Un fou dans l’art

décembre 14, 2017

par Jean Albou

Couverture d’ouvrage : Un fou dans l'art

“J’'ai calculé qu’'en moins de deux mois, j’avais dépensé pour plus de quinze millions d’'euros entre mes différents achats d'’oeuvres d'’art et l’'acquisition d'un terrain sur la mer. Et je n’'inclus pas dans ce total les sommes liées à mon train de vie de milliardaire. Le docteur avait raison : j’'étais « un cas d’école ». Je crois que, jamais, un maniaco-dépressif n’est allé aussi loin dans la folie, et n'’a autant trouvé à alimenter son délire de grandeur, sans que personne ne puisse mettre un terme à sa fuite éperdue en avant. Est-il fou de penser que je constitue, à mon corps défendant, un cas unique, un paradigme de la psychose maniaco-dépressive ? Mon histoire pourrait servir à définir un modèle expérimental de la maladie, dont tous les excès seraient susceptibles d'’être examinés dans leur expression la plus pure. Mais je n'’ai nulle envie de finir cobaye entre les mains des chercheurs en neuropsychiatrie". Jean Albou est aujourd'hui ruiné et rejeté par ses pairs. Il vit chez ses parents, sous curatelle et sous lithium. Voici le récit d’une ascension vertigineuse et de sa chute impitoyable et solitaire.

Parution :
Maison d’édition : Éditions de La Martinière
Genres :
Critiques :Poucette au sujet deAmazon a écrit:

Voici un livre courageux, écrit par une personne brillante, très intelligente, intuitive, artiste dans l'âme, et pourtant atteinte d'une maladie psychotique, stabilisable, mais incurable (à ce jour), dont on entend de plus en plus parler: la bipolarité, ex "psychose maniaco-dépressive". 1 personnes sur 20 en serait atteinte (5%). Je remercie l'auteur d'oser parler de "folie", car pour avoir été en contact d'un homme bipolaire et malgré moi dans le rôle des Audrey et Natalia citées dans l'ouvrage, c'est effectivement l'impression que ça donne et ça peut être très destructeur pour la personne mais aussi pour l'entourage. M. Albou nous parle du mal qui le ronge de l'intérieur, sans rien cacher, il raconte sans mélo les alternances de phases d'exaltation avec les phases de dépression profonde. Les détails sur les traumatismes de son enfance sont poignants. Ceci explique sans doute cela... Le style est agréable, subtil, c'est bien écrit. J'ai même ri parfois, notamment lors des rencontres écourtées avec 2 psychanalystes incompétents. Ce qui donne envie de pleurer, par contre, c'est de voir l'errance d'un psychiatre à un autre, la vanité de certains d'entre eux, les erreurs de diagnostics, la mauvaise prise en charge dans certains hôpitaux, notamment à St Anne à Paris, malgré les efforts de M. Albou pour soigner son mal. Tant reste à faire pour aider ces gens et leur entourage. J'ai aussi appris plein de choses sur le marché de l'art contemporain, même si j'avoue avoir sauté certains passages qui ne m’intéressaient pas particulièrement. Je souhaite à M. Albou de retrouver le bonheur et la paix intérieure.

Jean Davini au sujet deAmazon a écrit:

Pour connaître "de l'intérieur" la maladie bipolaire, voilà un ouvrage que les psychiatres devraient lire sans hésiter. Ainsi pourraient-ils - peut-être - mieux aider certains de leurs patients, qui souffrent de cette psychose aux conséquences parfois vertigineuses. L'auteur évoque ses troubles avec des mots justes, précis et les anecdotes s'accumulent, au gré de crises de plus en plus effroyables.
Cet ouvrage est également intéressant pour ceux qui se passionnent pour le marché de l'art. Jean Albou ose évoquer le dessous des cartes, de sa maladie, si mal stabilisée, et d'un milieu d'argent, où tout paraît possible.
Enfin, le style de Jean Albou est très agréable : léger, il réussit à nous faire sourire, y compris lorsqu'il vit les moments les plus difficiles de son histoire. Mais le lecteur qui ne connaît pas de personnes souffrant de troubles maniacodépressifs pourra-t-il comprendre ce qui relève de la maladie ? Le malade a l'air tellement normal... Si même les psychiatres n'y voient que du feu, les personnes atteintes de ces dysfonctionnements sont bien à plaindre...
Heureusement, l'éloge du lithium et de traitements adaptés pourra peut-être convaincre certains malades d'accepter les soins.
Ce texte est donc utile, aussi bien pour les soignants... que pour ceux qui mériteraient d'être mieux soignés.

Ninja a écrit:

L'auteur atteint d'une pathologie psychique sévère en fait une description étonnante dans une étude auto-biographique surprenante. Ce livre m'a beaucoup appris sur une maladie mal connue, plus fréquente qu'on ne le croît et accessible à un traitement chronique. Jean ALBOU décrit avec brio et beaucoup d'humour le mal chronique qui, après une ascension sociale fulgurante l'a entraîné dans le tourbillon de la pauvreté.


À propos de l’auteur

Jean Albou est né en 1957 à Casablanca, au Maroc. Docteur en philosophie, il est enseignant, puis devient en 1990 le conseiller et gérant de fortune de l'un des hommes les plus riches des États-Unis. Il constitue pour lui une importante collection d'art, tout en achetant des uvres pour lui-même. Il devient l'ami de César et d'Arman, conseillant d'autres collectionneurs privés, organisant des rétrospectives à Monaco. En octobre 2007, il est nommé au comité de développement de la maison de ventes Artcurial. Il y vend sa collection en janvier 2008. La vente ne remporte pas le succès escompté. Il ne peut pas rembourser ses dettes. C'est le début d'une longue descente aux enfers.


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