Marc Zuckerberg, la biographie, dans Les Echos

Dans la tête de Mark Zuckerberg.

 

LIVRE – Un portrait sans concession du fondateur de Facebook, passé du statut d’enfant prodige de la Silicon Valley à celui de symbole des dérives sur les données personnelles.

(…)

Ce n’est pas le moindre intérêt de cette biographie complète, signée par Daniel Ichbiah, que d’éclairer les déboires récents de ce drôle de patron « qui sait tout de nous, mais dont nous ne savons presque rien » tant il se protège. Tout y est, des  fake news de la dernière présidentielle américaine aux clashs avec les anciens partenaires, en particulier sur la question des revenus publicitaires, centrale depuis l’entrée au Nasdaq en 2012. Même si le livre est paru juste avant la dernière polémique en date – les révélations par le « New York Times »  d’une campagne de dénigrement orchestrée par les dirigeants de Facebook contre des personnalités ayant critiqué le groupe -, il permet de comprendre comment le roi des réseaux sociaux a pu en arriver là.

Une ascension « supersonique »

Fort d’une culture des nouvelles technologies qu’il cultive depuis les années 1980, le biographe de Bill Gates (« Bill Gates et la Saga de Microsoft », 1995) et de Steve Jobs (« Les Quatre Vies de Steve Jobs », 2011) resitue parfaitement les décisions actuelles de « Zuck » à l’aune de sa courte mais « supersonique » ascension – quatorze années lui ont suffi pour se hisser, à trente-quatre ans, au troisième rang des fortunes mondiales, selon le classement 2018 de « Forbes ».

En 320 pages très vivantes, l’écrivain-journaliste dresse de celui que certains surnomment désormais ironiquement « Suckerberg » (un jeu de mot dérivé de « it sucks », « ça craint ») un portrait « mesuré », plus positif que celui dressé en 2010 par Ben Mezrich

(…)

Ichbiah décrit simplement, avec force anecdotes, cette personnalité ambiguë tiraillée entre la volonté sincère d’améliorer le monde – le mantra de la Silicon Valley – et celle de le dominer. Enfant, il raffolait du jeu de stratégie Risk, qui lui permettait de se mesurer à Jules César pour conquérir la planète. Jeune patron, il terminait les réunions par son slogan fétiche – « Domination du monde ! » – devant des salariés désarçonnés par les manières peu orthodoxes de ce piètre manager.

(…)

Ichbiah a, par le passé, souvent dénoncé l’irresponsabilité sociétale des géants d’Internet (Facebook, mais aussi Google, Twitter ou Wikipédia) qui n’assument pas les conséquences parfois très graves de leurs services sur la vie des utilisateurs. La critique vaut pour celui qui est à la fois un philanthrope généreux et un chef d’entreprise irréfléchi, parfois méprisant.

Appliquant à Zuckerberg une question qu’il aime se poser face aux interlocuteurs inclassables, le biographe se demande sur son site s’il lui ferait confiance en tant que baby-sitter. Sa sympathie pour lui est tempérée par de nombreux doutes. Zuck est certes un jeune papa plein d’égards envers sa famille, mais son esprit toujours en éveil a une forte tendance à se disperser et à s’ennuyer. Et s’il se mettait à coder, à réfléchir à de nouvelles fonctionnalités, voire à se livrer à des expérimentations fantasques sur le bébé ? Sans doute servirait-il plus tard aux parents outrés la même excuse aussi infantile qu’inacceptable qu’à Mossberg et au Congrès : « Je suis désolé. »

Isabelle Lesniak

https://www.lesechos.fr/idees-debats/livres/0600191713534-dans-la-tete-de-mark-zuckerberg-2224286.php

“Mark Zuckerberg : la biographie”, dans Challenge

“Sweat à capuche, claquettes aux pieds, allure timide d’étudiant mal à l’aise. Tout le monde sait à quoi ressemble Mark Zuckerberg. Pourtant personne n’arrive à saisir la personnalité de l’énigmatique créateur du réseau social aux plus de 2 milliards d’amis. Daniel Ichbiah réussit dans son très complet Mark Zuckerberg, la biographie (La Martinière) à révéler une esquisse de celui qui peut faire ou défaire désormais les présidents américains depuis l’élection dopée aux “fake news” de Donald Trump.

Pour avoir une idée du phénomène, il suffit de constater qu’aux États-Unis, une minute sur quatre du temps de cerveau disponible sur mobile est consacrée à l’univers Facebook que ce soit sur WhatsApp, Messenger, Instagram ou bien sûr via le réseau social amiral. Le modèle publicitaire de Facebook a dû traverser l’épreuve de Cambridge Analytica, de la directive RGPD sur les données personnelles ou encore des fuites de données. En perdant quelques plumes au passage avec une valorisation ayant fondu de 38% au cours des cinq derniers mois. Pourtant la création de valeur est limpide si on écoute le Zuck de novembre 2007: “Rien n’influence davantage une personne que les recommandations d’un ami en qui il a confiance. Une recommandation fiable, voilà le Graal de la publicité”.

 

https://www.challenges.fr/high-tech/cassant-megalo-immoral-qui-est-vraiment-mark-zuckerberg_629711

Daniel Ichbiah sur BFMTV pour “Marc Zuckerberg : la biographie” (éditions de La Martinière)

BFMTV s’intéresse au success story du fondateur de Facebook avec Daniel Ichbiah, auteur du livre “Mark Zuckerberg : la biographie”.

 

Qui dit Mark Zuckerberg dit Facebook, ça on le sait ! Mais que peut-on savoir d’autre sur lui ? Mark Zuckerberg est une personne très discrète. C’est un milliardaire qui n’aime pas l’argent. Sa vie privée est assez banale parce qu’en fait, il préfère toujours vivre comme à l’époque où il était étudiant. Comment vit-il sa carrière ? Quid de son parcours ? – Pour en parler: Daniel Ichbiah, auteur du livre “Mark Zuckerberg, la biographie”. – Good Morning Business, du jeudi 1er novembre 2018, présenté par Stéphane Soumier, sur BFM Business.

 

Daniel Ichbiah sur BFMTV pour “Marc Zuckerberg : la biographie”

 

 

“Mark Zuckerberg : la biographie”, un ouvrage de Daniel Ichbiah édité par Litcom

Rabbin des bois sur Radio Campus

La sécurité sur internet est un problème dont on ne perçoit que rarement l’importance. L’irréel de la toile, c’est l’océan du pirate qui vient à l’abordage de la matinale de 19h. A l’occasion de la sortie de son ouvrage « Confessions d’un hacker », Rabbin des Bois nous parle de l’envers de l’écran. Ce hacker s’engage à éveiller les consciences après ses années de criminalité sur le net. En dehors des crimes passés, Rabbin des Bois nous parle de responsabilité numérique, et des secteurs de développement socio-professionnel par le web.

« La criminalité est en train de passer de la rue au clavier. »

 

 

Rabbin des Bois à Radio Campus

Rabbin des bois : “J’ai eu le déclic après m’être fait recaler trois fois de Sciences Po” (Sud Radio)

Hacker et auteur du livre Lève-toi et code, Rabbin des bois était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce mardi pour évoquer son activité numérique.

Rabbin des Bois chez Sud Radio
Rabbin des Bois chez Sud Radio

“Être hacker, c’est un état d’esprit. C’est avant tout voir quelque chose de cassé, un système qui fonctionne mal par exemple, et ne pas pouvoir s’empêcher de faire quelque chose. On va soit exploiter ce dysfonctionnement, soit le réparer”. Au micro de Sud Radio, celui qui se fait appeler Rabbin des bois et qui arrive masqué en studio expliquer longuement le cheminement qui l’a poussé à devenir hacker, un choix auquel il ne se destinait pas à l’origine.

“J’ai toujours essayé d’avoir une intégration sociale par l’excellence académique, essayer d’avoir le plus de diplômes possibles dans de bonnes écoles, ce qui est censé vous mener normalement à une intégration. En l’occurrence, ça ne s’est pas passé comme ça pour moi et c’est sur Internet que j’ai été accepté. D’un point de vue professionnel, je voulais plus m’orienter à la base vers la politique ou le business. J’ai été recalé de HEC et de Sciences-Po Paris, et j’ai été plus ou moins forcé d’en arriver à ce choix-là quand j’ai vu que c’était ma seule option d’intégration”, raconte-t-il.

“Sciences Po a porté plainte et n’a pas forcément vu l’aspect bienveillant derrière”

“J’ai eu le déclic à partir du moment où je me suis fait recaler trois fois de Sciences Po Paris, l’école que j’essayais d’intégrer. Au moment où j’ai trouvé une faille sur leur site, j’ai vu une opportunité de pouvoir lier mes deux vies. Ça ne s’est pas passé comme prévu, Sciences Po a porté plainte et n’a pas forcément vu l’aspect bienveillant derrière l’aide que j’essayais de leur apporter”, ajoute celui qui indique n’être parti de presque rien. “J’avais quelques notions de codage, en apprenant de manière autodidacte tout seul devant l’écran. J’ai aussi eu beaucoup de chance en rencontrant et en m’entourant de bonnes personnes pour pouvoir avoir l’aventure numérique la plus complète”, reconnaît-il.

Plus qu’un métier, être un hacker implique avant tout d’avoir une conscience numérique selon lui. “Réaliser que sur Internet il y a des opportunités, des responsabilités mais aussi des risques à partir du moment où quelque chose est connecté”, souligne-t-il. “On est dans un climat de cyber-guerre mondiale : tous les gouvernements, tous les groupes sont sur le cyber-terrain à récolter des informations et à accumuler de la data. (…) Aucun système ne peut avoir une protection infinie et illimitée. Chaque ligne de code codée par l’être humain est vouée à être démantelée, analysée, étudiée, ce qui alimente une guerre sans fin. Le système bancaire actuel notamment alimente une grande partie de la cybercriminalité”, ajoute-t-il.

“Aujourd’hui, je vends des services sur les réseaux sociaux”

Quant au caractère illicite de nombreuses activités des hackers, Rabbin des bois assure ne plus y être lié. “J’ai arrêté toute activité illégale, sinon je ne serai pas ici ! J’ai été contacté par des entreprises privées mais je voulais vraiment travailler pour le peuple et essayer de transmettre le message de la conscience numérique pour que les gens réalisent à quel point c’est important en 2018. (…) Je vends des services sur les réseaux sociaux. Pour les personnalités publiques ou les entreprises, c’est très intéressant de développer sa visibilité. Donc je vends des followers, des likes, des vues, sur tous les réseaux sociaux. Ce n’est pas illégal, sinon je ne l’aurais pas fait, mais ça va à l’inverse des conditions d’utilisation des réseaux sociaux”, déclare-t-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview de Rabbin des bois dans le Grand Matin Sud Radio

Rabbin des bois, le hacker repenti qui met en garde sur les cyber-dangers (RTL)

Ce pirate 2.0, qui a travaillé sur le dark Web, vient de publier le livre “Lève-toi et code, confessions d’un hacker”. Il se veut un lanceur d’alerte pour informer sur les dangers d’Internet.

PUBLIÉ LE 21/05/2018 À 10:52 MIS À JOUR LE 21/05/2018 À 12:33
Il est question d’internet dans la presse ce lundi 21 mai au matin. Le pire du net c’est à lire ce matin dans Le Parisien Aujourd’hui en France. Une interview de Rabbin des bois, c’est comme ça que s’est baptisé ce pirate 2.0. Dans un livre, ce hackeur de 25 ans raconte comment pendant des années, il a volé des millions de données, escroqué des multinationales.

C’est le cas de Paypal par exemple, le pirate a vendu par petites annonces des téléphones jamais livrés. “À 13 ans, raconte-t-il, je voulais gagner 10.000 euros par mois, quand je les ai eus, je voulais gagner 10.000 euros par jour.” Aujourd’hui et après avoir gagné beaucoup d’argent, le jeune homme dit vouloir mettre en garde les internautes, jouer les lanceurs d’alerte contre les cyber-dangers. Ses conseils : surtout ne jamais utiliser deux fois le même mot de passe. Quant à ceux qui ont déjà raconté toute leur vie sur le net, via Facebook ou autre, c’est, dit-il, fichu.

 

Un hacker repenti prédit un cyber-11 Septembre d’ici cinq ans (Le Parisien)

Dans « Lève-toi et code »*, « Rabbin des bois » raconte ses dix ans passés à pirater. Aujourd’hui, après avoir gagné énormément d’argent, il se proclame lanceur d’alerte et met en garde contre les dangers du dark Web.

Quand un hacker sort du bois, forcément, on a envie de le rencontrer. Mais interviewer « Rabbin des bois » – c’est son pseudo – est compliqué car le jeune homme tient à son anonymat. Quand il accepte enfin de venir dans les locaux du Parisien-Aujourd’hui en France, c’est sous condition : être masqué, méconnaissable.

Evidemment, quand ce hacker s’est présenté au siège de notre journal, Borsalino gris tombant sur de larges lunettes de soleil, et masque noir sur le bas du visage avec fermeture éclair imprimée en guise de bouche… les services de sécurité ont fait barrage. « Je suis habitué », s’amuse le jeune homme qui vient de publier le 16 mai ses mémoires de hacker : « Lève-toi et code »*. Un livre d’alerte qui tombe à pic, quelques semaines après le scandale Facebook-Cambridge Analytica, pour nous mettre en garde contre ce qui se trame dans les tréfonds du Web.

Enfant de Chevilly-Larue, dans le Val-de-Marne, Rabbin des bois a plongé à 15 ans dans le « dark Web », le côté obscur de la toile. Durant dix ans, il a pillé les données personnelles sur les sites de grandes écoles, d’assureurs, exploitant les failles d’acteurs de premier plan comme PayPal ou BlackBerry, vendant des faux likes ou followers par millions pour s’enrichir en mode express. Repenti, le « data dealer », comme il se décrit, tire aujourd’hui la sonnette d’alarme : « Un cyber 11 septembre aura lieu d’ici cinq ans qui va tout déstabiliser ».

Pourquoi sortez-vous du bois, et sous un pseudonyme ?

Quand on est hacker, normalement, on reste dans les ténèbres. J’ai écrit ce livre parce que je veux montrer ce qui risque d’arriver : d’ici cinq ans, un cyber-11 Septembre. Il y a, dans ce qu’on appelle le dark Web, des armées des hackers qui chaque jour attaquent les entreprises, les Etats… Je veux interpeller ceux qui n’ont pas de conscience numérique, qui ne réalisent pas ce qui se passe derrière l’écran. Je voulais témoigner aussi de ce que j’ai vu, de toutes les défaillances de sécurité. J’ai détecté une faille dans le système de Sciences-po, j’ai siphonné des millions de données personnelles pendant deux jours.

Quand vous êtes-vous repenti ?

J’avais postulé à Sciences-po et je voulais leur montrer de quoi j’étais capable. J’étais aussi prêt à prendre ma part de pouvoir grâce à ces milliers de données de première classe ! Au dernier moment, j’ai décidé d’être utile ; je leur ai dit où se trouvait la faille de sécurité en échange de la promesse de ne pas porter plainte. Et j’espérais intégrer l’école. Mais ils ont porté plainte. Voilà comment on traite en France les lanceurs d’alerte. Dans ces conditions, qui demain prendra le risque d’alerter ?…

Redoutez-vous d’être reconnu, poursuivi ?

Je ne suis pas serein, c’est sûr. Mais la police me connaît depuis l’affaire Sciences-po. J’ai eu droit à un rappel à la loi alors que je risquais deux ans de prison et 100 000 euros d’amende. La première règle du hacker, c’est ne jamais se faire prendre, sinon on est fini. C’est pour ça qu’on est tous parano. J’étais très connu sur le dark Web, j’ai pris un risque avec Sciences-po, j’ai perdu. Mais maintenant, je suis du côté Jedi de la force, je veux alerter sur le danger. Pour préserver l’authenticité de mon message, je dois conserver l’anonymat.

Dans votre livre, on comprend que vous avez engrangé énormément d’argent. Combien au total ?

Beaucoup, c’est vrai. Mais on n’est jamais assez riche… Quand j’avais 13 ans, je voulais gagner 10 000 euros par mois ; quand je les ai eus, je voulais gagner 10 000 euros par jour. J’ai gagné beaucoup parce que j’ai tout converti en Bitcoins, qui depuis a flambé, et qu’on peut facilement transférer d’un pays à l’autre. Pour le reste, je ne peux rien dire de plus.

N’avez-vous pas mauvaise conscience de ce vous avez fait et d’exposer des arnaques dont certains pourraient s’inspirer ?

Je ne pense pas inciter au crime et je n’ai fait de mal à personne. J’étais juste un marchand. Ce que faisaient les acheteurs de mes données, j’en sais rien et ça ne m’intéresse pas. Quand j’ai gagné de l’argent, c’est le système, les assureurs, les entreprises… qui étaient lésés. Les plateformes du marché noir dont je parle ont disparu. Je veux juste dire qu’on peut utiliser le Web comme ascenseur social. De chez soi, on peut gagner énormément d’argent dans la légalité : en faisant du graphisme, du webdesign, en codant – j’ai appris à coder tout seul ! Regardez Zuckerberg, Bezos…

En quoi y a-t-il danger pour nos données personnelles ?

Elles permettent de savoir qui vous êtes, vos habitudes, ce que vous aimez. Elles permettent de vous mettre dans des boîtes qui sont revendues cher à des entreprises, des agences de pub qui font du targetting : la publicité ciblée. C’est le capitalisme 2.0 qui pousse – de façon très limite – à la consommation. Ceux qui publient leurs données sur les réseaux ou ailleurs en se disant « Je n’ai rien à cacher », se trompent. Quand vous faites l’amour, vous fermez les rideaux, non ? Il y a un dicton simple : « quand c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit »…

Vous avez vraiment abandonné toute activité ?

Je vends encore des services à des entreprises parfois connues que je ne citerais pas et qui cherchent de la notoriété facile et rapide ; je vends un euro les mille faux followers. J’ai même des gamines de 14 ans qui ont moins de followers que leurs copines… Les règles des réseaux sociaux n’interdisent pas tout ça, j’en profite.

Devient-on addict au hacking ?

J’ai eu mon premier ordinateur à 11 ans et pendant dix ans, j’ai passé 15 heures par jour devant mon écran, parfois 48 heures d’affilée à surveiller des téléchargements de données, tout ça sur un ordinateur à 400 euros. J’ai toujours rêvé d’être maître du monde, depuis que je suis petit. Et là, je pouvais m’attaquer à des gros comme Sciences-po ! Mais les hackers n’ont pas de vie sociale, beaucoup deviennent dépressifs, rivés à leur écran.

Depuis vos déboires judiciaires, avez-vous reçu des offres d’emploi ?

Deux ou trois, je les ai toutes refusées. Pourquoi je travaillerais 35 heures pour un patron en gagnant moins qu’à faire ce que je veux ?….

Que redoutez-vous pour l’avenir ?

On est dans un climat de cyber-guerre mondiale. Tous les jours, il y a des milliers d’attaques contre des Etats, des entreprises… Et aujourd’hui, toute notre société repose sur le numérique. Vous savez, en Russie, on trouve dans la rue des distributeurs pour acheter des « likes », des « followers »… Ils ont une vraie conscience numérique là-bas, ils sont plus lucides que nous sur les risques… et les opportunités. Regardez comment Cambridge Analytica a truqué les élections. C’est ça qui nous guette.

Un conseil pour se protéger ?

Si vous avez déjà écrit toute votre vie sur le Web, c’est fichu. Le Web a de la mémoire. A ceux qui s’interrogent, je dis : n’utilisez pas toujours les mêmes mots de passe faciles à trouver. Et méfiez-vous du cloud : préférez une clé USB pour stocker vos infos.

* « Lève-toi et code, confessions d’un hacker », Rabbin des bois, aux éditions de la Marinière.

Rabbin des bois en cinq dates
Enfant de Chevilly-Larue (Val-de-Marne), Rabbin des bois (un pseudo, il est de confession juive), a « environ » 25 ans.

2004 : premier ordinateur.
2008 : avec un copain, il plonge dans le « dark Web », le côté obscur de la toile, pour « faire du fric facile ».
2008-2016 : il escroque PayPal en vendant par petites annonces des téléphones jamais livrés. Il escroque BlackBerry en exploitant une faille du service après-vente qui lui rapporte des dizaines de smartphones. Sa spécialité : la multiplication des faux comptes. Il vend les données personnelles volées, marchande des faux « like », faux « followers »…
Mars 2017 : Suite à une plainte de Sciences-Po, dont il a piraté les données, il est identifié et arrêté par la police puis jugé.
Mai 2018 : Il publie « Lève-toi et code », ses mémoires et une mise en garde.

 

Retrouvez l’article complet sur le site du Parisien

Rabbin des bois : “Le hacker a aussi des vertus” (Les petits pas dans l’écran, Europe 1)

Rabbin des bois explique à Eva Roque (Les petits pas dans l’écran, Europe 1) son parcours, les raisons de l’écriture de son ouvrage, “Lève toi et code” (éd. La Martinière), et même son pseudonyme : “C’est parce que je suis juif. Et j’adore le personnage de Robin des bois qui vole aux riches pour ramener aux pauvres. Moi j’essaye juste de pointer du doigt que la sécurité des systèmes n’est pas assez au top, et que cela représente des enjeux importants.”

Un hacker dans les entrailles du dark net (Thierry Ardisson, Salut les Terriens)

Salut les Terriens : Rabbin Des Bois : Un hacker dans les entrailles du dark net vient d’être diffusé sur la chaine C8, le samedi 19 mai 2018.

La rediffusion en streaming se trouve accessible pendant quelques temps sur C8 Replay, dépêchez-vous.

 

Retrouvez le Replay

UN CÉLÈBRE HACKEUR SE LIVRE SUR SES FRASQUES PASSÉES (Le Matin)

«Rabbin des bois», l’un des pirates français les plus renommés sur le Net, vient de sortir un livre. Dans un long entretien, il se confie à nos confrères de «Paris Match» sur son passé et avertit sur l’avenir.

«Rabbin des bois» est l’un des pirates français les plus renommés sur le Net. Interviewé par «Paris Match» dans le cadre de la parution de son nouveau livre «Lève-toi et code. Confessions d’un hacker», le jeune homme de 23 ans s’est ouvertement livré sur ses frasques passées.

Malgré la solitude et la tristesse – deux sentiments qui ne l’ont pas quitté depuis son enfance -, il a tenté de s’intégrer dans notre monde. «Mais il n’est pas honnête, pas juste et surtout pas rentable», confie-t-il. Après avoir perdu sa mère à l’âge de 13 ans, il «perd toute foi dans le système» et l’écran est devenu «son refuge».

Entre arnaques et vol de data

Avant de se lancer dans le vol de data, «Rabbin des bois» a débuté avec plusieurs genres d’arnaques. Il détournait les paiements en ligne PayPal des acheteurs sur Leboncoin ou eBay. Une action qui lui rapportait 1200 euros par mois durant une période avant de trouver plus rentable: vendre sa méthode de vol de tablettes tactiles BlackBerry PlayBook. Comment? Il se les faisait livrer gratuitement en prétextant au service client de la marque que la sienne (en réalité, il n’en a jamais eu) était défectueuse. Puis, il les revendait.

Il s’est par la suite lancé dans le vol de data qu’il revendait. Pourquoi? «La data représente de l’information. Et l’information, c’est le pouvoir. (…) Aujourd’hui, ta vie vaut moins que les données que tu produis, il faut s’y faire», déclare-t-il. Il a pratiqué cette activité avec grand succès puisqu’il possède «un peu moins de 200 bitcoins, soit 1,5 million d’euros». Mais le hackeur «n’aspire pas à être riche».

Aujourd’hui, celui qui admire Edward Snowden ou encore Aaron Swartz assure avoir «arrêté le crime». Il vend simplement «des services sur les réseaux sociaux, des «likes» sur Instagram et Facebook, des «followers» sur Twitter. (…) Deux euros les 1000 followers». Parmi ses clients: des ados avides de visibilité, des marques de vêtements, de boissons ou même de BTP. Il avoue que ce business lui rapporte 5000 euros et précise qu’il hacke également sur commande.

La cyberguerre numérique

Grâce à son livre, il espère «inciter les gens à développer une conscience numérique» et «leur faire comprendre qu’on est dans une cyberguerre numérique mondiale». Il rappelle que les pirates peuvent «s’attaquer aux opérateurs d’importance vitale (OIV) qui gèrent les infrastructures liées à la santé, à la gestion de l’eau, à l’énergie, aux transports». Pour illustrer son propos, il cite notamment le virus Stuxnet qui avait affecté le programme nucléaire iranien et détruit des centrifugeuses en 2010. «On a désormais la preuve qu’il s’agissait d’une opération conjointe des Américains et des Israéliens.»

«Rabbin des bois» souligne encore que les objets connectés sont un mal à ne pas sous-estimer. «A partir du moment où il y a le mot “Smart”, cela signifie que l’objet est connecté à Internet et qu’il peut donc être hacké, infiltré.»

(Le Matin)

La repentance d’un hacker devenu lanceur d’alerte (Les Échos)

Un roman très inspiré de la réalité entend éveiller les consciences sur le trafic d’informations qui se joue du côté obscur d’Internet.

LE PROPOS Le monde n’est pas en train de changer, il a déjà changé. Sous le pseudonyme de Rabbin des bois, un hacker qui se présente comme un repenti dépeint le côté obscur d’Internet. Dans un style direct, ce témoignage, dont seule la toute fin est romancée, décrit un trafic d’informations de grande ampleur mêlant intérêts mafieux et gouvernementaux, à l’heure de la transformation numérique.

L’AUTEUR Habitué des sites e-commerce…

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Rabbin des Bois à Edouard Baer « En 2018, la cyber-criminalité c’est 400 milliards. D’ici 2020, l’addition se comptera en trilliard. On est sur une vraie expansion » (Radio Nova)

On reçoit un peu plus tard Rabbin des Bois, auteur de Lève-toi et code – Confessions d’un hacker aux éditions de la Martinière et qui sort en librairie aujourd’hui. Il a hacké les bases de données de Sciences po pour montrer à tous les failles de leurs systèmes. Il est devenu Rabbin des Bois, l’un des hackers les plus reconnus du public français. Aujourd’hui il tente de diffuser un discours à la fois de prévention et d’investissement dans le monde du hacking. Il nous en parle.

«Blouse blanche et poils de chiens» de Isabelle Fromantin (RFI)

Rencontre aujourd’hui avec une infirmière atypique. Isabelle Fromantin soigne des malades du cancer, mais elle est aussi chercheuse. Son domaine ? L’odeur des tumeurs. Une recherche étonnante où l’on croise des chiens qui avec leur flair hors pair, seraient capables de détecter le cancer du sein. Isabelle Fromantin raconte tout cela dans un livre intitulé « Blouse blanche et poils de chiens », paru aux Éditions de La Martinière.

http://www.rfi.fr/emission/20180513-blouse-blanche-poils-chiens-isabelle-fromantin

Les confessions d’un hackeur (Paris Match)

 

Il se fait appeler « Rabbin des bois ». C’est l’un des pirates français les plus renommés sur le net. Il a « craqué » les sites des plus grandes entreprises, des plus grandes écoles, et s’est fait pas mal d’argent. Brillant, voire génial, ce jeune homme de 23 ans nous a reçus, masqué, et casse nos dernières illusions sur une quelconque protection possible des données. Il publie aujourd’hui un livre. Son témoignage donne des frissons.

Retrouvez l’article sur Paris Match

MARIANA GRÉPINET

PARIS MATCH

S’il était identifié, ses confessions pourraient l’envoyer à l’ombre pendant quelques années. Alors le jeune homme, arrivé avec une heure de retard, se confond en excuses mais se montre prudent. Pendant les trois heures passées avec lui, il ne quittera pas le masque de tissu qui lui couvre le nez et la bouche. Tout de noir vêtu, il fait presque peur.

 

Mais sa voix trahit sa fébrilité. Et sa fierté d’être écouté. Il parle vite, trop vite. Mais se montre pédagogue, quitte à rappeler ce qui semble, pour lui, des évidences. On le sent sûr de ses capacités intellectuelles, de ses analyses, et fragile à la fois. « J’étais un enfant solitaire et très triste aussi », glisse-t-il. Il finira pas admettre qu’il l’est resté.

 

Il a, dit-il, essayé pendant des années de s’intégrer dans notre monde. « Mais il n’est pas honnête, pas juste et surtout pas rentable. » Il emprunte le vocabulaire de la saga Harry Potter pour nous désigner, nous qui sommes éloignés de la magie du numérique, comme des « moldus ». A tendance à exagérer : « Dans votre vie, j’ai envie de me défenestrer à cause de l’administration, je ne sais pas comment vous faites, la Caf, les trucs, les machins… »

 

Ce Rabbin des bois, qui admire « le légendaire et mythique Robin des bois », est croyant, juif, comme son pseudonyme le laissait présager. « C’est une histoire d’assimilation et d’adaptation mais pas une revendication », assure-t-il. Il se passionne pour la politique – il rêvait d’être président ! – mais refuse de dire pour qui il a voté à la présidentielle. On devine qu’il s’agit de Macron. Lorsque ce dernier était encore ministre, il l’avait contacté, persuadé qu’il serait candidat, pour lui donner « deux ou trois idées ». Il avait fini par correspondre, juste une fois, avec son bras droit, Ismaël Emelien. Sur internet, toutes les barrières sont abolies.

 

PARIS MATCH : COMMENT AVEZ-VOUS COMMENCÉ ?

 

Rabbin des bois : Ma mère est morte quand j’avais 13 ans, des suites d’une longue maladie. Je me suis retrouvé seul avec mon père, dans une tour HLM de Chevilly-Larue, en banlieue parisienne. J’ai réalisé que j’étais pauvre et que j’avais perdu toute foi dans le système. Je me suis replié sur moi-même et l’écran est devenu un refuge… J’y passais mes journées.

 

POUR JOUER ET POUR GAGNER DE L’ARGENT, VOUS MONTEZ VOS PREMIÈRES ARNAQUES…

 

C’était en 2010, grâce au service de paiement en ligne PayPal. Je postais des annonces sur Leboncoin ou eBay pour vendre un iPhone ou un iPad que je n’avais pas et, quand quelqu’un mordait à l’hameçon et envoyait son paiement sur le compte indiqué, je faisais basculer cette somme vers d’autres comptes. PayPal indemnisait la victime et revendait sa dette à une société d’assurances qui tentait de nous retrouver. En vain. Avec mon copain, ça nous rapportait 1 200 euros par mois. On a arrêté lorsque cela n’a plus fonctionné. Plus que voler, j’aimais trouver la faille dans le système. Après, j’ai découvert plus rentable.

 

QUOI PAR EXEMPLE ?

 

BlackBerry venait de lancer sa première tablette tactile, le BlackBerry PlayBook, pour essayer de concurrencer l’iPad d’Apple. Sans avoir moi-même de tablette, j’arrivais à m’en faire livrer une gratuitement en faisant croire au service client que la mienne était défectueuse, et je la revendais ensuite. Puis j’ai réalisé que ça pouvait produire de l’argent à l’infini parce que chaque pays avait son propre support informatique.

 

Sur Evolution, l’hypermarché des délits du darknet où s’échangeaient drogue, hack, armes, j’ai vendu ma méthode pour 2 000 euros. C’est parti comme des petits pains. Jusqu’au jour où BlackBerry a annoncé la fin du support pour le PlayBook, officialisant la fin de vie de cette tablette. On peut dire que j’ai coulé le produit… Puis je me suis mis à la data.

 

QUEL INTÉRÊT DE RÉCUPÉRER DE LA DATA ?

 

La data représente de l’information. Et l’information, c’est le pouvoir. Moi, je la vendais. Et pas très cher : 300 euros pour un million d’adresses e-mail, 10 centimes pour 100 « combos » (nom d’utilisateur + mot de passe ou e-mail + mot de passe).

 

Celui qui achète ça essaie ensuite d’en tirer profit. Il envoie à ces gens un message qui va infecter directement leur ordinateur ou un e-mail avec un lien « phishing » les invitant à se connecter à un faux site, celui des impôts par exemple. Les « combos », eux, sont utilisés pour s’introduire sur des comptes PayPal, Amazon ou encore Netflix, qui vont ensuite être vidés, s’il y a de l’argent dessus, ou revendus. Aujourd’hui, ta vie vaut moins que les données que tu produis, il faut s’y faire.

 

COMBIEN TOUT CELA VOUS A-T-IL RAPPORTÉ ?

 

Beaucoup. Je suis millionnaire en bitcoins. J’ai un peu moins de 200 bitcoins, soit 1,5 million d’euros. Mais le bitcoin, après avoir pris de la valeur, en a perdu beaucoup. La difficulté consiste à faire entrer cet argent dans le système légal. Il faut le blanchir ou accepter de payer 60 % d’impôts dessus. Ou alors faire un montage financier et résider pendant six mois à Malte.

 

Un jour, je récupérerai cet argent, mais pas pour l’instant. Je n’aspire pas à être riche. Quand j’avais 13 ans, je pensais qu’en gagnant 10 000 euros par mois, je pourrais tout faire. J’ai fini par gagner ça en un mois. Puis en un jour. Et j’ai réalisé que ça ne représentait plus rien. Je ne cherche plus à avoir mais à être…

 

AUJOURD’HUI, VOUS VOUS ÊTES UN PEU RANGÉ. QUE S’EST-IL PASSÉ ?

 

À la base, je voulais être maître du monde. Quand j’ai réalisé que ce n’était pas possible, j’ai voulu être président. Et, pour le devenir, il faut faire l’Ena et, avant cela, passer par Sciences po. J’étais bon élève. Après un bac + 3, j’ai essayé d’intégrer cette école. Je me suis fait recaler deux fois. Pour la troisième, début 2017, j’ai voulu mettre toutes les chances de mon côté. J’avais repéré sur le site de l’école des failles informatiques permettant de mettre la main sur de nombreuses données personnelles, dont quelque 220 000 adresses e-mail et des milliers de mots de passe d’étudiants.

 

D’ailleurs, ce sont sûrement ces failles qui sont à l’origine des « MacronLeaks », qui ont mis en ligne le contenu des boîtes mail de six responsables de la campagne d’Emmanuel Macron. J’ai pensé que révéler ces défaillances à Sciences po pourrait valoriser ma candidature. J’ai contacté l’école et j’ai parlé pendant deux heures à son directeur de la sécurité informatique. Mais ils ont porté plainte contre X et dit que j’avais demandé mon admission en rançon. C’est complètement faux.

 

LA POLICE A-T-ELLE DÉBARQUÉ CHEZ VOUS ?

 

Oui, il y a eu une perquisition et j’ai été placé en garde à vue. Je risquais jusqu’à deux ans de prison et 100 000 euros d’amende, mais je n’ai écopé que d’un rappel à la loi. C’était la fin d’une époque pour moi. J’ai arrêté mes activités illégales. D’ailleurs, comme je parle dans mon livre des vulnérabilités de grandes écoles comme Normale sup ou l’École de journalisme de Lille, de l’Université Lyon 2 ou d’un CHU, j’ai contacté l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) pour l’avertir. C’est un acte bienveillant et citoyen. L’Anssi m’a remercié et a précisé que ça s’inscrivait dans la loi pour une République numérique, promulguée en 2016, et qu’il n’y aurait pas de poursuites.

 

DE QUOI VIVEZ-VOUS AUJOURD’HUI ?

 

J’ai arrêté le « crime ». Je vends des services sur les réseaux sociaux, des « likes » sur Instagram et Facebook, des « followers » sur Twitter. On est nombreux sur le marché, mais je suis le moins cher de France. Deux euros les 1 000 followers : un clin d’œil à Xavier Niel et à son forfait Free Mobile à 2 euros. J’aspire à devenir le Xavier Niel des réseaux sociaux…

 

Twitter est le réseau social où il y a le plus de « bots » (robots informatiques) : environ 15 % de Twitter, soit 50 millions de comptes, sont de faux profils. Je vais à l’encontre des règles d’utilisation de ces réseaux sociaux, mais ça reste légal. Parmi mes « clients », il y a aussi bien des gamines de 14 ans qui veulent des « likes » sur leurs photos que des marques de vêtements, de boissons ou même de BTP. Les réseaux sociaux peuvent faire une carrière ou la détruire… L’influence est un business juteux ; je gagne environ 5000 euros par mois. Je hacke aussi sur commande des noms d’utilisateurs…

 

COMMENT ?

 

Par exemple vous, Paris Match. Sur Instagram, votre compte, c’est @parismatch_magazine. Mais la propriétaire du compte @parismatch est une jolie jeune fille avec 77 abonnés… D’un point de vue commercial, vous prenez une gifle. Je peux récupérer ce pseudo en hackant le compte et vous le rendre. De nombreuses marques me contactent ainsi pour retrouver leur Instagram. Je vends ce service entre 5000 et 10 000 euros. Pour une grande marque, ce n’est rien.

 

Parfois, je repère moi-même de faux comptes, comme ceux créés au nom des deux enfants de Cyril Hanouna. Il ne sait sûrement pas qu’ils existent. Je pourrais lui proposer de les lui redonner.

 

EN DEHORS DE SCIENCES PO, VOUS AVEZ ESSAYÉ D’INTÉGRER D’AUTRES GRANDES ÉCOLES, EN VAIN…

 

J’ai été recalé à Louis-le-Grand, l’Essec, Normale sup. Chaque fois que j’ai essayé d’avoir une admission académique, je me suis fait rejeter à l’oral, si ce n’est à l’écrit. Ces écoles n’intègrent pas des gens différents. Je ne rentre pas dans leurs codes, je ne suis pas formaté ni prêt à l’être. Mais j’aurais adoré suivre ce type d’études. Je vais peut-être d’ailleurs retenter Normale sup l’an prochain.

 

QUID DE 42, L’ÉCOLE DE XAVIER NIEL ?

 

Elle n’a aucune portée élitiste académique, ça ne m’intéresse pas. J’ai eu des offres d’emploi dans la sécurité informatique, mais j’ai refusé. Je peux faire mieux. Si j’avais une offre d’un très grand groupe, Apple, Facebook ou Google, là, ce serait autre chose.

 

QUI SONT VOS MODÈLES ?

 

Le programmeur Aaron Swartz, une figure iconique du milieu et un des esprits de la plateforme de discussion Reddit. Poursuivi par le FBI, il s’est suicidé avant son procès. J’admire aussi Edward Snowden, qui a échangé sa vie contre un enfer pour avertir les gens. Il devait être l’élément déclencheur d’une prise de conscience massive. Mais, en cinq ans, rien n’a changé. C’est triste. Côté français, je suis impressionné par Cyril Paglino, qui travaille aux États-Unis et a fondé Tribe, une application de messagerie vidéo instantanée, une sorte de nouveau Skype qui marche bien mieux.

 

VOTRE GRAND-PÈRE FUT DÉPORTÉ. « À CHAQUE FOIS QUE JE VOIS SON VISAGE, ÇA ME RAPPELLE QUE VIVRE À TRAVERS UN ÉCRAN N’EST PAS SENSÉ », ÉCRIVEZ-VOUS…

 

Quand je le regarde, je sais que je me trompe. La vraie vie est dans le partage. Moi, je suis seul à Paris. Je passe dix heures par jour devant mon écran. Je n’ai pas de vie sociale et je ne peux plus en avoir. Je suis détruit, je ne raisonne plus comme les autres, je ne suis plus dans votre monde. Quand je vois quelqu’un prendre un selfie, je tourne la tête. Mes meilleurs potes sont des lignes sur un écran, des mecs que je n’ai jamais vus.

 

POURQUOI CE LIVRE ?

 

Pour avertir les gens, les inciter à développer une conscience numérique. Leur faire comprendre qu’on est dans une cyberguerre numérique mondiale. Elle est déjà en train de se dérouler. Les entreprises, les gouvernements, les hackeurs essaient d’accumuler le plus d’informations, de datas possible.

 

En Ukraine, en décembre 2015, une cyberattaque utilisant le malware BlackEnergy a réussi à couper l’électricité à près de 80 000 foyers pendant plusieurs heures. Le risque est réel. Je pense qu’il est possible de hacker un avion. D’ailleurs, dans une récente interview, Guillaume Poupard, le directeur de l’Anssi, admet que l’attaque informatique d’un avion est une hypothèse que son agence prend en compte.

 

Des pirates peuvent s’en prendre aux opérateurs d’importance vitale (OIV) qui gèrent les infrastructures liées à la santé, à la gestion de l’eau, à l’énergie, aux transports. À partir du moment où c’est relié à internet, ça peut taper partout : les avions, le pétrole, mais aussi l’assainissement des eaux. En Iran, en 2010, le virus Stuxnet a affecté le programme nucléaire iranien et détruit des centrifugeuses. On a désormais la preuve qu’il s’agissait d’une opération conjointe des Américains et des Israéliens.

 

FAUT-IL SE MÉFIER DES OBJETS CONNECTÉS ?

 

Ça va être un fléau incroyable. A partir du moment où il y a le mot « Smart », cela signifie que l’objet est connecté à internet et qu’il peut donc être hacké, infiltré. En septembre 2016, un botnet, un réseau de bots, appelé Mirai, et composé quasi exclusivement de caméras de surveillance et de babyphones, a été utilisé dans une attaque sur internet, un DDOS (attaque par déni de service), qui a fait tomber l’hébergeur français OVH ainsi que Netflix, Airbnb, Reddit. C’était le plus gros botnet du monde.

 

Dans les dix prochaines années viendra aussi la domination de la « voix », qui se développe via les quatre « cavalières de l’Apocalypse » : Siri, Alexa, Cortana et Home.

 

Lève-toi et code. Confessions d’un hacker, par Rabbin des bois, éd. La Martinière, parution le 16 mai.

 

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Rabbin des Bois, hacker: “Il n’y a aucune vie privée sur Internet, c’est une illusion” (RMC)

 

Le hacker Rabbin des Bois était l’invité de M comme Maïtena ce lundi. Il est l’auteur du livre Lève-toi et code (éd. La Martinière), qui sortira le 16 mai en librairies.
Il est venu masqué face à Maïtena Biraben ce lundi. Le hacker Rabbin des Bois entretient en effet soigneusement son anonymat. Dans son livre à paraître ce jeudi, Lève-toi et code, il raconte comment il hacke des sites pour montrer les failles de sécurité des systèmes informatiques qui abritent nos données personnelles.

“Les plus grandes entreprises volent vos données”
Pour autant, il ne se considère pas comme un voleur:

“Je ne me vois pas comme ça, à partir du moment où les plus grandes entreprises du monde volent vos données également. Je pense à toutes les entreprises de la Silicon Valley qui font de la récolte de data en masse et qui gagnent des millions de dollars. Cela fait très longtemps qu’on a ce problème là et c’est un peu dommage qu’on ait dû mettre cet aspect financier au RGPD –le règlement de l’Union européenne sur la protection des données, ndlr-pour pouvoir responsabiliser les entreprises”.

Rabbin des Bois a aussi assuré que préserver sa vie privée sur Internet était quasiment mission impossible: “Il n’existe aucune vie privée sur Internet. C’est une illusion totale. Vous pouvez essayer de conserver votre anonymat au maximum mais à partir du moment où vous jouez le jeu de Facebook ou des grandes entreprises, il n’y a pas de vie privée”.

P.B.

Retrouvez l’article sur BFMTV

“J’ai tout de suite compris ce qui clochait chez moi”, confie une femme XY (RTL)

Élodie Lenoir publie “Telle que tu me vois”, dans lequel elle raconte comment elle a dû apprendre à vivre en étant “XY”, une fille avec un patrimoine génétique de garçon.

Elle aurait dû être un garçon. Élodie Lenoir raconte son histoire dans un livre, Telle que tu me vois, publié aux éditions La Martinière. La jeune femme a dû apprendre à vivre en étant “XY”, une fille avec un patrimoine génétique de garçon. Un long et douloureux chemin pour s’accepter.

“Le fait d’écrire le livre (…), ça a été une sorte de réconciliation avec mon passé, parce que je n’avais pas un très bon souvenir de cette période”, confie Élodie Lenoir. Et d’ajouter : “Je vois les étapes par lesquelles je suis passée, l’acceptation, le chemin que j’ai pu faire et je suis très fière”.

Celle qui a grandit dans une famille “classique” en banlieue parisienne explique dans son ouvrage avoir vécu “dans un monde imaginaire”. Pour Élodie Lenoir et pour tout le monde, elle était une petite fille “très ordinaire”. Et pourtant, au fil du temps, quelque chose la préoccupe. Contrairement à ses copines, à l’adolescence, elle n’a pas ses règles.

“En premier lieu, on m’explique que je n’ai pas d’utérus”, échographie à l’appuie, explique l’auteure. Plus tard, elle va essayer d’en savoir un peu plus sur ce syndrome et pour trouver “une solution” pour “en guérir”, explique-t-elle. Son médecin lui annonce alors qu’elle est une femme “XY”, syndrome d’insensibilité complète aux androgènes (SICA) : une fille qui aurait dû naître garçon.

“Guérir, ça veut dire recevoir les androgènes, donc la testostérone et donc (…) être une personne XY comme n’importe quel petit garçon”, explique Élodie Lenoir. Et d’ajouter : “J’ai tout de suite compris que c’était ça qui clochait chez moi”, elle qui pourtant se sentait femme, mais ne souhaite pas changer de sexe.

“Vouloir changer de sexe, ça voudrait dire laisser place à toute la biologie en ignorant complètement la réalité des choses”, décrit-elle, qui explique “ne rien avoir de masculin”. Elle se souvient s’être considérée comme “une bizarrerie”, tombe en dépression, allant jusqu’à commettre une tentative de suicide. Des années plus tard, Élodie Lenoir s’est acceptée, se dit “heureuse”, a lancé une procédure d’adoption avec son mari.

La fille qui aurait dû être un garçon : “C’est là que le médecin m’a dit toute la vérité” (L’Obs)

Elle a de grands yeux pervenche, de longs cheveux châtains, une peau de pêche. Elodie, 29 ans, est une fille, très fille même, telle qu’on la voit. Mais, pour le corps médical, elle n’est pas fille du tout : Elodie est en effet ce qu’on appelle une personne intersexuée, c’est une femme avec des chromosomes XY et non XX.

Elodie a le patrimoine génétique d’un garçon, avec des testicules dans le ventre, pas d’utérus, un vagin très court, et c’est dû à une maladie au nom étrange, le syndrome d’insensibilité aux androgènes (SIA).

Bref, c’est une fille qui aurait dû être un garçon, un garçon qui pendant la grossesse de sa mère a vu son développement se bloquer, à cause de l’insensibilité aux hormones mâles, empêchant la formation d’un pénis.

C’est à 15 ans que ses parents lui ont appris qu’elle et sa petite sœur Lucie n’étaient pas tout à fait comme les autres.

“Ils nous ont dit qu’on avait une maladie génétique. Qu’on serait stériles. Mais je ne comprenais pas trop ce qui se passait.”
“C’est un coming out”
La suite ? Un long tunnel de doutes, de questionnements, de déchirements, alors qu’elle entre dans la période déjà incertaine de l’adolescence.

Ce jeudi 3 mai, elle fête la sortie de son livre : “Telle que tu me vois”, texte émouvant, coécrit avec la journaliste Emmanuelle Belohradsky, qui la connaît depuis quelques années et l’a accompagnée dans ce processus de prise de parole.

Par Doan Bui

Publié le 09 mai 2018 à 15h55

Le suite sur l’Obs

Isabelle Fromantin au Club de La tête au carré (France Inter)

Dans le Club cette semaine, l’événement Ma thèse en 180 secondes, Kdog un projet de dépistage du cancer du sein grâce à l’odorologie canine et recherche pour améliorer la performance sportive.

Dans le menu du Club ce vendredi, deux candidats en lice pour la finale de “Ma thèse en 180 secondes, une infirmière chercheuse à l’origine du projet Kdog, un projet de dépistage du cancer du sein par l’odorologie canine et un ancien champion de hockey chercheur à l’INSEP.

Ils sont jeunes et scientifiques et ils sont là pour gagner la finale de la cinquième édition du concours “Ma thèse en 180 secondes”. qui est un concours de vulgarisation scientifique. Les candidats doivent expliquer leur sujet de recherche en public de la façon la plus simple et le tout en 3 minutes chrono ! 16 candidats ont été sélectionnés pour participer à la finale nationale qui aura lieu le 13 juin à Toulouse à partir de 18h30. Labellisé Cité européenne de la science, l’événement se tiendra au Théâtre National de Toulouse. Mathieu Lewis, étudiant à l’université de Bordeaux et Alexis Parenté, étudiant à l’université de Limoges font partie des 16 finalistes.

Isabelle Fromantin, est infirmière à l’Institut Curie et chercheuse. Elle raconte dans son livre “Blouse blanche et poils de chiens, comment j’ai découvert l’odeur du cancer” co-écrit avec Sandra Kollender aux Editions Lamartinière, son parcours d’infirmière spécialiste des plaies et cicatrisations à l’ Institut Curie, de femme engagée pour soigner ses patientes atteintes du cancer du sein et de femme chercheuse volontaire pour faire avancer le dépistage du cancer grâce son projet Kdog. C’est un vaste programme de recherche en matière de dépistage du cancer reposant sur l’odorat canin utilisant une méthode fiable, reproductible, non invasive et peu coûteuse qui offre une alternative à la mammographie en première intention.

En partenariat avec The Conversation, Aline Richard, journaliste scientifique et éditrice à The Conversation nous présente Gael Guilhem, Chercheur, Directeur du Laboratoire Sport, Expertise et Performance (EA 7370) , Institut national du sport de l’expertise et de la performance (INSEP)..Il signe un article dans The Conversation autour de l’amélioration des performances sportives.

Elodie Lenoir sur France Info : ” j’ai un corps de femme avec un patrimoine génétique d’homme “

C’est l’histoire d’une fille qui aurait dû être un garçon. Elodie Lenoir, auteure de Telle que tu me vois aux éditions de la Martinière était l’invitée de Julien Benedetto dans le 22h-minuit. Elle est atteinte du syndrôme d’insensibilité aux androgènes. ” C’est un syndrome qui bloque la réception de la testostérone. Un enfant qui naît XY s’est donc développé comme une fille au lieu de se développer comme un garçon “, explique Elodie Lenoir auteur de Telle que tu me vois. Un corps de femme avec le patrimoine génétique d’un homme. ” Je n’ai pas d’utérus parce que je suis XY “, poursuit l’auteure. Ses parents ne lui ont dit la vérité qu’à ses 15 ans. ” J’ai vécu dans un monde imaginaire d’une petite fille normale “. Elodie Lenoir était l’invitée de Julien Benedetto dans le 22h-minuit.

Isabelle Fromantin, auteur de “Blouse blanche et poils de chiens” dans Le Figaro

Infirmière, docteure ès sciences, elle a déplacé des montagnes pour prouver que les chiens pouvaient détecter le cancer du sein. Elle raconte ce projet Kdog dans un livre passionnant.

Sa force est de faire d’une difficulté une évidence. Isabelle Fromantin, élève turbulente, infirmière par vocation, titulaire d’un doctorat de sciences, s’est lancée dans une aventure folle. Dresser des chiens renifleurs pour dépister les cancers du sein sans passer par la mammographie. C’est le projet Kdog (1) qui vient de fêter ses deux ans, le 1er avril dernier. Une date en forme de pied de nez. Un chien renifleur de cancer? Mais c’est un poisson d’avril, voyons!

Il suffit pourtant de rencontrer cette femme énergique de 47 ans, éternellement habillée d’un jean et chaussé de santiags, pour comprendre qu’on est loin de la blague potache. La genèse, la naissance, la conduite et l’avenir de ce projet Kdog disent tout de sa conceptrice. Ils racontent sa personnalité rebelle, sa force de conviction, sa puissance de travail, son amour des …

Isabelle Fromantin, auteur de “Blouse blanche et poils de chiens”, dans La Croix

Le cancer a-t-il une odeur ? Telle est la conviction d’Isabelle Fromantin (1), une infirmière qui conduit un projet de dépistage du cancer du sein par des chiens. « On part du constat que les chiens ont un odorat bien plus pointu que celui des humains. Et qu’ils peuvent détecter les odeurs spécifiques des cellules cancéreuses », explique cette soignante.
Au départ, l’affaire pourrait sembler loufoque. Mais le projet est porté par l’Institut Curie, centre parisien renommé qui n’a pas la réputation d’employer d’aimables plaisantins. C’est à l’Institut Curie qu’Isabelle Fromantin s’est intéressée au sujet, en soignant des plaies de patients. « À un certain stade du cancer, quand les traitements n’ont plus d’effets, des plaies tumorales peuvent apparaître. Et ces plaies sont très malodorantes », raconte l’infirmière qui, en 2010, a passé sa thèse sur le sujet.

À l’époque, Isabelle Fromantin a une intuition : des chiens capables de détecter des explosifs ou des stupéfiants pourraient aussi repérer des odeurs émanant de tumeurs cancéreuses. Une piste déjà explorée aux États-Unis pour la détection de cancers de la prostate. L’infirmière contacte des experts cynophiles et des chimistes. Et c’est ainsi que se monte le projet Kdog, qui démarre en 2016 grâce à 80 000 euros recueillis via un financement participatif sur Internet.
La première étape consiste à former deux bergers malinois, Thor et Nykios, pour reconnaître les odeurs du cancer puis les mémoriser. Ensuite, une étude avec des femmes ayant un cancer est lancée.

Ces patientes, toutes volontaires, doivent, avant de se coucher, se poser une lingette sur chaque sein, pour toute la nuit. Le lendemain, les lingettes, imprégnées de la sueur du sein malade, sont récupérées. Des femmes saines font de même. Ainsi, Isabelle Fromantin récupère des lingettes « cancer » et des lingettes « saines ».

C’est ensuite aux chiens d’agir. De manière successive, on leur présente quatre lingettes – trois « saines » et une « cancer » – et ils doivent détecter celle qui porte l’odeur de la maladie. Au total, Thor et Nykios renifleront 31 lingettes « cancer » avec plus de 90 % de réussite.

Ce résultat conduit l’équipe à préparer un prochain essai avec 400 femmes. Avec l’espoir, à terme, de mettre au point un dépistage simple et peu coûteux pour les pays démunis. « Dans beaucoup d’endroits, la mammographie n’est accessible que dans les grandes villes, rappelle Isabelle Fromantin. On pourrait donc, grâce aux chiens, faire un premier repérage des femmes malades dans les zones isolées ou rurales. Puis leur faire bénéficier d’une mammographie, celle-ci restant indispensable pour localiser exactement la tumeur. »

Car il est bien sûr impensable, sur un plan éthique, de dépister des cancers qui, ensuite, ne seraient pas soignés. « C’est pour cette raison qu’on va s’associer à Médecins sans frontières pour monter un projet préliminaire visant à évaluer l’intérêt de ce concept en Afrique », indique l’infirmière.

Isabelle Fromantin (“Blouse blanche et poils de chiens”) dans le JDD

La truffe des chiens pourrait livrer un diagnostic fiable et indolore du cancer du sein. Une infirmière de l’Institut Curie lance cet été un essai clinique sur 135 femmes. Dépister le cancer du sein grâce à la truffe des chiens… “Au début, certains croyaient à une blague”, confie Isabelle Fromantin, infirmière de 47 ans, depuis son bureau exigu de l’Institut Curie, à Paris. Ces sceptiques manquaient de flair : le concept a prouvé son efficacité, et une étude clinique débutera cet été. Pas du genre à renoncer, cette spécialiste des plaies cancéreuses a le chic pour agréger les bonnes volontés. Au fil d’un parcours atypique retracé dans un livre aux airs de polar*, Isabelle Fromantin est devenue en 2012 la première infirmière en France titulaire d’une thèse en science et ingénierie. Pour son mémoire sur les plaies tumorales du sein, elle a enquêté sur l’origine de leur odeur nauséabonde ; elle s’est formée auprès d’experts de l’ESPCI et de Chimie Paris Tech aux outils de chimie analytique – chromatographie et spectrographie.…

Isabelle Fromantin auteur de “Blouse blanche et poils de chiens” dans Le Monde

Doués pour repérer des stupéfiants ou retrouver la trace d’un disparu, ils savent aussi détecter certaines maladies. En France, une expérience est menée depuis deux ans, pilotée par la chercheuse Isabelle ­Fromantin, de l’Institut Curie.

 

Le projet Kdog a été lancé en septembre 2016 par le maître-chien Jacky Experton en collaboration avec Isabelle Fromantin, de l’Institut Curie. Il consiste à dresser des chiens afin qu’ils reconnaissent la signature olfactive du cancer du sein.
Tout, absolument tout, sur terre, a une odeur. Aucune n’échappe à une truffe de chien. Pas même celle du cancer. C’est ce que compte démontrer Didier Valentin, ancien capitaine de l’armée, maître-chien devenu expert de la détection d’explosifs. Il éduque pour ce « beau projet susceptible de sauver des vies » trois jeunes chiens de chasse springer dans son chenil de Champvoisy (Marne). Par le passé, déjà, il a mis ses springers à contribution pour traquer les maladies de la vigne. « Ils ont mille fois plus de capacités olfactives que nous. Nous, nous voyons, puis touchons pour confirmer. Eux sentent, puis regardent pour vérifier. »

Ce projet on ne peut plus sérieux a démarré il y a deux ans grâce à un autre maître-chien, Jacky Experton. Persuadé que les millions de récepteurs olfactifs présents dans le museau de ses chiens pouvaient détecter certaines maladies, M. Experton adresse des courriers tous azimuts aux hôpitaux. Une seule personne prête attention à cette offre de services apparemment farfelue : Isabelle ­Fromantin, infirmière et chercheuse de l’Institut Curie, à Paris.

Elle est déjà sur la même piste. Spécialiste de la cicatrisation des plaies tumorales, souvent malodorantes, elle a soutenu une thèse de sciences sur les composés odorants volatils qui s’en dégagent et le repérage de leur signature olfactive. Avec 80 000 euros récoltés par financement participatif, l’aide de l’Institut Curie et de diverses fondations, un premier test de six mois est mené en 2016-2017, en collaboration avec le maître-chien.

Dans une salle d’analyse cynophile, deux bergers malinois spécialement dressés par Jacky Experton détectent en deux passages toutes les 79 lingettes posées, une nuit durant, sur la poitrine de femmes atteintes du cancer du sein, parmi les 130 qui leur sont présentées. Une réussite pour « ce projet aux allures quelque peu étranges » mais dont « le rationnel…

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2018/03/23/depistage-du-cancer-du-sein-le-chien-a-l-etude_5275444_4497916.html#C8AmZiyfgMlwQ6Ye.99

Isabelle Fromantin, auteur de “Blouse blanche et poils de chiens” sur BFMTV

Pour détecter des cancers, “le chien est un outil fantastique”

Elle utilise des chiens pour détecter des tumeurs cancéreuses. Isabelle Fromantin, infirmière, docteur en sciences et auteure de Blouse blanche & poils de chien (sortie le 5 avril), était l’invitée de Bourdin Direct ce lundi.
C’est en travaillant sur les plaies liées aux cancers qu’elle s’est rendue compte que les chiens pouvaient aider à détecter les tumeurs cancéreuses. Isabelle Fromantin, infirmière, docteur en sciences et auteure de Blouse blanche & poils de chien (sortie le 5 avril), était l’invitée de Bourdin Direct ce lundi. “On a un outil fantastique, plus performant que tout ce qu’on a créé, c’est le chien. Son odorat est exceptionnel, et il a cette capacité de distinguer les différentes odeurs des individus”, explique-t-elle.

Son projet, K-dog, lancé en septembre 2016 à l’Institut Curie, consiste à dresser des chiens afin qu’ils reconnaissent la signature olfactive d’une tumeur. “Les femmes déposent une compresse sur leur sein, et les chiens vont ensuite renifler ces compresses. Les chiens ont réussi à dire lesquelles avaient des tumeurs cancéreuses. C’était pourtant de petites tumeurs. Depuis on les fait travailler sur des exercices plus difficiles, et ils y arrivent”.

 

Isabelle Fromantin le reconnaît: “Au départ, beaucoup de membres de la communauté scientifique nous regardaient en souriant. Maintenant moins. Les chiens ça ne passe pas très bien”. Elle en est sûr: les chiens permettront un dépistage à moindres frais et précoce, donc susceptible d’accroître les chances de guérison.

“Les tribulations d’un Rohingya”, par Laurence Defranoux, Libération

De la Birmanie à son exil australien, les mémoires de Habiburahman sont un récit poignant qui retrace la genèse du nettoyage ethnique en cours dans son pays.

«”Dix pour cent” est le surnom qui sous-entend que notre part d’humanité ne dépasse pas dix pour cent. Nous serions donc à 90 % animal ou autre.» Les mémoires de Habiburahman, un Rohingya né en Birmanie et réfugié en Australie, sont une plongée dans un monde «où les criminels mettent en prison les innocents». On en ressort conscient comme jamais du trésor que sont un passeport et la liberté.

D’abord, ils ont effacé notre nom, coécrit avec la journaliste française Sophie Ansel, se dévore comme un roman d’aventures. Les premiers souvenirs de Habib, comme il se fait appeler, remontent à 1984. Il vit avec sa famille dans l’ouest de la Birmanie, il a 5 ans et une forte fièvre. «Il y a des dangers bien plus grands qu’une petite fièvre, lui explique sa grand-mère en le serrant dans ses bras. Notre histoire est devenue un mensonge et un crime. La haine et le racisme font de nous des étrangers à abattre.» Ils sont Rohingyas, ainsi appelle-t-on les descendants d’immigrés indiens installés sur ce bord de l’océan Indien au XIXe siècle pendant la colonisation britannique, qui se sont mêlés aux hindous et aux musulmans présents là depuis des siècles.

Geôle à ciel ouvert.
La Birmanie, une mosaïque de près de 150 ethnies de cultures, de religions et de langues très diverses, étouffe alors sous la botte d’une dictature militaire impitoyable et corrompue. Les conflits ethniques sont multiples et violents, les minorités sont persécutées. L’ethnie majoritaire bamar, de religion bouddhiste, s’acharne particulièrement sur les musulmans de l’Arakan. Depuis 1982, une loi leur a retiré leur citoyenneté. «Je suis devenu le “Bengali”, l’étranger de mes voisins, un de ceux qui se reproduisent aussi vite que des lapins et menacent d’envahir le pays. On nous appelle les “kalars”, un terme péjoratif pour les ethnies à la peau foncée», raconte Habib. L’enfant adore jouer au foot, lire dans les arbres, jouer dans la jungle avec ses amis de toutes ethnies. La vie serait douce dans ces paysages magnifiques, à la nature généreuse, s’il n’était pas la cible d’un harcèlement perpétuel – insultes, crachats, coups -et si revenir tard d’une baignade dans la rivière ne le mettait pas en danger de mort en cas de rencontre avec des soldats, des policiers ou des bouddhistes malveillants. Son père tient une petite échoppe et soigne les habitants avec des herbes et des conseils. Les soldats se servent parfois dans sa boutique sans payer, cognent sans raison ou le passent à tabac pour quelques cachets d’aspirine qu’il s’est procurés. Un jour, il voit sa mère revenir meurtrie, battue, violentée après avoir été emmenée quelques heures dans le camp militaire.

Année après année, l’univers de Habib rétrécit, le village devient une geôle à ciel ouvert, entouré de «zones noires» où les musulmans ne peuvent mettre le pied sans se faire tirer dessus. Quitter le village est devenu impossible, à moins de graisser la patte à une ribambelle de fonctionnaires pour obtenir un fragile permis de quelques kilomètres. Le père de Habib lui apprend comment ruser, qui payer pour échapper à la prison dont on ressort rarement vivant. Le garçon parle le birman, l’arakanais et le rohingya, il apprend l’anglais et travaille dur car son père rêve que ses fils deviennent avocats. Dans cette société très conservatrice, isolée du monde moderne, personne ne semble avoir pensé à éduquer ses sœurs.

On est au tournant des années 2000, et l’Arakan est encore au Moyen Age. Les Rohingyas subsistent difficilement du produit de leurs récoltes, écrasés par des impôts absurdes. Les musulmans doivent payer pour se marier, payer s’ils font plus de deux enfants, payer pour tout et ne rien recevoir. Habib raconte les travaux forcés, un jour, une semaine ou un mois à casser des pierres, toutes autres affaires cessantes. Les chrétiens sont forcés d’abattre l’église du village et de construire une statue du Bouddha. Les mosquées, même les joyaux architecturaux anciens, sont détruites par des forces armées qui rêvent d’une Birmanie de race pure et bouddhiste. Quand les militaires réquisitionnent leur maison «car le terrain a été désigné pour y construire des toilettes», la famille est forcée de partir pour Sittwe, la capitale de l’Arakan. Là, le garçon apprend à éviter «les quartiers où on peut jouer sa vie tant règne l’impunité». Un jour, il est arrêté avec son père pour avoir traversé un champ après le couvre-feu, ils sont enfermés, torturés. Malgré les privations et la ségrégation, le garçon réussit à passer son bac brillamment, et à 18 ans, part étudier dans le nord du pays. Un voyage qu’il devine sans retour. Etudiant misérable, il vit dans la hantise de voir sa fausse identité découverte. Un professeur le convainc de militer pour le parti d’Aung San Suu Kyi, alors espoir de la démocratie. Dénoncé, arrêté, torturé, il fuit le pays.

En 2000, alors âgé de 20 ans, Habib commence une nouvelle vie d’errance, de peur et de violence. Apatride, il est la cible des trafiquants d’êtres humains, réduit à l’esclavage sur des chantiers ou des bateaux de pêche en Thaïlande et en Malaisie. En 2010, il arrive à atteindre l’Australie, où il est reconnu comme réfugié par les Nations unies. Après trois ans en centre de rétention, il fait une grève de la faim pour dénoncer les conditions de l’enfermement des réfugiés. «Débris humains échoués sur les côtes, nous sommes encore loin de retrouver notre dignité, et dans cette cage où l’on nous évalue, nous perdons foi en la justice.» Libéré, il travaille et milite pour faire reconnaître l’histoire de son peuple, soumis à un nettoyage ethnique d’une violence inouïe depuis six mois.

Au mois de février, Habiburahman devait venir témoigner devant le Parlement européen. Il aurait pu expliquer les racines du déferlement de haine qui a poussé 700 000 personnes à fuir au Bangladesh, comment Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix au pouvoir, a pu laisser vider l’Arakan de ses habitants musulmans. Mais l’Australie lui a refusé le visa qui lui aurait permis de revenir. A 38 ans, il est toujours un indésirable. Un Rohingya.

— 11 avril 2018

Retrouvez l’article de Laurence Defranoux sur Libération