvoir grâce à ces milliers de données de première classe ! Au dernier moment, j’ai décidé d’être utile ; je leur ai dit où se trouvait la faille de sécurité en échange de la promesse de ne pas porter plainte. Et j’espérais intégrer l’école. Mais ils ont porté plainte. Voilà comment on traite en France les lanceurs d’alerte. Dans ces conditions, qui demain prendra le risque d’alerter ?…

Redoutez-vous d’être reconnu, poursuivi ?

Je ne suis pas serein, c’est sûr. Mais la police me connaît depuis l’affaire Sciences-po. J’ai eu droit à un rappel à la loi alors que je risquais deux ans de prison et 100 000 euros d’amende. La première règle du hacker, c’est ne jamais se faire prendre, sinon on est fini. C’est pour ça qu’on est tous parano. J’étais très connu sur le dark Web, j’ai pris un risque avec Sciences-po, j’ai perdu. Mais maintenant, je suis du côté Jedi de la force, je veux alerter sur le danger. Pour préserver l’authenticité de mon message, je dois conserver l’anonymat.

Dans votre livre, on comprend que vous avez engrangé énormément d’argent. Combien au total ?

Beaucoup, c’est vrai. Mais on n’est jamais assez riche… Quand j’avais 13 ans, je voulais gagner 10 000 euros par mois ; quand je les ai eus, je voulais gagner 10 000 euros par jour. J’ai gagné beaucoup parce que j’ai tout converti en Bitcoins, qui depuis a flambé, et qu’on peut facilement transférer d’un pays à l’autre. Pour le reste, je ne peux rien dire de plus.

N’avez-vous pas mauvaise conscience de ce vous avez fait et d’exposer des arnaques dont certains pourraient s’inspirer ?

Je ne pense pas inciter au crime et je n’ai fait de mal à personne. J’étais juste un marchand. Ce que faisaient les acheteurs de mes données, j’en sais rien et ça ne m’intéresse pas. Quand j’ai gagné de l’argent, c’est le système, les assureurs, les entreprises… qui étaient lésés. Les plateformes du marché noir dont je parle ont disparu. Je veux juste dire qu’on peut utiliser le Web comme ascenseur social. De chez soi, on peut gagner énormément d’argent dans la légalité : en faisant du graphisme, du webdesign, en codant – j’ai appris à coder tout seul ! Regardez Zuckerberg, Bezos…

En quoi y a-t-il danger pour nos données personnelles ?

Elles permettent de savoir qui vous êtes, vos habitudes, ce que vous aimez. Elles permettent de vous mettre dans des boîtes qui sont revendues cher à des entreprises, des agences de pub qui font du targetting : la publicité ciblée. C’est le capitalisme 2.0 qui pousse – de façon très limite – à la consommation. Ceux qui publient leurs données sur les réseaux ou ailleurs en se disant « Je n’ai rien à cacher », se trompent. Quand vous faites l’amour, vous fermez les rideaux, non ? Il y a un dicton simple : « quand c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit »…

Vous avez vraiment abandonné toute activité ?

Je vends encore des services à des entreprises parfois connues que je ne citerais pas et qui cherchent de la notoriété facile et rapide ; je vends un euro les mille faux followers. J’ai même des gamines de 14 ans qui ont moins de followers que leurs copines… Les règles des réseaux sociaux n’interdisent pas tout ça, j’en profite.

Devient-on addict au hacking ?

J’ai eu mon premier ordinateur à 11 ans et pendant dix ans, j’ai passé 15 heures par jour devant mon écran, parfois 48 heures d’affilée à surveiller des téléchargements de données, tout ça sur un ordinateur à 400 euros. J’ai toujours rêvé d’être maître du monde, depuis que je suis petit. Et là, je pouvais m’attaquer à des gros comme Sciences-po ! Mais les hackers n’ont pas de vie sociale, beaucoup deviennent dépressifs, rivés à leur écran.

Depuis vos déboires judiciaires, avez-vous reçu des offres d’emploi ?

Deux ou trois, je les ai toutes refusées. Pourquoi je travaillerais 35 heures pour un patron en gagnant moins qu’à faire ce que je veux ?….

Que redoutez-vous pour l’avenir ?

On est dans un climat de cyber-guerre mondiale. Tous les jours, il y a des milliers d’attaques contre des Etats, des entreprises… Et aujourd’hui, toute notre société repose sur le numérique. Vous savez, en Russie, on trouve dans la rue des distributeurs pour acheter des « likes », des « followers »… Ils ont une vraie conscience numérique là-bas, ils sont plus lucides que nous sur les risques… et les opportunités. Regardez comment Cambridge Analytica a truqué les élections. C’est ça qui nous guette.

Un conseil pour se protéger ?

Si vous avez déjà écrit toute votre vie sur le Web, c’est fichu. Le Web a de la mémoire. A ceux qui s’interrogent, je dis : n’utilisez pas toujours les mêmes mots de passe faciles à trouver. Et méfiez-vous du cloud : préférez une clé USB pour stocker vos infos.

* « Lève-toi et code, confessions d’un hacker », Rabbin des bois, aux éditions de la Marinière.

Rabbin des bois en cinq dates
Enfant de Chevilly-Larue (Val-de-Marne), Rabbin des bois (un pseudo, il est de confession juive), a « environ » 25 ans.

2004 : premier ordinateur.
2008 : avec un copain, il plonge dans le « dark Web », le côté obscur de la toile, pour « faire du fric facile ».
2008-2016 : il escroque PayPal en vendant par petites annonces des téléphones jamais livrés. Il escroque BlackBerry en exploitant une faille du service après-vente qui lui rapporte des dizaines de smartphones. Sa spécialité : la multiplication des faux comptes. Il vend les données personnelles volées, marchande des faux « like », faux « followers »…
Mars 2017 : Suite à une plainte de Sciences-Po, dont il a piraté les données, il est identifié et arrêté par la police puis jugé.
Mai 2018 : Il publie « Lève-toi et code », ses mémoires et une mise en garde.

 

Retrouvez l’article complet sur le site du Parisien

Rabbin des bois : “Le hacker a aussi des vertus” (Les petits pas dans l’écran, Europe 1)

Rabbin des bois explique à Eva Roque (Les petits pas dans l’écran, Europe 1) son parcours, les raisons de l’écriture de son ouvrage, “Lève toi et code” (éd. La Martinière), et même son pseudonyme : “C’est parce que je suis juif. Et j’adore le personnage de Robin des bois qui vole aux riches pour ramener aux pauvres. Moi j’essaye juste de pointer du doigt que la sécurité des systèmes n’est pas assez au top, et que cela représente des enjeux importants.”

Un hacker dans les entrailles du dark net (Thierry Ardisson, Salut les Terriens)

Salut les Terriens : Rabbin Des Bois : Un hacker dans les entrailles du dark net vient d’être diffusé sur la chaine C8, le samedi 19 mai 2018.

La rediffusion en streaming se trouve accessible pendant quelques temps sur C8 Replay, dépêchez-vous.

 

Retrouvez le Replay

UN CÉLÈBRE HACKEUR SE LIVRE SUR SES FRASQUES PASSÉES (Le Matin)

«Rabbin des bois», l’un des pirates français les plus renommés sur le Net, vient de sortir un livre. Dans un long entretien, il se confie à nos confrères de «Paris Match» sur son passé et avertit sur l’avenir.

«Rabbin des bois» est l’un des pirates français les plus renommés sur le Net. Interviewé par «Paris Match» dans le cadre de la parution de son nouveau livre «Lève-toi et code. Confessions d’un hacker», le jeune homme de 23 ans s’est ouvertement livré sur ses frasques passées.

Malgré la solitude et la tristesse – deux sentiments qui ne l’ont pas quitté depuis son enfance -, il a tenté de s’intégrer dans notre monde. «Mais il n’est pas honnête, pas juste et surtout pas rentable», confie-t-il. Après avoir perdu sa mère à l’âge de 13 ans, il «perd toute foi dans le système» et l’écran est devenu «son refuge».

Entre arnaques et vol de data

Avant de se lancer dans le vol de data, «Rabbin des bois» a débuté avec plusieurs genres d’arnaques. Il détournait les paiements en ligne PayPal des acheteurs sur Leboncoin ou eBay. Une action qui lui rapportait 1200 euros par mois durant une période avant de trouver plus rentable: vendre sa méthode de vol de tablettes tactiles BlackBerry PlayBook. Comment? Il se les faisait livrer gratuitement en prétextant au service client de la marque que la sienne (en réalité, il n’en a jamais eu) était défectueuse. Puis, il les revendait.

Il s’est par la suite lancé dans le vol de data qu’il revendait. Pourquoi? «La data représente de l’information. Et l’information, c’est le pouvoir. (…) Aujourd’hui, ta vie vaut moins que les données que tu produis, il faut s’y faire», déclare-t-il. Il a pratiqué cette activité avec grand succès puisqu’il possède «un peu moins de 200 bitcoins, soit 1,5 million d’euros». Mais le hackeur «n’aspire pas à être riche».

Aujourd’hui, celui qui admire Edward Snowden ou encore Aaron Swartz assure avoir «arrêté le crime». Il vend simplement «des services sur les réseaux sociaux, des «likes» sur Instagram et Facebook, des «followers» sur Twitter. (…) Deux euros les 1000 followers». Parmi ses clients: des ados avides de visibilité, des marques de vêtements, de boissons ou même de BTP. Il avoue que ce business lui rapporte 5000 euros et précise qu’il hacke également sur commande.

La cyberguerre numérique

Grâce à son livre, il espère «inciter les gens à développer une conscience numérique» et «leur faire comprendre qu’on est dans une cyberguerre numérique mondiale». Il rappelle que les pirates peuvent «s’attaquer aux opérateurs d’importance vitale (OIV) qui gèrent les infrastructures liées à la santé, à la gestion de l’eau, à l’énergie, aux transports». Pour illustrer son propos, il cite notamment le virus Stuxnet qui avait affecté le programme nucléaire iranien et détruit des centrifugeuses en 2010. «On a désormais la preuve qu’il s’agissait d’une opération conjointe des Américains et des Israéliens.»

«Rabbin des bois» souligne encore que les objets connectés sont un mal à ne pas sous-estimer. «A partir du moment où il y a le mot “Smart”, cela signifie que l’objet est connecté à Internet et qu’il peut donc être hacké, infiltré.»

(Le Matin)

La repentance d’un hacker devenu lanceur d’alerte (Les Échos)

Un roman très inspiré de la réalité entend éveiller les consciences sur le trafic d’informations qui se joue du côté obscur d’Internet.

LE PROPOS Le monde n’est pas en train de changer, il a déjà changé. Sous le pseudonyme de Rabbin des bois, un hacker qui se présente comme un repenti dépeint le côté obscur d’Internet. Dans un style direct, ce témoignage, dont seule la toute fin est romancée, décrit un trafic d’informations de grande ampleur mêlant intérêts mafieux et gouvernementaux, à l’heure de la transformation numérique.

L’AUTEUR Habitué des sites e-commerce…

Lire la suite

Rabbin des Bois à Edouard Baer « En 2018, la cyber-criminalité c’est 400 milliards. D’ici 2020, l’addition se comptera en trilliard. On est sur une vraie expansion » (Radio Nova)

On reçoit un peu plus tard Rabbin des Bois, auteur de Lève-toi et code – Confessions d’un hacker aux éditions de la Martinière et qui sort en librairie aujourd’hui. Il a hacké les bases de données de Sciences po pour montrer à tous les failles de leurs systèmes. Il est devenu Rabbin des Bois, l’un des hackers les plus reconnus du public français. Aujourd’hui il tente de diffuser un discours à la fois de prévention et d’investissement dans le monde du hacking. Il nous en parle.