“J’ai tout de suite compris ce qui clochait chez moi”, confie une femme XY (RTL)

Élodie Lenoir publie “Telle que tu me vois”, dans lequel elle raconte comment elle a dû apprendre à vivre en étant “XY”, une fille avec un patrimoine génétique de garçon.

Elle aurait dû être un garçon. Élodie Lenoir raconte son histoire dans un livre, Telle que tu me vois, publié aux éditions La Martinière. La jeune femme a dû apprendre à vivre en étant “XY”, une fille avec un patrimoine génétique de garçon. Un long et douloureux chemin pour s’accepter.

“Le fait d’écrire le livre (…), ça a été une sorte de réconciliation avec mon passé, parce que je n’avais pas un très bon souvenir de cette période”, confie Élodie Lenoir. Et d’ajouter : “Je vois les étapes par lesquelles je suis passée, l’acceptation, le chemin que j’ai pu faire et je suis très fière”.

Celle qui a grandit dans une famille “classique” en banlieue parisienne explique dans son ouvrage avoir vécu “dans un monde imaginaire”. Pour Élodie Lenoir et pour tout le monde, elle était une petite fille “très ordinaire”. Et pourtant, au fil du temps, quelque chose la préoccupe. Contrairement à ses copines, à l’adolescence, elle n’a pas ses règles.

“En premier lieu, on m’explique que je n’ai pas d’utérus”, échographie à l’appuie, explique l’auteure. Plus tard, elle va essayer d’en savoir un peu plus sur ce syndrome et pour trouver “une solution” pour “en guérir”, explique-t-elle. Son médecin lui annonce alors qu’elle est une femme “XY”, syndrome d’insensibilité complète aux androgènes (SICA) : une fille qui aurait dû naître garçon.

“Guérir, ça veut dire recevoir les androgènes, donc la testostérone et donc (…) être une personne XY comme n’importe quel petit garçon”, explique Élodie Lenoir. Et d’ajouter : “J’ai tout de suite compris que c’était ça qui clochait chez moi”, elle qui pourtant se sentait femme, mais ne souhaite pas changer de sexe.

“Vouloir changer de sexe, ça voudrait dire laisser place à toute la biologie en ignorant complètement la réalité des choses”, décrit-elle, qui explique “ne rien avoir de masculin”. Elle se souvient s’être considérée comme “une bizarrerie”, tombe en dépression, allant jusqu’à commettre une tentative de suicide. Des années plus tard, Élodie Lenoir s’est acceptée, se dit “heureuse”, a lancé une procédure d’adoption avec son mari.