Rabbin des bois sur Radio Campus

La sécurité sur internet est un problème dont on ne perçoit que rarement l’importance. L’irréel de la toile, c’est l’océan du pirate qui vient à l’abordage de la matinale de 19h. A l’occasion de la sortie de son ouvrage « Confessions d’un hacker », Rabbin des Bois nous parle de l’envers de l’écran. Ce hacker s’engage à éveiller les consciences après ses années de criminalité sur le net. En dehors des crimes passés, Rabbin des Bois nous parle de responsabilité numérique, et des secteurs de développement socio-professionnel par le web.

« La criminalité est en train de passer de la rue au clavier. »

 

 

Rabbin des Bois à Radio Campus

Rabbin des bois : “J’ai eu le déclic après m’être fait recaler trois fois de Sciences Po” (Sud Radio)

Hacker et auteur du livre Lève-toi et code, Rabbin des bois était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce mardi pour évoquer son activité numérique.

Rabbin des Bois chez Sud Radio
Rabbin des Bois chez Sud Radio

“Être hacker, c’est un état d’esprit. C’est avant tout voir quelque chose de cassé, un système qui fonctionne mal par exemple, et ne pas pouvoir s’empêcher de faire quelque chose. On va soit exploiter ce dysfonctionnement, soit le réparer”. Au micro de Sud Radio, celui qui se fait appeler Rabbin des bois et qui arrive masqué en studio expliquer longuement le cheminement qui l’a poussé à devenir hacker, un choix auquel il ne se destinait pas à l’origine.

“J’ai toujours essayé d’avoir une intégration sociale par l’excellence académique, essayer d’avoir le plus de diplômes possibles dans de bonnes écoles, ce qui est censé vous mener normalement à une intégration. En l’occurrence, ça ne s’est pas passé comme ça pour moi et c’est sur Internet que j’ai été accepté. D’un point de vue professionnel, je voulais plus m’orienter à la base vers la politique ou le business. J’ai été recalé de HEC et de Sciences-Po Paris, et j’ai été plus ou moins forcé d’en arriver à ce choix-là quand j’ai vu que c’était ma seule option d’intégration”, raconte-t-il.

“Sciences Po a porté plainte et n’a pas forcément vu l’aspect bienveillant derrière”

“J’ai eu le déclic à partir du moment où je me suis fait recaler trois fois de Sciences Po Paris, l’école que j’essayais d’intégrer. Au moment où j’ai trouvé une faille sur leur site, j’ai vu une opportunité de pouvoir lier mes deux vies. Ça ne s’est pas passé comme prévu, Sciences Po a porté plainte et n’a pas forcément vu l’aspect bienveillant derrière l’aide que j’essayais de leur apporter”, ajoute celui qui indique n’être parti de presque rien. “J’avais quelques notions de codage, en apprenant de manière autodidacte tout seul devant l’écran. J’ai aussi eu beaucoup de chance en rencontrant et en m’entourant de bonnes personnes pour pouvoir avoir l’aventure numérique la plus complète”, reconnaît-il.

Plus qu’un métier, être un hacker implique avant tout d’avoir une conscience numérique selon lui. “Réaliser que sur Internet il y a des opportunités, des responsabilités mais aussi des risques à partir du moment où quelque chose est connecté”, souligne-t-il. “On est dans un climat de cyber-guerre mondiale : tous les gouvernements, tous les groupes sont sur le cyber-terrain à récolter des informations et à accumuler de la data. (…) Aucun système ne peut avoir une protection infinie et illimitée. Chaque ligne de code codée par l’être humain est vouée à être démantelée, analysée, étudiée, ce qui alimente une guerre sans fin. Le système bancaire actuel notamment alimente une grande partie de la cybercriminalité”, ajoute-t-il.

“Aujourd’hui, je vends des services sur les réseaux sociaux”

Quant au caractère illicite de nombreuses activités des hackers, Rabbin des bois assure ne plus y être lié. “J’ai arrêté toute activité illégale, sinon je ne serai pas ici ! J’ai été contacté par des entreprises privées mais je voulais vraiment travailler pour le peuple et essayer de transmettre le message de la conscience numérique pour que les gens réalisent à quel point c’est important en 2018. (…) Je vends des services sur les réseaux sociaux. Pour les personnalités publiques ou les entreprises, c’est très intéressant de développer sa visibilité. Donc je vends des followers, des likes, des vues, sur tous les réseaux sociaux. Ce n’est pas illégal, sinon je ne l’aurais pas fait, mais ça va à l’inverse des conditions d’utilisation des réseaux sociaux”, déclare-t-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview de Rabbin des bois dans le Grand Matin Sud Radio

Rabbin des bois, le hacker repenti qui met en garde sur les cyber-dangers (RTL)

Ce pirate 2.0, qui a travaillé sur le dark Web, vient de publier le livre “Lève-toi et code, confessions d’un hacker”. Il se veut un lanceur d’alerte pour informer sur les dangers d’Internet.

PUBLIÉ LE 21/05/2018 À 10:52 MIS À JOUR LE 21/05/2018 À 12:33
Il est question d’internet dans la presse ce lundi 21 mai au matin. Le pire du net c’est à lire ce matin dans Le Parisien Aujourd’hui en France. Une interview de Rabbin des bois, c’est comme ça que s’est baptisé ce pirate 2.0. Dans un livre, ce hackeur de 25 ans raconte comment pendant des années, il a volé des millions de données, escroqué des multinationales.

C’est le cas de Paypal par exemple, le pirate a vendu par petites annonces des téléphones jamais livrés. “À 13 ans, raconte-t-il, je voulais gagner 10.000 euros par mois, quand je les ai eus, je voulais gagner 10.000 euros par jour.” Aujourd’hui et après avoir gagné beaucoup d’argent, le jeune homme dit vouloir mettre en garde les internautes, jouer les lanceurs d’alerte contre les cyber-dangers. Ses conseils : surtout ne jamais utiliser deux fois le même mot de passe. Quant à ceux qui ont déjà raconté toute leur vie sur le net, via Facebook ou autre, c’est, dit-il, fichu.

 

Un hacker repenti prédit un cyber-11 Septembre d’ici cinq ans (Le Parisien)

Dans « Lève-toi et code »*, « Rabbin des bois » raconte ses dix ans passés à pirater. Aujourd’hui, après avoir gagné énormément d’argent, il se proclame lanceur d’alerte et met en garde contre les dangers du dark Web.

Quand un hacker sort du bois, forcément, on a envie de le rencontrer. Mais interviewer « Rabbin des bois » – c’est son pseudo – est compliqué car le jeune homme tient à son anonymat. Quand il accepte enfin de venir dans les locaux du Parisien-Aujourd’hui en France, c’est sous condition : être masqué, méconnaissable.

Evidemment, quand ce hacker s’est présenté au siège de notre journal, Borsalino gris tombant sur de larges lunettes de soleil, et masque noir sur le bas du visage avec fermeture éclair imprimée en guise de bouche… les services de sécurité ont fait barrage. « Je suis habitué », s’amuse le jeune homme qui vient de publier le 16 mai ses mémoires de hacker : « Lève-toi et code »*. Un livre d’alerte qui tombe à pic, quelques semaines après le scandale Facebook-Cambridge Analytica, pour nous mettre en garde contre ce qui se trame dans les tréfonds du Web.

Enfant de Chevilly-Larue, dans le Val-de-Marne, Rabbin des bois a plongé à 15 ans dans le « dark Web », le côté obscur de la toile. Durant dix ans, il a pillé les données personnelles sur les sites de grandes écoles, d’assureurs, exploitant les failles d’acteurs de premier plan comme PayPal ou BlackBerry, vendant des faux likes ou followers par millions pour s’enrichir en mode express. Repenti, le « data dealer », comme il se décrit, tire aujourd’hui la sonnette d’alarme : « Un cyber 11 septembre aura lieu d’ici cinq ans qui va tout déstabiliser ».

Pourquoi sortez-vous du bois, et sous un pseudonyme ?

Quand on est hacker, normalement, on reste dans les ténèbres. J’ai écrit ce livre parce que je veux montrer ce qui risque d’arriver : d’ici cinq ans, un cyber-11 Septembre. Il y a, dans ce qu’on appelle le dark Web, des armées des hackers qui chaque jour attaquent les entreprises, les Etats… Je veux interpeller ceux qui n’ont pas de conscience numérique, qui ne réalisent pas ce qui se passe derrière l’écran. Je voulais témoigner aussi de ce que j’ai vu, de toutes les défaillances de sécurité. J’ai détecté une faille dans le système de Sciences-po, j’ai siphonné des millions de données personnelles pendant deux jours.

Quand vous êtes-vous repenti ?

J’avais postulé à Sciences-po et je voulais leur montrer de quoi j’étais capable. J’étais aussi prêt à prendre ma part de pouvoir grâce à ces milliers de données de première classe ! Au dernier moment, j’ai décidé d’être utile ; je leur ai dit où se trouvait la faille de sécurité en échange de la promesse de ne pas porter plainte. Et j’espérais intégrer l’école. Mais ils ont porté plainte. Voilà comment on traite en France les lanceurs d’alerte. Dans ces conditions, qui demain prendra le risque d’alerter ?…

Redoutez-vous d’être reconnu, poursuivi ?

Je ne suis pas serein, c’est sûr. Mais la police me connaît depuis l’affaire Sciences-po. J’ai eu droit à un rappel à la loi alors que je risquais deux ans de prison et 100 000 euros d’amende. La première règle du hacker, c’est ne jamais se faire prendre, sinon on est fini. C’est pour ça qu’on est tous parano. J’étais très connu sur le dark Web, j’ai pris un risque avec Sciences-po, j’ai perdu. Mais maintenant, je suis du côté Jedi de la force, je veux alerter sur le danger. Pour préserver l’authenticité de mon message, je dois conserver l’anonymat.

Dans votre livre, on comprend que vous avez engrangé énormément d’argent. Combien au total ?

Beaucoup, c’est vrai. Mais on n’est jamais assez riche… Quand j’avais 13 ans, je voulais gagner 10 000 euros par mois ; quand je les ai eus, je voulais gagner 10 000 euros par jour. J’ai gagné beaucoup parce que j’ai tout converti en Bitcoins, qui depuis a flambé, et qu’on peut facilement transférer d’un pays à l’autre. Pour le reste, je ne peux rien dire de plus.

N’avez-vous pas mauvaise conscience de ce vous avez fait et d’exposer des arnaques dont certains pourraient s’inspirer ?

Je ne pense pas inciter au crime et je n’ai fait de mal à personne. J’étais juste un marchand. Ce que faisaient les acheteurs de mes données, j’en sais rien et ça ne m’intéresse pas. Quand j’ai gagné de l’argent, c’est le système, les assureurs, les entreprises… qui étaient lésés. Les plateformes du marché noir dont je parle ont disparu. Je veux juste dire qu’on peut utiliser le Web comme ascenseur social. De chez soi, on peut gagner énormément d’argent dans la légalité : en faisant du graphisme, du webdesign, en codant – j’ai appris à coder tout seul ! Regardez Zuckerberg, Bezos…

En quoi y a-t-il danger pour nos données personnelles ?

Elles permettent de savoir qui vous êtes, vos habitudes, ce que vous aimez. Elles permettent de vous mettre dans des boîtes qui sont revendues cher à des entreprises, des agences de pub qui font du targetting : la publicité ciblée. C’est le capitalisme 2.0 qui pousse – de façon très limite – à la consommation. Ceux qui publient leurs données sur les réseaux ou ailleurs en se disant « Je n’ai rien à cacher », se trompent. Quand vous faites l’amour, vous fermez les rideaux, non ? Il y a un dicton simple : « quand c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit »…

Vous avez vraiment abandonné toute activité ?

Je vends encore des services à des entreprises parfois connues que je ne citerais pas et qui cherchent de la notoriété facile et rapide ; je vends un euro les mille faux followers. J’ai même des gamines de 14 ans qui ont moins de followers que leurs copines… Les règles des réseaux sociaux n’interdisent pas tout ça, j’en profite.

Devient-on addict au hacking ?

J’ai eu mon premier ordinateur à 11 ans et pendant dix ans, j’ai passé 15 heures par jour devant mon écran, parfois 48 heures d’affilée à surveiller des téléchargements de données, tout ça sur un ordinateur à 400 euros. J’ai toujours rêvé d’être maître du monde, depuis que je suis petit. Et là, je pouvais m’attaquer à des gros comme Sciences-po ! Mais les hackers n’ont pas de vie sociale, beaucoup deviennent dépressifs, rivés à leur écran.

Depuis vos déboires judiciaires, avez-vous reçu des offres d’emploi ?

Deux ou trois, je les ai toutes refusées. Pourquoi je travaillerais 35 heures pour un patron en gagnant moins qu’à faire ce que je veux ?….

Que redoutez-vous pour l’avenir ?

On est dans un climat de cyber-guerre mondiale. Tous les jours, il y a des milliers d’attaques contre des Etats, des entreprises… Et aujourd’hui, toute notre société repose sur le numérique. Vous savez, en Russie, on trouve dans la rue des distributeurs pour acheter des « likes », des « followers »… Ils ont une vraie conscience numérique là-bas, ils sont plus lucides que nous sur les risques… et les opportunités. Regardez comment Cambridge Analytica a truqué les élections. C’est ça qui nous guette.

Un conseil pour se protéger ?

Si vous avez déjà écrit toute votre vie sur le Web, c’est fichu. Le Web a de la mémoire. A ceux qui s’interrogent, je dis : n’utilisez pas toujours les mêmes mots de passe faciles à trouver. Et méfiez-vous du cloud : préférez une clé USB pour stocker vos infos.

* « Lève-toi et code, confessions d’un hacker », Rabbin des bois, aux éditions de la Marinière.

Rabbin des bois en cinq dates
Enfant de Chevilly-Larue (Val-de-Marne), Rabbin des bois (un pseudo, il est de confession juive), a « environ » 25 ans.

2004 : premier ordinateur.
2008 : avec un copain, il plonge dans le « dark Web », le côté obscur de la toile, pour « faire du fric facile ».
2008-2016 : il escroque PayPal en vendant par petites annonces des téléphones jamais livrés. Il escroque BlackBerry en exploitant une faille du service après-vente qui lui rapporte des dizaines de smartphones. Sa spécialité : la multiplication des faux comptes. Il vend les données personnelles volées, marchande des faux « like », faux « followers »…
Mars 2017 : Suite à une plainte de Sciences-Po, dont il a piraté les données, il est identifié et arrêté par la police puis jugé.
Mai 2018 : Il publie « Lève-toi et code », ses mémoires et une mise en garde.

 

Retrouvez l’article complet sur le site du Parisien

Rabbin des bois : “Le hacker a aussi des vertus” (Les petits pas dans l’écran, Europe 1)

Rabbin des bois explique à Eva Roque (Les petits pas dans l’écran, Europe 1) son parcours, les raisons de l’écriture de son ouvrage, “Lève toi et code” (éd. La Martinière), et même son pseudonyme : “C’est parce que je suis juif. Et j’adore le personnage de Robin des bois qui vole aux riches pour ramener aux pauvres. Moi j’essaye juste de pointer du doigt que la sécurité des systèmes n’est pas assez au top, et que cela représente des enjeux importants.”

Un hacker dans les entrailles du dark net (Thierry Ardisson, Salut les Terriens)

Salut les Terriens : Rabbin Des Bois : Un hacker dans les entrailles du dark net vient d’être diffusé sur la chaine C8, le samedi 19 mai 2018.

La rediffusion en streaming se trouve accessible pendant quelques temps sur C8 Replay, dépêchez-vous.

 

Retrouvez le Replay

“Lève-toi et code : confessions d’un hacker” (éd. La Martinière)

A l’ère du tout digital et à l’heure où la protection de nos données est primordiale, le hacker de Sciences Po revient sur son parcours dans un témoignage choc qui met en évidence le retard français quant aux questions de cybersécurité. Il a hacké les bases de données de Sciences po pour montrer à tous les failles de leurs systèmes. Il est devenu Rabbin des bois, l’un des hackers les plus reconnus du public français.

Il se fait appeler « Rabbin des bois » –un peu par jeu. De confession juive, il hacke les puissants pour montrer à tous les failles des grands systèmes informatiques qui abritent nos données personnelles.

Dans ce récit court, porté par un vrai flow littéraire, Rabbin des bois raconte son parcours singulier. Élevé dans un quartier modeste en région parisienne, il perd sa mère lorsqu’il est très jeune. Ses notes chutent, le jeune homme se réfugie sur la Toile où il se spécialise dans un marché parallèle de données volées et hackings divers. Il en tire des revenus conséquents. Mais son rêve n’est pas là.

Début 2017, il passe plusieurs heures en garde-à-vue pour avoir hacké les données de 4 000 étudiants de Sciences po. Il ne les a ni revendues ni diffusées. Son but, c’est d’être un lanceur d’alerte. Là où, aux Etats-Unis, des universités comme Harvard l’auraient immédiatement intégré à leurs équipes, le système français le montre du doigt. Ce livre met en évidence le retard de notre pays sur la question de la protection des données. Il est aussi un témoignage littéraire ultra-contemporain, porté par une voix nouvelle et une personnalité hors du commun.

Rabbin des bois a commencé ses activités de hacker à l’âge de treize ans. Professionnel du piratage, il tente de faire prendre conscience du développement de la criminalité digitale et des enjeux de la cybersécurité.

Source et contact presse : Éditions de La Martinière et Agence de presse Agence Anne&Arnaud

 

Pour en savoir plus

Lève toi et code, un ouvrage initié par Litcom pour les éditions de La Martinière