Virgin Galactic : embarquement immédiat pour l’espace (Paris Match)

Paris Match| Publié le 30/12/2018 à 06h52
De notre envoyé spécial en Californie Bertil Scali
Photos : Thierry Boccon-Gibod

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Richard Branson et Bertil Scali © Thierry Boccon-Gibod

Dans la nuit glacée du 13 décembre, à 2 h 50, Mark Stucky, dit « Forger », 60 ans, avale un yaourt, attrape son cher paquet de « fromage effiloché » et prend la route en direction de Faith, le cap Canaveral miniature créé par Virgin en 2015. Aujourd’hui, il a rendez-vous avec l’espace.
Teint basané, lunettes de soleil, cheveux gris, et cet air de solitaire désabusé qui appartient à tous ceux qui ont sacrifié leur vie de famille à une passion professionnelle, Forger n’a pas besoin de se présenter : il est un de ces as de l’aéronautique, si nombreux ici. Un ancien pilote de chasse, pilote d’essai pour la Nasa, formateur dans l’US Air Force, combattant en Irak…

Si tout se passe bien, il va entrer dans la légende des pionniers de l’aviation – dont le premier chapitre fut écrit en 1783 par Pilâtre de Rozier et le marquis d’Arlandes – comme le premier homme à avoir piloté une navette « de tourisme » dans l’espace… Même si, aujourd’hui, il n’a pour passager qu’un mannequin en plastique. Si tout va bien, car, il y a quatre ans, le 31 octobre 2014, la précédente navette Virgin s’était désintégrée dans l’atmosphère au premier essai, entraînant la mort du copilote et meilleur ami de Forger, Michael Tyner Alsbury, 39 ans. Ce n’est pas un hasard si le hangar porte le nom de Faith, comme « foi », l’acronyme anglais de Hangar d’assemblage final, d’intégration et d’essai. Dans la nuit, une centaine d’ingénieurs et de mécaniciens s’y affairent encore. Forger y retrouve son copilote, Rick Sturckow, dit « CJ », 57 ans, qui a déjà gagné ses ailes d’astronaute au cours des 12 000 heures, l’équivalent de seize mois, qu’il a passées dans l’espace.

A 7 heures, Forger et CJ grimpent dans SpaceShipTwo, la navette suspendue sous l’aile de 42 mètres de l’avion porteur WhiteKnightTwo. Moteurs en marche. Forger n’entend pas les cris et les applaudissements du public au bout de la piste. Il ne voit pas non plus Richard Branson, 68 ans, qui, dans son blouson vintage en cuir doublé de mouton, sourit en le regardant passer mais retient ses larmes. Emotion… Cela fait quatorze ans que Branson parle d’envoyer des touristes dans l’espace, et quatorze ans que les médias se gaussent. Sam, son fils de 33 ans, l’observe, inquiet. Depuis les premiers rêves, il y a eu le drame de 2014. Et les accusations de négligence, même si l’erreur de pilotage a ensuite été établie. Parents et amis, journalistes, futurs clients, employés de Virgin Galactic ou simples curieux, tous le savent. Et se demandent s’il faut se réjouir ou avoir peur.

Bertil Scali, Richard Branson et Thierry Boccon-Gibod © Thierry Boccon-Gibod

Vont-ils vivre une journée historique ou une tragédie en direct ? Certains hurlent, d’autres prient, les yeux tournés vers le ciel ou fixés sur l’écran géant. Et c’est le décollage, dans le rugissement des quatre réacteurs de l’avion mère, comme disent les Américains. Le sol s’éloigne. Pas de place pour les pessimistes : Forger aperçoit d’abord le cimetière aérien voisin avec ses centaines d’avions gros comme des jouets. Puis la ville de Mojave, capitale des essais aéronautiques, et, au loin, sa maison, noyée parmi d’autres, toutes identiques, du patelin de Palmdale. Enfin, le désert où il est lui-même allé ramasser les débris de la précédente navette… Il y est souvent retourné, depuis, avec la veuve du pilote. Il lui a promis que son mari, père de leurs deux enfants, n’était pas mort en vain, puisque l’étude de l’accident a permis d’éviter bien des catastrophes…

Bon allumage du réacteur à tous ! Nous allons dans l’espace, Richard !
WhiteKnightTwo vole à présent à une altitude de 14 000 mètres. Depuis la base, les données sont analysées en temps réel à l’aide de capteurs, de micros et de caméras vidéo embarqués à l’intérieur et à l’extérieur. Pression, vitesse, orientation, roulis, mais aussi température des pilotes, tension artérielle, battements cardiaques… SpaceShipTwo va être lâchée dans le vide – larguée, comme une bombe. Forger reçoit les ordres : « 5… 4… 3… 2… 1… Libérez, libérez, libérez… » C’est fait. On n’entend plus que le bruit du vent et le son nasillard de la radio. La navette tombe, ralentie par ses ailes. « Fire ! » (« Feu ! ») ordonne la radio.

Forger transmet l’ordre à CJ, qui déclenche le réacteur. Depuis un appareil suiveur, le pilote Kelly Latimer voit la navette s’éloigner, avec, derrière, comme une flamme de chalumeau suivie d’une traînée blanche. SpaceShipTwo est un véritable avion de l’espace, avec un authentique pilote pour tenir le manche, à l’ancienne, façon Chuck Yeager dans « L’étoffe des héros » – et non comme un astronaute qui n’a aucun contrôle sur sa fusée.
A l’intérieur, Forger et CJ sont collés à leurs sièges par une accélération de 3,5 g. « Bon allumage du réacteur à tous ! Nous allons dans l’espace, Richard ! » lance Forger.

La navette accélère, frôle les 1 000 km/h. Face à elle, les ondes forment une résistance – un mur – que sa pointe enfonce, distord. Elles ricochent sur la structure et les ailes, déclenchant secousses et vibrations. C’est à ce stade, en 2014, que l’accident avait eu lieu. Pour une raison inconnue, Alsbury avait trop tôt déverrouillé les ailes, une manœuvre qui n’aurait pas dû être déclenchée avant d’avoir totalement franchi le mur du son. Au lieu d’être plaquées par la vitesse une fois la zone de turbulences dépassée, les ailes s’étaient légèrement relevées et la navette s’était instantanément pulvérisée à 15 000 mètres d’altitude. Alsbury est mort sur le coup. Mais, comme par miracle, Peter Siebold, le pilote, a survécu, sans oxygène et sans combinaison pressurisée, à une température de – 20 °C.

Le parachute de son siège s’était déclenché automatiquement pour le faire atterrir sain et sauf en plein désert. Il devenait ainsi officiellement l’homme qui avait survécu à la plus haute chute de tous les temps.
Mach 1 est dépassé. Le mur du son a été percé. Forger peut donner l’ordre de déverrouiller les ailes. CJ déclenche le mécanisme. Ils retiennent leur respiration. Cette milliseconde dure très longtemps… Et, comme prévu, la navette poursuit calmement son ascension, accélérant encore dans sa fuite de l’attraction terrestre. A quelques dizaines de kilomètres, au sol, Branson pleure de joie. Le réacteur va propulser la navette presque à la verticale. En moins d’une minute, elle atteint Mach 2,9, soit 3 560 km/h, presque trois fois la vitesse du son. Et c’est bientôt la frontière ultime entre Terre et espace : 50 miles, soit 80,4 kilomètres. Le compteur indique 82,7. Le ciel a disparu. Plus de bleu au-dessus des yeux, seulement le noir du cosmos.
Forger renverse la navette sur le dos : les bretelles de son siège n’ont pas besoin de le retenir puisqu’il est en apesanteur. Il voit, au loin, jusqu’au Mexique et aux limites de l’océan Pacifique. Los Angeles, à 150 kilomètres, est comme un bloc de béton entre le désert et la mer. La Terre est bleue, comme sur les photos prises depuis la Lune où plus personne n’a marché depuis 1972. Pour s’amuser, le pilote retire un gant, le laisse flotter. Il est enfin là où il rêve d’aller depuis ses 4 ans. Les sacrifices – l’éloignement, les enfants qu’on n’a pas vu grandir, un divorce, les difficultés d’une famille recomposée – n’auront pas été vains.

Il faut à présent redescendre. La partie arrière des ailes s’est repliée vers le haut. La forme légèrement courbée de la navette est née d’une observation de la nature : comme une feuille ou une plume, elle redescend en se balançant d’avant en arrière. Une idée de l’ingénieur fantasque Burt Rutan – il a aussi dessiné Voyager, le premier avion à avoir fait le tour du monde sans escale (1986), et la première navette monoplace à être allée dans l’espace (2004) –, qui permet à l’appareil de ne pas rentrer trop rapidement dans l’atmosphère. La chute est maintenue à une vitesse inférieure à Mach 2,5. La coque de carbone glisse sur l’air comme un raft sur l’eau. Les pilotes subissent une décélération de 4 g. Bientôt, la navette « retombe » doucement. On replie les ailes et elle reprend une forme d’avion. Elle plane au-dessus du désert, vers la piste.

Le retour des héros a été abondamment filmé et photographié jusqu’à l’étreinte avec Richard Branson. Plus tard, dans l’après-midi, seul Paris Match était autorisé à suivre le patron de Virgin, créateur d’un empire du loisir, dans les coulisses de l’exploit. On s’attardait encore sur le tarmac, sûr que Forger était rentré chez lui, épuisé, quand il est apparu au bout de la piste, solitaire, humant l’air parfumé de kérosène. Hésitant, timide, il s’est approché de Branson. Comme s’il avait attendu ce moment de tranquillité pour lui dire l’essentiel : « Vous savez, là-haut, tout le temps, c’est à vous que j’ai pensé. Je voulais réussir. Pour vous. Parce que depuis quatorze ans, envers et contre tout, vous n’avez jamais renoncé, vous avez persévéré, vous y avez toujours cru. » Face à face se tenaient deux pionniers au visage roussi par le soleil, le premier à avoir piloté dans l’espace une navette de tourisme, et Richard Branson, recordman de traversées de l’Atlantique en bateau à moteur (1986), en montgolfière (1987), pionnier de la traversée du Pacifique en ballon à air chaud (1991) et auteur de nombreuses tentatives de tour du monde en montgolfière. Deux hommes en âge d’être grands-pères et qui n’ont jamais lâché leurs rêves d’enfants.

“Bertil Scali, l’auteur de ces textes sensibles et documentés, s’est glissé ici ou là dans l’intimité de toutes ces légendes.” David Foenkinos dans L’Express

Les voyages sont les romans les plus improbables. Ce livre recense les folles errances d’une cinquantaine d’artistes, de Sarah Bernhardt à Jeff Koons. On pourrait commencer par Serge Gainsbourg qui rejoint Jane Birkin, dans le sud de la France, sur le tournage de La Piscine. Il loue alors une Cadillac plus grosse que celle d’Alain Delon. Mais le symbole de cette rivalité masculine tournera court, quand il sera incapable de passer les ruelles de Saint-Tropez avec !

Autre histoire mythique : Hemingway en vadrouille qui oublie le manuscrit de son fameux Paris est une fête dans une malle au Ritz. On le retrouvera vingt-cinq ans plus tard. Bertil Scali, l’auteur de ces textes sensibles et documentés, s’est glissé ici ou là dans l’intimité de toutes ces légendes. Le voyage semble être finalement le reflet le plus éclatant de qui nous sommes. L’élection même de ce que nous emportons, nos bagages, est une lecture de nos priorités. Rien d’étonnant à ce que ce livre ait été magnifiquement illustré par Pierre Le-Tan, dont on se souvient des collaborations avec Modiano ; ce dernier étant capable de connaître les heures des trains passant en gare de Bordeaux en 1942.

Tout artiste est traversé par cette folie de l’ailleurs, et c’est sûrement la meilleure façon de se fuir. On le ressent bien avec Keith Richards, toujours sur la route. Scali a cette superbe formule à propos du guitariste des Stones : “Il poursuit presque calmement sa trajectoire suicidaire, sans jamais mourir.” Cela doit être ça finalement. On ne meurt pas ailleurs, et même, on vit davantage. Les jours possèdent comme un goût de toujours. C’est donc une sorte d’éternité qu’on peut s’offrir à Noël avec ce si beau livre. D.F.

La note de L’Express : 17/20

Histoires de voyageurs. À bagages ouverts
par Bertil Scali, illustrations de Pierre Le-Tan. Thames & Hudson, 448 p., 85 €.

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Entretien avec Rodolphe Martinez sur France Bleu : “Histoires de voyageurs”, un magnifique livre sur le bagage signé Bertil Scali et Pierre Le Tan

Le voyage c’est aussi le bagage ! L’écrivain , éditeur Bertil Scali et l’illustrateur Pierre le Tan publient pour le compte du plus célèbre malletier au monde Louis Vuitton, un ouvrage d’art : « Histoire de voyageurs. A bagages ouverts ». Dans Place des Grands Hommes, nous sommes dans les bagages de Madonna, Serge Gainsbourg, Sharon Stone, ou encore Elisabeth Taylor (au total une cinquantaine de portraits). Un très beau livre qui raconte aussi le succès international de Louis Vuitton, la démesure et l’extravagance de célèbres personnalités. Le livre témoignage d’une certaine façon de voyager et de l’innovation constante du malletier pour répondre à des demandes spécifiques en termes de bagage. Laissez-vous emporter par les anecdotes souvent inédites, par les document techniques, et des illustrations intemporelles. Une belle idée de cadeau pour les fêtes de fin d’année.

A retrouver sur ce lien

Un article de Sud-Ouest sur “Hitler, mon voisin”

L’enfance d’Edgar, voisin juif de Hitler

De 5 ans à 15 ans, et son départ d’Allemagne, Edgar Feuchtwanger a vécu à Munich avec sa famille juive, juste en face du domicile d’Adolf Hitler. Il est venu témoigner à Pessac (33)

Par Christophe Lucet

Il marche à pas lents, appuyé au bras de sa fille Antonia, vers le cinéma Jean-Eustache, à Pessac (33), où le public du Festival du film d’histoire l’attend pour la projection. Edgar Feuchtwanger, 94 ans, n’a pas hésité à quitter Londres, où il coule « une vie typiquement anglaise », pour offrir le témoignage de son enfance si singulière. Ce fils d’une famille juive assimilée de Bavière n’a-t-il pas vécu dix ans à Munich, face au domicile d’Adolf Hitler, regardant de ses yeux d’enfant puis d’adolescent l’ascension du Führer ?

“Je n’ai jamais pu oublier”

En 2013, il avait pris un autre avion, cette fois pour la capitale bavaroise. Devant la caméra de Bertil Scali, il en avait arpenté les rues, confrontant ses souvenirs si vifs aux divers lieux d’une ville quittée pour toujours en 1939. « On m’a si souvent questionné que je n’ai jamais pu oublier ces années mais j’avais une profonde réticence à en parler, c’était trop déplaisant », confie le vieil homme.
Pourtant, lorsque l’écrivain et journaliste français, rencontré vingt ans plus tôt, a réitéré le projet de lui faire déployer ses souvenirs pour un livre et un film, Edgar était prêt.

L’Allemand dont tout le monde parle

Du nouveau sur Hitler ? « C’est ce que les éditeurs voulaient mais ce qui fait la valeur du témoignage, c’est l’émotion qui s’en dégage », souligne Bertil Scali. Rédigé comme un journal, l’ouvrage devient, sous la caméra, une longue promenade mémorielle où se détache l’image de ce voisin improbable, « et qui portait la même moustache noire que papa ».
Hitler n’est pas encore chancelier quand la famille Feuchtwanger découvre que l’Allemand dont tout le monde parle a emménagé dans un vaste appartement de l’immeuble d’en face. Le chef nazi a choisi les beaux quartiers de sa chère Munich pour étrenner son nouveau statut. On est au tournant de 1930.

“Il nous a salués d’un air aimable”

« Vêtu d’un imperméable mastic, il sortait en individu ordinaire, saluait les passants en soulevant son chapeau. On ne voyait pas encore le ballet des limousines et des SS, il était abordable et, un jour où je passais avec ma gouvernante, il nous a salués d’un air aimable », se souvient Edgar.
“La judéité n’avait pas d’importance pour nous, jusqu’à ce que Hitler la dénonce”
Les Feuchtwanger sont juifs. Cette famille d’intellectuels aisés – le père d’Edgar est éditeur, un oncle est avocat du compositeur et chef d’orchestre Richard Strauss – a beau être assimilée à la bourgeoisie munichoise, elle va vite découvrir le danger qui la menace. « La judéité n’avait pas d’importance pour nous, jusqu’à ce que Hitler la dénonce », confie Edgar.

L’oncle écrivain doit fuir

Circonstance aggravante : l’oncle Lion Feuchtwanger, écrivain allemand très connu, est un farouche opposant au futur dictateur, qu’il ridiculise dans un de ses romans, « Erfolg » (Succès), devenu depuis un livre culte en Allemagne.
« Si Hitler avait pu deviner qu’en face de chez lui vivait une famille liée à cet homme, je ne serais pas là pour en parler. »
Lorsque Hitler devient chancelier, en janvier 1933, Lion Feuchtwanger doit fuir. « Il a profité d’un congrès d’écrivains à l’étranger pour se réfugier en France, à Sanary-sur-Mer, près de Toulon. »
La revue “Das Wort” avec Bertold Brecht
L’oncle va continuer la lutte en lançant, avec d’autres émigrés allemands dont Bertolt Brecht, une célèbre revue pacifiste antinazie, « Das Wort » (1936). C’est de l’étranger qu’il verra le détournement par la propagande nazie d’une de ses nouvelles, « Le Juif Süss », dont Joseph Goebbels tirera une grande fierté.
“Mon père se sentait tellement de culture allemande qu’il n’imaginait pas devoir tout abandonner”
Malgré l’exil de l’oncle et la montée de l’antisémitisme, la famille est restée à Munich. « Mon père se sentait tellement de culture allemande qu’il n’imaginait pas devoir tout abandonner, raconte Edgar. En dépit de la multiplication des exactions antijuives, il pensait pouvoir continuer à vivre comme au ghetto, dans un modus vivendi. Chassé de sa maison d’édition, il était devenu, en 1935, conférencier et journaliste pour une revue juive. »

Quand Eva Braun bronzait sur la terrasse

C’est ainsi que le garçonnet, qui a 8 ans lorsque Hitler accède au pouvoir, continue de voir le Führer aller et venir dans cette ville de Munich qu’il préfère à Berlin. « Son photographe, Heinrich Hoffman, vivait dans le quartier et les bonnes bavaroises catholiques se plaignaient quand Eva Braun [la maîtresse cachée de Hitler, NDLR] bronzait torse nu sur la terrasse. » Hitler dans son transat, au restaurant avec les caciques du parti nazi, discutant avec Ernst Röhm, le fondateur de la SA : les scènes marquent l’adolescent. Sur ses cahiers d’écolier pieusement conservés, il montre les croix gammées que son institutrice zélée faisait dessiner aux enfants.

Un avocat juif traîné en place publique

« Personne ne pouvait deviner ce que serait le monde mais nous savions qu’une chose très grave arrivait. » L’air devient irrespirable pour les juifs munichois lorsque l’un d’entre eux – un avocat bien connu des Feuchtwanger et qui a eu le front d’aller protester dans un commissariat – est traîné dans les rues par les policiers nazis avec un écriteau autour du cou.

« Mon père a été arrêté, envoyé au camp de concentration de Dachau, proche de Munich »

Et quand survient la nuit de Cristal, le 9 novembre 1938, vaste pogrom antijuif à travers l’Allemagne, la foudre s’abat sur la famille : « Mon père a été arrêté, envoyé au camp de concentration de Dachau, proche de Munich ». Sa bibliothèque disparaîtra dans les flammes des autodafés. Il est pourtant relâché au bout de six semaines, affamé, brisé mais vivant, n’ayant plus d’autre but que de fuir, mettre sa famille à l’abri.

Exilés en Angleterre

« Nous sommes partis en Angleterre et il a fallu, pour obtenir le visa, trouver 1 000 livres sterling, ce qui était une très grosse somme », se souvient Edgar. Sa tante Martha a pu s’enfuir par les Pyrénées, avec Alma Mahler, l’épouse du compositeur viennois. Lion, interné en France, a été libéré sur intervention d’Eleanor Roosevelt, l’épouse du président des Etats-Unis, qui l’a reconnu sur une photo du camp.
Le père d’Edgar, lui, ne survivra pas très longtemps à son exil londonien. Devenu historien, sans doute par atavisme familial, Edgar s’interroge toujours sur ce qui a pu conduire Hitler dans la folle spirale qui a engendré la Seconde Guerre mondiale. « Il voulait un total renversement des valeurs. Que le mal soit son bien ».

UN BEST-SELLER MONDIAL ET UN DOCUMENTAIRE

« Hitler mon voisin », c’est d’abord un livre (éd. Michel Lafon, 2013) du journaliste, écrivain et éditeur Bertil Scali. Sa première rencontre avec Edgar Feuchtwanger remonte à 1992, à Londres, lors d’un reportage pour « VSD ». Sorti en poche (J’ai lu), le récit a été traduit en treize langues et diffusé dans plus de trente pays.
Bertil Scali en a tiré un documentaire, « Hitler mon voisin. 1929–1939, souvenirs d’un enfant juif », avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Il a été projeté dans le cadre du 29e Festival du film d’histoire de Pessac.
Pour l’heure, il n’est ni programmé à la télévision ni disponible en DVD ou VOD en France. En revanche, on peut le commander sur Amazon USA.

Histoires de voyageurs, dans Elle : “Splendide !” Olivia de Lamberterie

DANS LES VALISES DES STARS

Des légendes vident non pas leur sac mais leur malle signée Louis Vuitton ! Greta Garbo n’aurait voyagé sa vie durant qu’avec une paire d’espadrilles bleues, un pyjama en flanelle et des pots de confiture. Sacha Guitry collectionnait les bagages pour voyager de palace en palace. Ce dandy y rangeait ses robes de chambre en soie et en velours mais aussi les souvenirs de ses aïeux, papiers de famille et photos anciennes. On peut suivre l’existence de la duchesse de Windsor à la trace… de ses malles remplies de trésors griffés qui l’accompagnent sur des transatlantiques ou dans des coffres de Rolls et de Cadillac… Karl Lagerfeld voyage en grand apparat et ne quitte jamais un petitsac noir contenant un coussin de son enfance brodé d’une locomotive. Ernest Hemingway (ci-contre) est, lui, obsédé par les valises, dont il note frénétiquement les contenus, et qu’il perd régulièrement…Tant pis pour les pyjamas ! Mais il passe aussi sa vie à égarer des manuscrits. Et à les retrouver, comme « Paris est une fête », qui sommeilla vingt-cinq ans dans une malle oubliée au Ritz. Ces belles histoires sont contées avec enthousiasme par l’écrivain Bertil Scali, tandis que le mythique dessinateur Pierre Le-Tan croque ces vedettes qui ont sillonné le monde en y laissant leur empreinte. Splendide !

Olivia de Lamberterie.

« HISTOIRES DE VOYAGEURS A BAGAGES OUVERTS », de Pierre Le-Tan et Bertil Scali (Louis Vuitton/Thames & Hudson, 395 p.).

Coffee-table books on art, style and design Tomes devoted to aesthetic excellence

Travellers’ Tales: Bags Unpacked
Bertil Scali and Pierre Le-Tan, Thames & Hudson, £75

It was Gaston-Louis Vuitton, the grandson of the founder of Louis Vuitton, who coined the firm’s slogan: “Show me your luggage and I’ll tell you who you are.” This proved so potent that soon a Louis Vuitton trunk was recognised as irrefutable proof of wealth, importance and style.

Written by Bertil Scali, using the firm’s unique archive, this gentle, civilised book full of facts about the firm’s famous customers is a nostalgic joy. It is illustrated with charming portraits by Pierre Le-Tan of illustrious clients such as Greta Garbo, who travelled the world with only one small suitcase containing a pair of blue espadrilles, flannel pyjamas and a few pots of jam.

Le Brexit, c’est clair comme Marc Roche

Dans cet ouvrage de 238 pages, édité par Albin Michel et imprimé chez Bussières en août 2018, le reporter Marc Roche, grand connaisseur des rouages du Royaume-Uni, et de la mentalité de ceux qui y vivent ou y investissent – Anglais, Irlandais du Nord, immigrés fortunés ou sans le sou, les GAFAM, les Chinois, les Indiens –, opposant au Brexit convaincu, explique pourquoi il a changé d’avis : pourquoi “Le Brexit va réussir”.

Ecrit de sa plume mi-british (il vit à Londres depuis plusieurs décennies), mi-belge (il est né à Anvers), et avec une pincée d’esprit français (il a été correspondant du Monde pendant des lustres), Marc Roche est didactique, amusant et convaincant, comme en attestent les quatre extraits ci-dessous !

Marc Roche : Le Brexit va réussir.

 

 

Marc Roche : Le Brexit va réussir.

 

Marc Roche : Le Brexit va réussir.

Marc Roche : Le Brexit va réussir.

Marc Roche : Le Brexit va réussir.

 

Edgar Feuchtwanger, invité d’honneur du Festival international du film d’Histoire de la ville de Pessac

Edgar Feuchtwanger, 94 ans, “voisin juif d’Hitler” de 1929 à 1939, a été reçu avec les honneurs par le Festival international du film d’Histoire et par la ville de Pessac, à l’occasion de la projection du documentaire “Hitler, mon voisin”.

 

Conférence de presse dans la salle du Conseil municipal de la Mairie de Pessac

Arrivé en avion depuis Londres le vendredi 23 novembre 2018, en compagnie de sa fille, Antonia Cox, Edgar Feuchtwanger a d’abord donné une conférence de presse au sein de la salle du Conseil municipal de la ville de Pessac, en présence de nombreux journalistes de la presse régionale et nationale. La conférence était animée par François Sztark (adjoint au maire, délégué à l’enseignement supérieur, à la recherche et au Campus) et Irène Monlun  (adjointe au maire déléguée à la vie associative et aux jumelages).

Conférence de presse d’Edgar Feuchtwanger dans la mairie de Pessac. De gauche à droite, Irène Monlun (adjointe au maire déléguée à la vie associative et aux jumelages), Isabelle Dulaurens (adjointe au Maire de Pessac, déléguée à la culture, au tourisme et au patrimoine, membre du Conseil d’administration du Festival International du film d’Histoire), François Sztark (adjoint au maire, délégué à l’enseignement supérieur, à la recherche et au campus), Edgar Feuchtwanger et Bertil Scali.

 

Rencontre et débat au cinéma le Jean Eustache

Edgar Feuchtwanger a rejoint le public du Festival, au troisième étage du cinéma Jean Eustache, où il a été chaleureusement accueilli par François Aymé, commissaire du Festival et directeur du Jean Eustache. Cette rencontre-débat a été animée par Yoann Frontout et traduite par Antoine Dertle, directeur du département des études des mondes anglophones, devant une salle comble et dans une atmosphère pleine d’émotion.

Edgar a raconté de nombreux souvenirs, notamment le jour où Hitler lui a souri dans la rue, alors qu’il se promenait avec sa nanny. “Bien-sûr, a ironisé Edgar, Hitler ne savait pas que j’étais juif !” Il a raconté d’autres détails de sa vie sous le régime nazi : la façon dont il dessinait studieusement des croix gammées sur ses cahiers d’école, le meurtre de parents d’enfants de son âge lors de la Nuit des longs couteaux… et l’arrestation de son père au lendemain de la Nuit de Cristal, en novembre 1938, il y a 80 ans exactement.

Rencontre au cinéma Jean Eustache. De gauche à droite, Bertil Scali (coauteur et coréalsateur du film “Hitler, mon voisin”), Yoann Frontout (animateur), Edgar Feuchtwanger etet traduite par Antoine Dertle (directeur du département des études des mondes anglophones).

 

Projection au cinéma le Jean Eustache

Le film a ensuite été projeté dans une salle comble.

Plusieurs spectateurs sont venus saluer Edgar et partager des souvenirs de cette époque, directs ou indirects. Certains ont raconté comment leurs parents avaient vécu cette période. D’autres avaient leurs propres souvenirs. Par exemple la Péssacaise Françoise Clémenceau, 90 ans, résistante à Bordeaux à l’âge de 14 ans, qui se rappelle encore de son enfance dans les années 1930, lorsque sa famille hébergeait un enfant juif qui avait fuit l’Allemagne nazie ! Les yeux des spectateurs, comme ceux d’Edgar, étaient souvent humides.

De gauche à droite, Edgar Feuchtwanger, Bertil Scali

 

Réception au Chateau Pape Clément

Le soir-même, Edgar Feuchtwanger a été reçu au Château Pape Clément, où Alain Rousset (président du Conseil régional et président du Festival) a rendu hommage à Edgar dans un vibrant discours qui a été applaudi par la centaine d’invités présents dans la salle. Il est ensuite venu échanger avec Edgar à notre table, en présence d’Isabelle Delaurens (adjoint au maire chargée de la culture de la ville de Pessac), de Véronique Bolot (directrice de la communication de la ville de Pessac) et d’Astrid Dupont-Fauville (responsable des éditions déléguées au groupe Sud Ouest).

 

De gauche à droite, Edgar Feuchtwanger, Alain Rousset (président de la région Nouvelle-Aquitaine et président du Film international d’Histoire) et Isabelle Dulaurens (adjointe au maire de Pessac, déléguée à la culture, au tourisme et au patrimoine, membre du Conseil d’administration du Festival international du film d’Histoire).

 

 

Réception au Château Smith Haut Lafitte

Le samedi 14 novembre au soir, un nouvel hommage lui a été rendu par la Mairie de Pessac lors du dîner de clôture. Le maire de Pessac, Franck Raynal, a prononcé un très émouvant discours à l’attention d’Edgar, discours qui fut applaudi avec ferveur par les invités et les membres du Festival, avec notamment Alain Rousset, Jean-Noël Jeanneney (président d’honneur du Festival, historien, ancien président de la BNF) et François Aymé.

 

De gauche à droite, Franck Raynal (Maire de Pessac) et Edgar Feuchtwanger.

Edgar Feuchtwanger a été particulièrement ému par la force des applaudissements célébrant sa présence et son témoignage.

Franck Raynal l’a rejoint à sa table où étaient réunis Albert Roche (Président du Crif pour la région de la Nouvelle aquitaine), Astrid Dupont-Fauville, Isabelle Dulaurens et moi-même. Ce soir-là, de nombreuses personnes se sont déplacées afin de venir saluer Edgar Feuchtwanger à sa table.

 

 

De gauche à droite : Bertil Scali, Isabelle Dulaurens, Albert Roche, Edgar Feuchtwanger, Franck Raynal et Astrid Dupont-Fauville © Albert Roche

 

Bertil Scali, Emmanuelle Dulaurens, Albert Roche, Edgar Feuchtwanger et Fabien Leroy (Chef de cabinet du Maire de Pessac) © Albert Roche

 

De gauche à droite, Christophe Lucet (Sud Ouest) et Edgar Feuchtwanger.

 

De gauche à droite, Corinne Gonet (Château Haut-Bacalan) et Edgar Feuchtwanger.

La visite d’Edgar à Pessac a été organisée par Franck Raynal, Fabien Leroy, Irène Monlun, Véronique Bolot, directrice de la communication de la ville de Pessac, Céline Paquet, attachée de presse à la Mairie de Pessac, la fille d’Edgar, Antonia Cox, et les équipes de la Mairie et du Festival, que je remercie sincèrement.

 

Edgar Feuchtwanger à Château Smith Haut-Lafitte. Derrière, Bertil Scali et Antonia Cox, la fille d’Edgar, devant, Edgar et Astrid Dupont-Fauville.

Signature de l’ouvrage “Histoires de voyageurs” chez Galignani

Très sympathique séance de signature, le samedi 17 novembre 2018, en présence des équipes de Louis Vuitton, avec Julien Guerrier (directeur éditorial), Valérie Viscardi, (éditrice), Marie-Hélène Brunet-Lhoste (responsable d’édition), Nicola Michell et Alison Culliford (éditrices pour la langue anglaise). Merci à Danielle Cillien Sabatier (directrice de la librairie Galignani) et à toute son équipe, pour leur magnifique accueil, et à tous ceux qui ont eu la gentillesse et le courage de venir jusqu’à nous, malgré la gronde des gilets jaunes. Parmi eux : Sarah Lavoine (décoratrice) ; Franck Maubert, Marie-Virginie Dru, Emmanuelle Belohradski, Anne-Marie-Corre, Patricia Gandin (écrivains) ;  Gilles Dufour, Alexandra Sénes (mode) ; Raphaël De Andréis (publicitaire) ; Arabella Cruse,  Anna Jarota,  Virginie Fuertes, Philippe Scali (agents littéraires) ; Aude Lechère (joaillière) ; Astrid Renoult, Valérie Solvit (communicantes) ; Catherine Houard (galeriste) ; Sarah Huot, José Fosse, Christian Bouteiller, Patricia Trautmann (producteurs) ; Éléonore Thérond (graphiste) ; Jane Birkin, Lucas Scali “Eles”, Pierre Hinard (artistes musiciens) ; Foc Kan, Thierry Boccon-Gibod, Thomas Goldet, Gabrielle Crawford, Mathieu Trautmann (photographes) ;  Véronique Bourgoin, Juli Susin, Emmanuel Dougier, Adélaïde Kamir, Gilles Bourget (artistes) ; Eugénie Grimblat, Olivia Rodriguez (actrices) ; Lara Gaignault (thérapeute) ; Pierre de Panafieu (Écoles alsacienne) ; Patrick Hoüel, Marie-Laure Pandolfi, Constance Meyer (LVMH)  ; Tobore et Zoe Le-Ta (épouse et fils de Pierre Le-Tan) ; Astrid Dupont-Fauville-Scali (mon épouse). Merci aussi à tous ceux qui ont hélas été bloqués par les gilet jaunes en essayant d’arriver jusqu’à nous, mais qui, à défaut de pouvoir être présents, nous ont très chaleureusement témoigné leur amitié par mail, texto ou appel téléphonique.

 

Photo : Foc Kan/Getty Images

Retrouvez les photos de Foc Kan sur le site de Getty Images 

“Hitler, mon voisin” sélectionné au Festival international du film d’histoire. Projection en présence d’Edgar le 23 novembre 2018 à Pessac.

Le documentaire que j’ai écrit et coréalisé, “Hitler mon voisin : souvenirs d’un enfant juif », adapté de mon livre éponyme, a été sélectionné par le Festival du film international d’histoire et la Mairie de Pessac.
Le film sera présenté le vendredi 23 novembre 2018, à 20 h.
Mon grand bonheur est également de savoir qu’Edgar Feuchtwanger, qui fut le voisin d’Hitler de 1929 à 1939, viendra spécialement de Grande-Bretagne à Bordeaux pour participer à un débat et assister à la projection à Pessac.
Regards Croisés avec la Ville de Pessac
Vendredi 23 novembre 2018 – 20 h 00 – Cinéma Jean Eustache
En présence de Bertil Scali, Edgar Feuchtwanger, Marc Agostino
Regards croisés
Festival International du Film d’Histoire
Extrait du film sur le site de la Fondation pour la mémoire de la Shoah

Présentation vidéo de “Histoires de voyageurs”, par Louis Vuitton

Bags Unpacked: Pierre Le-Tan and Bertil Scali tell the stories of travelers around the world and reveal the secrets of their luggage.

An irresistible collection of the most glamorous, worldly and discerning travelers’ tales. Who packed ‘a thousand absolutely necessary suitcases’? Who rediscovered his notes for a perennial bestseller in a trunk at the Paris Ritz? Whose trunk contained a bed?

Here are around fifty intrepid travelers from the age of the steamer to the present: actors and heiresses, aristocrats and adventurers, rock stars, artists and fashion royalty, from Sarah Bernhardt to Sharon Stone, Tamara de Lempicka to Madonna, Paul Poiret to Karl Lagerfeld, Henri Matisse to Jeff Koons.

Pierre Le-Tan’s portraits perfectly complement Bertil Scali’s witty, entertaining stories, which unpack the bags of the famous and their first-class lifestyles for all to enjoy.

We could weave an invisible thread linking these artists, explorers and inventors whose paths often crossed, forming a kind of constellation, a cluster of life’s travelers, the aesthetes of travel.

Travellers’tales, la vidéo de Louis Vuitton

https://us.louisvuitton.com/eng-us/articles/travellers-tales

Un article de Gilles Pudlowski sur “Les histoires de voyageurs de Scali et Le Tan”

Des « histoires de voyageurs »? Des malles ouvertes, des secrets dévoilés, des portraits en demi-teintes, des carnets entr’ouverts, des confessions à mi voix… Sous le pinceau ou le crayon si subtil de Pierre Le Tan, sous le stylo ou la plume d’oie agile de Bertil Scali, Karen Blixen, Sofia Coppola, Isadora Duncan, Serge Gainsbourg, Ernest Hemingway, Suzanne Lenglen, Nadar, Paul Poiret, Elisabeth Taylor ou Luchino Visconti, parmi une cinquantaine de voyageurs, artistes, sportifs, comédiens ou écrivains se racontent ou s’expliquent. Leur vie est un vagabondage, leur histoire est un voyage, que ce magnifique album à deux voies ou voix invite à mieux connaître. Comme une splendide invitation à toutes les épopées obliques.

Histoires de Voyageurs, de Pierre Le Tan et Bertil Scali (Louis Vuitton/Thames & Hudson, 395 pages, 85 €)

Retrouvez l’article sur le site de Gilles Pudlowski

Sortie de notre livre “Histoires de voyageurs : à bagages ouverts”, éd. Louis Vuitton

Voici la 4ème de couverture de cet ouvrage co-édité par les éditions Louis Vuitton et Thames and Hudson :

Pierre Le-Tan et Bertil Scali révèlent les histoires des grandes personnalités en voyage et de leurs bagages qui renferment bien des secrets.

Un florilège irrésistible des chroniques de voyage les plus glamour et les plus sophistiquées. Qui a bouclé un millier de valises toutes absolument indispensables ? Retrouvé les notes d’un chef d’œuvre de la littérature dans une malle au Ritz, à Paris ? Transporté un lit dans une malle ? Ces pages voient défiler une cinquantaine de voyageurs intrépides, de l’âge d’or des transports à nos jours : acteurs et héritières, aristocrates et aventuriers, rock stars, rois de la mode et artistes, de Sarah Bernhardt à Sharon Stone, de Tamara de Lempicka à Madonna, de Paul Poiret à Karl Lagerfeld, d’Henri Matisse à Jef Koons. Les portraits sensibles dessinés par Pierre Le-Tan viennent en parfait contrepoint des textes de Bertil Scali,
qui ouvre le sac des célébrités et évoque leurs vies dans des récits pleins d’esprit.

ÉDITIONS THAMES & HUDSON – RELIÉ / 448 PAGES / 22 x 30 CM 200 ILLUSTRATIONS / NOVEMBRE 2018 85 € / 75£ / 95$

 

L’artiste Benoît Maire m’a invité à jouer dans son film “Le Mot origine”

Première expérience d’acteur, en compagnie de l’écrivain Thomas Clerc. “Le Mot origine” (2018), est un film écrit et dirigé par Benoît Maire, avec Thomas Clerc, Bertil Scali, Thomas Richard, David Charbit et Augustin Jallon. Images : Arnaud Maudru. Son : Loïc Lachaize. avec la participation du Poulailler d’Augustin, Wato entreprise, Fradin immobilier patrimoine, Capc Musée d’art contemporain.

 

Benoît Maire présente son travail du 8 mars au 2 septembre 2018 au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux dans une importante exposition monographique intitulée Thèbes. Regroupant près de 80 œuvres, l’exposition représente un nouveau chapitre pour l’artiste (né à Pessac en 1978) dont le travail, qui se situe au croisement de l’art et de la philosophie, procède d’une matérialisation plastique de ses théories esthétiques. Elle met en jeu sur un mode renouvelé les réflexions que Benoît Maire mène depuis 2008 sur le concept de différend, à l’aide duquel il explore, à travers une économie généralisée du collage, les points de disjonctions et les espaces d’irrésolution engendrés par la rencontre des objets et des concepts, de la matière et de la pensée.

Conçue comme un assemblage de trois séries − Peintures de nuages, Journaux de guerre et Châteaux − composées d’œuvres nouvelles parmi lesquelles peintures, sculptures, mobilier, objets du quotidien et films, elle soulève des interrogations sur la menace anxiogène et les dangers qui pèsent sur une société contemporaine en perpétuel questionnement d’elle-même.

La question de l’origine de l’Homme, des objets qu’il produit et dont il s’entoure, traverse l’exposition, qui par son titre, Thèbes, fait référence à la ville grecque, dont la mythologie rappelle qu’elle fut un temps prise au piège d’une question posée par une Sphinx qui terrorisait ses habitants. Le projet de l’artiste repose sur une analogie entre la ville et l’exposition, toutes deux aux prises avec une énigme à laquelle elles ne savent pas répondre.

Issues d’une série commencée en 2012, par le biais de laquelle l’artiste établit un parallèle entre l’espace – mouvant, insaisissable et propice aux projections de l’imagination – de la peinture et celui du nuage, les Peintures de nuages de Benoît Maire traduisent sa vision ontologique de la peinture.

Dans sa série de Journaux de guerre – quotidiens de la période de la Seconde Guerre mondiale que l’artiste achète en ligne et qu’il présente encadrés après leur avoir fait subir l’intervention minimale d’entourer un mot de leur page de garde – Benoît Maire analyse le vocabulaire du conflit en train de s’écrire et met ce faisant en exergue certaines constantes ou différences qui lui permettent de comparer les usages de la parole à travers les époques. La réalité historique de la guerre de 1939-45, relatée par les journaux, est ainsi filtrée par sa lecture contemporaine, qui cherche à trouver un concept fort et opérant dans le réel d’une guerre en train de se dire, de s’imaginer et de s’écrire dans le contexte international actuel, et qui autorise par exemple les dirigeants politiques des territoires victimes d’attentats terroristes sur leur sol à parler « d’état de guerre ».

Quant aux Châteaux, petites constructions architecturales en laiton associant le plus souvent des typologies d’objets antinomiques (naturels/ready-mades, archaïques/technologiques, etc.), ils mettent l’accent sur le caractère énigmatique des objets manufacturés, artistiques (faits par l’artiste), fonctionnels (le mobilier que l’artiste réalise pour la marque Ker-Xavier) ou naturels (fossiles, coquillages, etc.) qui peuplent ses expositions et dont l’origine est aussi floue que le mélange est déroutant. Benoît Maire les décrit comme des sphinx qui nous posent des questions sur l’origine de leur condition d’existence et qui sont, tout comme Thèbes, menacés d’ignorance.

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Publication :

Réalisation graphique du studio londonien Åbäke, la première monographie de référence consacrée à l’artiste est publiée à l’occasion de l’exposition de Benoît Maire au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux. Elle revient sur près de quinze ans de carrière de l’artiste et comprend des textes critiques de Mieke Bal et de Magali Nachtergael, un essai visuel de Vincent Honoré et une interview de Rahma Khazam.

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En parallèle :

Nature Morte
ou le préfixe conceptuel de l’art romantique
Avec des œuvres de : Nina Beier, Mark Ge riaud, Rolf Julius, Benoît Maire, Tania Perez Cordova, Evariste Richer.

Exposition collective au Centre d’art Chasse-Spleen, organisée par Benoît Maire. 07.03 – 30.10.2018

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Depuis 2008, Benoît Maire a entamé la rédaction d’un manuel d’esthétique, où prennent forme des images, des objets et des écrits afin de mettre en exergue quelques-uns des enjeux principaux de l’esthétique contemporaine. En partant du différend (un conflit insurmontable) entre le dire et le voir, Benoît Maire travaille dans un entre-deux où l’art et la philosophie fusionnent en un usage pratique où les formes s’étendent et se surpassent. Ni philosophie, ni art, l’Esthétique des différends cherche à corrompre les formats traditionnels avec l’utilisation expérimentale de la théorie.

Né en 1978 à Pessac, Benoît Maire est diplômé de la Villa Arson, Nice et de la Sorbonne, Paris I.
Il réalise des expositions, des publications, des projections filmiques et des performances. Il collabore avec d’autres artistes, ainsi que des philosophes et musiciens. Benoît Maire participe à la Baltic Triennale Give Up the Ghost en mai 2018.

Benoît Maire est le lauréat du 1% artistique de la future MÉCA (Maison de l’économie créative et de la culture en Nouvelle-Aquitaine), pour laquelle il réalisera une sculpture monumentale extérieure représentant une demi-tête d’Hermès en bronze.

 

“Hitler, mon voisin”, paru aux États-Unis, a été chroniqué dans le “New Yorker”

Hitler, My Neighbor, by Edgar Feuchtwanger with Bertil Scali, translated from the French by Adriana Hunter (Other Press).

In this disquieting coming-of-age story, narrated in the voice of the author’s childhood self, Feuchtwanger unfolds the surreal tale of the decade he spent living across the street from Hitler’s Munich apartment, from 1929 to 1939. Born to proudly German secular Jews, he had barely grasped that he was Jewish before he heard that Jews were evil and not really German. He can’t wrap his mind around the contradictions, but neither can many adults. Illuminating how it was possible for so many to be so confused is the book’s great achievement; young Edgar, seeing his famous neighbor frequently around town, can hardly believe that he truly means what he says on the radio.

 

 

 

 

Richard Branson m’a accordé une interview pour Paris Match

 

Sa spécialité reste l’incroyable. Les défis de l’impossible. A 16 ans, il fonde un magazine pour jeunes ; à 20 ans, il vend des disques par correspondance sous la marque Virgin ; à 23 ans, il est millionnaire. Depuis, il a signé les Stones, acheté une île, traversé en ballon l’Atlantique et le Pacifique, créé une compagnie aérienne, des lignes de chemin de fer et des centaines d’autres business dans presque tous les domaines. De passage à Paris pour sauver la planète, avec ses amis Bill Gates et Michael Bloomberg, il a partagé avec nous un sandwich jambon-beurre et des rêves de science-fiction.

Retrouvez l’article sur Paris Match

“Hitler, mon voisin”, chroniqué dans Newsweek

“Newsweek Magazine” : “Écrit comme un journal, “Hitler, mon voisin” raconte l’Allemagne des années 1930 d’une façon inédite, avec des descriptions d’Hitler dans des situations quasi-privées décrite d’un point de vue particulier. Le récit a le charme du regard d’un enfant et la précision d’un travail d’historien.”

Newsweek Magazine  has published the feature of HITLER, MY NEIGHBOR online here. The piece will also appear in the December 15 print issue. It includes a nice quote: “Composed of diaristic vignettes, Hitler, My Neighbor offers a singular portrait of 1930s Germany, unique both for its intimate glimpses of Hitler in semi-private moments and for its point of view. The narrative unfolds from a child’s perspective but benefits from an adult historian’s attention to detail.”

Conférence avec Edgar Feuchtwanger à l’University of Southern California de Los Angeles

On Wednesday 15 of Novembre 2017, USC university presented “Hitler, My Neighbor” authored by eminent historian Edgar Feuchtwanger. The memoir, co-written with French journalist Bertil Scali, gives the account of the Nazi rise to power from Feuchtwanger’s unique perspective as a young boy from a prominent German Jewish family living in Munich with Adolf Hitler as his neighbor for nine years. In this time Germany was transformed into a dictatorship, and in 1939 Feuchtwanger (now 93) fled to England where he would go on to become a respected professor of history. Amazingly, he has said, the Nazis never figured out that prominent novelist Lion Feuchtwanger, despised by Hitler, was his uncle. If they had, he would not have been present to introduce the English edition of his book published this month to the over 150 guests in attendance. The successful event was organized by USC’s Exile Studies Librarian, Michaela Ullmann, and moderated by USC Professor of History, Paul Lerner.

Conférence à USC (University of Southern California, Los Angeles)

On Wednesday 15 of Novembre 2017, USC university presented “Hitler, My Neighbor” authored by eminent historian Edgar Feuchtwanger. The memoir, co-written with French journalist Bertil Scali, gives the account of the Nazi rise to power from Feuchtwanger’s unique perspective as a young boy from a prominent German Jewish family living in Munich with Adolf Hitler as his neighbor for nine years. In this time Germany was transformed into a dictatorship, and in 1939 Feuchtwanger (now 93) fled to England where he would go on to become a respected professor of history. Amazingly, he has said, the Nazis never figured out that prominent novelist Lion Feuchtwanger, despised by Hitler, was his uncle. If they had, he would not have been present to introduce the English edition of his book published this month to the over 150 guests in attendance. The successful event was organized by USC’s Exile Studies Librarian, Michaela Ullmann, and moderated by USC Professor of History, Paul Lerner.

“Hitler, mon voisin”, dans Time Magazine

Growing Up Jewish on Hitler’s Block: ‘Our Neighbor’s a Dangerous Man’

By Edgar Feuchtwanger and Bertil Scali November 7, 2017
The following is an excerpt from Hitler, My Neighbor: Memories of a Jewish Childhood, 1929-1939 by Edgar Feuchtwanger with Bertil Scali, translated by Adriana Hunter. In this passage, Feuchtwanger — who grew up Jewish in Munich, across the street from Adolf Hitler’s house — recalls the lead-up to the 1930 elections that saw the Nazi party gain a serious foothold in the Reichstag:

Retrouver l’article sur Time.com

“Hitler, mon voisin” dans The New York Journal of Books

New York Journal of Books site today. I particularly love the quote: “Feuchtwanger is an excellent writer. He wisely focuses on the senses, an especially significant technique for authors of childhood experiences. He sees the world through the eyes of a child, yet delivers from the aspect of an adult trained in writing history. The result is an exceptionally powerful and emotionally charged story.”

You can find the link here.

“An exceptionally powerful and emotionally charged story.”

“You can’t walk along the sidewalk in front of Hitler’s house now because there are barriers—and behind them soldiers standing to attention, watching the Mercedes cars in the street. I recognize the guards because I pass them every day, but they don’t notice me, an invisible little Jewish boy. I have been walking past this building all my life and I watch them closely. I imagine what it must be like being Hitler. I wonder what he eats for breakfast. I see his shadow pass behind a window frame. He hates us. He hates me. Without even knowing I exist.”

In 1924, Edgar Feuchtwanger was born to Jewish parents in Munich, Germany. During his first five years, Edgar plays with toys, listens to his mother playing piano, and eavesdrops on adult conversations between his editor father and his famous uncle, author Lion Feuchtwanger.

Across the street, a new neighbor with a little black mustache moves in and keeps to himself. For the next ten years, Edgar chronicles his life as a young Jewish boy in Nazi Germany, living next door to Adolf Hitler. Through these years, Edgar watches the famous Hitler from his home as the world around him crumbles.

At age 91 today, Edgar might be the only German Jew alive who grew up within an arm’s reach of Hitler. As history strutted patiently past Edgar’s windows, he and his family grew ever more frightened. The danger of being a Jew in Nazi Germany is not to be understated. But to live across the street from the Fuhrer himself was astonishing.

Edgar’s father, Ludwig, misread the Nazi menace. Like so many other Jewish heads of family, he assumed that this Nazi menace would soon dissipate. It did not.

In school, Edgar was forced for hours at a time to stand with arm out in the Nazi salute. Painful as it was, Edgar was not terrified. He was not forced to join the Hitler Youth, as his friends had been required to do. But he was forced to copy the swastika many times and to honor the government that increasingly made Jews the most despised people in the nation.

On Kristallnacht, Edgar’s father was arrested and interned at Dachau. Amazingly, the camp administration failed to comprehend that Ludwig’s brother was the famous author, Lion Feuchtwanger, who was hated by Nazis.

In 1939, just before Nazi Germany attacked Poland and WWII began in earnest, Edgar was sent on his own to England, where his family eventually found refuge. There he found a new life, a new career, a wife, and a new family of his own.

Edgar studied at Cambridge University and taught history at the University of Southampton until he retired in 1989. His major works include From Weimar to Hitler, Disraeli and Imperial Germany 1850–1918. In 2003 he received the Order of Merit of the Federal Republic of Germany for promoting Anglo-German relations.

When he was 88, Edgar decided that it was time to recall his childhood and his famous neighbor and to produce a book about those experiences. This book is the result. It is a historian’s view of the Nazi rise to power, but through the eyes of a child, from ages five to fifteen. Edgar went from a pampered five year old in an upper middle class home in Munich to a frightened, disparaged child whose Jewish family barely survived by leaving Germany.

This is a well-written, cogent book about ten years in the life of Edgar Feuchtwanger. By the time he was 15, he fully realized the danger that Nazis brought to Jews in Europe. Edgar writes from the heart and the mind. His recollections are both thorough and extremely well reproduced, making the book read like these important scenes had just occurred and with frightening detail.

Added to the effective manuscript are pages of pictures of Edgar, his family, the neighborhood, and Hitler. This enhances the value of the manuscript for visual learners. Feuchtwanger is an excellent writer. He wisely focuses on the senses, an especially significant technique for authors of childhood experiences. He sees the world through the eyes of a child, yet delivers from the aspect of an adult trained in writing history. The result is an exceptionally powerful and emotionally charged story.

 

Sortie aux États-Unis de “Hitler, mon voisin” (éd. Other Press)

An eminent historian’s account of the Nazi rise to power from his unique perspective, that of a Jewish boy in Munich, living with Adolf Hitler as his neighbor.

Edgar Feuchtwanger came from a prominent German Jewish family, the only son of a respected editor and the nephew of the writer Lion Feuchtwanger. He was a carefree five-year-old, pampered by his parents and his nanny, when Adolf Hitler, the leader of the Nazi Party, moved into the building across the street in Munich.

In 1933 his happy young life was shattered. Hitler had been named Chancellor. Edgar’s parents, stripped of their rights as citizens, tried to protect him from increasingly degrading realities. In class, his teacher had him draw swastikas, and his schoolmates joined the Hitler Youth.

Watching events unfold from his window, Edgar bore witness to the Night of the Long Knives, the Anschluss, and Kristallnacht. Jews were arrested; his father was imprisoned at Dachau. In 1939 Edgar was sent on his own to England, where he would make a new life, a career, have a family, and try to forget the nightmare of his past—a past that came rushing back when he decided, at the age of eighty-eight, to tell the story of his buried childhood and his infamous neighbor.

Retrouvez le livre chez l’éditeur Other Press

“Hitler, mon voisin”, dans le New York Times

Edgar Feuchtwanger during his recent visit to New York. CreditNicole Bengiveno/The New York Times

To be a Jew in Germany in the 1930s was not comfortable. Edgar Feuchtwanger, a schoolboy in Munich at the time, knew the fear and the dread shared by all German Jews witnessing the unstoppable ascent of a madman. Yet his situation was different. Very different.

In 1929, Adolf Hitler moved into Mr. Feuchtwanger’s neighborhood. With money from his publisher, Hitler took a nine-room apartment on the third floor of No. 16 Prinzregentenplatz (Prince Regent Square). It was luxurious, with two bathrooms and two kitchens. Edgar, 5 years old, could see it from his window, a building not 100 yards away on Grillparzerstrasse. And for the next nine years, until the Feuchtwangers fled Germany in 1938, Edgar lived virtually side by side with a man bent on exterminating him, his family and every family like his, not only in Germany, but as far as the Reich could extend its dominion.

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Mr. Feuchtwanger as a boy.CreditFeuchtwanger Family

Mr. Feuchtwanger (FOISHT-vanger), whose memoir, “I Was Hitler’s Neighbor,” was published last year in translation in Britain, will speak about his childhood, and the man who cast his shadow over it, at the 92d Street Y on Friday at 2 p.m. The book, originally in French, has not been published in the United States.

Today, at 91, he could well be the last German Jew alive who grew up within arm’s reach of Hitler and observed him day to day, if only in fleeting glimpses. Speaking in a relative’s apartment in Midtown on Wednesday, Mr. Feuchtwanger, a historian who taught for 30 years at the University of Southampton, in England, and now lives in a village near Winchester, recalled his brushes with Hitler, and some of the turning points in 20th-century history. He brought with him, in a manila envelope, notebooks from his days at the Gebele School in Munich, filled with assignments on patriotic themes and decorated, here and there, with tributes to the leader whom Germans were learning to call Führer.

The neighborhood, he said, was stocked with Nazis. On his way to school, he walked past the villa of Heinrich Hoffmann, Hitler’s photographer, the man who introduced Eva Braun, then his shop assistant, to Hitler. Often, he caught a glimpse of Hitler lounging in a deck chair in the garden. Not far away was the house of Ernst Röhm, head of the Nazi Party’s paramilitary wing.

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Mr. Feuchtwanger with his daughter Antonia Cox and one of his grandsons, Thomas, in New York.CreditNicole Bengiveno/The New York Times

“He is somewhat forgotten today,” Mr. Feuchtwanger said, speaking slowly, with the hint of a German accent. “But at the time he was considered the second man in the Reich, the only one whom Hitler had to address with some respect. When he spoke to Hitler he did not call him ‘mein Führer,’ but used the informal ‘du.’”

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Röhm was soon out of the picture, arrested personally by Hitler on June 30, 1934, in the purge known as the Night of the Long Knives. Mr. Feuchtwanger knew of it long before most of his fellow Germans. Hearing jackboots and slamming car doors, he went to the window and saw SS officers assembling a motorcade for the short trip to Hanselbauer Hotel in Bad Wiessee, where Röhm and his followers were staying.

“Even as a small boy I could sense the tremendous, hot tension there was around,” Mr. Feuchtwanger wrote in his memoir. “That public events could produce such tension, that gripped one’s throat, almost took one’s breath away, is now practically unknown to the present generation.”

Mr. Feuchtwanger’s first memorable encounter with Hitler himself occurred when he was 8. He and his nanny, out for a stroll, began walking down Prinzregentenstrasse.

“Just as we passed his front door, Hitler came out, wearing a mackintosh and a trilby hat,” Mr. Feuchtwanger said. “There were some people in the street who shouted ‘Heil Hitler.’ Then he looked at me and my nanny, quite benevolently.”

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One of Mr. Feuchtwanger’s childhood notebooks.CreditNicole Bengiveno/The New York Times

Mr. Feuchtwanger paused for a moment and said, “If he had known who I was, it would have been quite different.”

Indeed. The name Feuchtwanger was well known to Hitler and the Nazi Party, and not in a good way. Edgar’s father, Ludwig, was not the problem. As the director of Duncker & Humblot, a distinguished publishing house specializing in books on economics and sociology, he was objectionable only because he was a prosperous Jew. Racial laws forced him out of the business in 1936.

Ludwig’s brother, Lion, was another matter. At the time, he was probably the most-read novelist in Germany, the author of “Jud Süss” (“The Jew Süss”), a historical novel about the financial adviser to Duke Carl Alexander of Württemberg in the 18th century. The novel, published in 1925, was later twisted into a viciously anti-Semitic film by the Nazis, released in 1940.

More offensive to the Nazi Party was his novel “Success.” Set in Bavaria in the 1920s, it included a satirical portrait of Hitler, inserted into the novel as Rupert Kutzner, a rabble-rousing garage mechanic who creates a political movement, the Truly German Party.

When “Success” was published in 1930, Joseph Goebbels announced in his newspaper, Der Angriff, that the author had just earned a seat on the first train out of Germany when the Nazis came to power. The novel featured prominently in the book burnings of May 1933. Goebbels himself turned up for the bonfire in Berlin. By chance, Lion was in the United States on a lecture tour when Hitler became chancellor, but his brother, back in Germany, bore the family name.

It was not until the mid-1930s, Edgar Feuchtwanger recalled, that Hitler assumed his full dimensions. It was still possible to walk on the sidewalk in front of Hitler’s building. Hitler had not yet taken to wearing a military uniform at all times in public or traveling in motorcades.

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One of Mr. Feuchtwanger’s childhood notebooks.CreditNicole Bengiveno/The New York Times

After he became chancellor in 1933, things changed. Mr. Feuchtwanger’s mother now complained that she could not get milk because the deliveryman was steering extra bottles to Hitler. SS guards moved into the apartment below his and took up positions on the sidewalk outside. Pedestrians were made to cross to the other side of the street.

History paraded past young Edgar’s window. He saw the fleet of long, six-wheeled Mercedes gather to depart for the annexation of Austria in 1938 and, several days later, watched as Hitler, standing erect, holding onto the windshield of his open car, greeted adoring crowds.

Later that year, he watched Mussolini’s car taking him from the four-power conference that led to the signing of the Munich Agreement. “I would join in the crowds to see what was going on,” Mr. Feuchtwanger said, recalling the periodic commotion on the square outside Hitler’s building.

Ludwig Feuchtwanger, like many Jews, misread Hitler at the outset. He believed that German Jews could reach some sort of livable, stable accommodation with the regime. “My parents did talk about the political situation, and I knew more about it than 8-year-olds do today,” Mr. Feuchtwanger said. “I knew that he was no good for us. But I wouldn’t say I was terrified.”

At school, Mr. Feuchtwanger was not tormented, by teachers or fellow students, although Nazification reached full steam by the time he entered the prestigious Maximilian Gymnasium in 1935. He was spared having to enroll in the Hitler Youth, obligatory for his non-Jewish classmates. But he did have to stand for hours at a time, arm outstretched in the Nazi salute, at school rallies organized by the party. “The way you go through it was to rest your arm on the shoulder of the chap in front of you,” he said.

He brought out two of his school notebooks. In the opening page of the first, to commemorate Labor Day 1933, he had inscribed a large swastika superimposed over the Communist hammer.

“I had a teacher who was over the moon about the Nazi takeover,” he explained.

Political reality sank in on Kristallnacht, in November 1938, when Edgar’s father was arrested and interned at Dachau. Amazingly, the camp administration failed to make the connection between his name and that of the author of “Success.” Six weeks later he was released and began making plans to take his family out of Germany. “He knew it was curtains,” Mr. Feuchtwanger said. Nearly all the Feuchtwangers escaped. One of Ludwig’s eight siblings, a half sister, died in Theresienstadt.

At 14, Edgar Feuchtwanger adopted a second life as an honorary Englishman. He studied at Winchester School, where classmates called him “fish finger” and “Volkswagen.” He earned a doctorate in history at Magdalene College, Cambridge, and went on to write studies of the Victorian era, including biographies of Gladstone and Disraeli, and histories of modern Germany, up to the Nazi seizure of power.

He reached again for a notebook. In this one, from 1934, he honored Hitler on his 45th birthday by pasting in a glowering portrait of the Führer, adorned with a Nazi eagle and swastika. Mr. Feuchtwanger smiled. “Just think, it was a Jewish child who did this,” he said.

Correction: June 4, 2016 
An article on Friday about Edgar Feuchtwanger, author of the memoir “I Was Hitler’s Neighbor,” misstated Hitler’s address in Munich when he moved into Mr. Feuchtwanger’s neighborhood in 1929. It was 16 Prinzregentenplatz (Prince Regent Square), not 16 Prinzregentenstrasse (Prince Regent Street).