L’artiste Benoît Maire m’a invité à jouer dans son film “Le Mot origine”

Première expérience d’acteur, en compagnie de l’écrivain Thomas Clerc. “Le Mot origine” (2018), est un film écrit et dirigé par Benoît Maire, avec Thomas Clerc, Bertil Scali, Thomas Richard, David Charbit et Augustin Jallon. Images : Arnaud Maudru. Son : Loïc Lachaize. avec la participation du Poulailler d’Augustin, Wato entreprise, Fradin immobilier patrimoine, Capc Musée d’art contemporain.

 

Benoît Maire présente son travail du 8 mars au 2 septembre 2018 au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux dans une importante exposition monographique intitulée Thèbes. Regroupant près de 80 œuvres, l’exposition représente un nouveau chapitre pour l’artiste (né à Pessac en 1978) dont le travail, qui se situe au croisement de l’art et de la philosophie, procède d’une matérialisation plastique de ses théories esthétiques. Elle met en jeu sur un mode renouvelé les réflexions que Benoît Maire mène depuis 2008 sur le concept de différend, à l’aide duquel il explore, à travers une économie généralisée du collage, les points de disjonctions et les espaces d’irrésolution engendrés par la rencontre des objets et des concepts, de la matière et de la pensée.

Conçue comme un assemblage de trois séries − Peintures de nuages, Journaux de guerre et Châteaux − composées d’œuvres nouvelles parmi lesquelles peintures, sculptures, mobilier, objets du quotidien et films, elle soulève des interrogations sur la menace anxiogène et les dangers qui pèsent sur une société contemporaine en perpétuel questionnement d’elle-même.

La question de l’origine de l’Homme, des objets qu’il produit et dont il s’entoure, traverse l’exposition, qui par son titre, Thèbes, fait référence à la ville grecque, dont la mythologie rappelle qu’elle fut un temps prise au piège d’une question posée par une Sphinx qui terrorisait ses habitants. Le projet de l’artiste repose sur une analogie entre la ville et l’exposition, toutes deux aux prises avec une énigme à laquelle elles ne savent pas répondre.

Issues d’une série commencée en 2012, par le biais de laquelle l’artiste établit un parallèle entre l’espace – mouvant, insaisissable et propice aux projections de l’imagination – de la peinture et celui du nuage, les Peintures de nuages de Benoît Maire traduisent sa vision ontologique de la peinture.

Dans sa série de Journaux de guerre – quotidiens de la période de la Seconde Guerre mondiale que l’artiste achète en ligne et qu’il présente encadrés après leur avoir fait subir l’intervention minimale d’entourer un mot de leur page de garde – Benoît Maire analyse le vocabulaire du conflit en train de s’écrire et met ce faisant en exergue certaines constantes ou différences qui lui permettent de comparer les usages de la parole à travers les époques. La réalité historique de la guerre de 1939-45, relatée par les journaux, est ainsi filtrée par sa lecture contemporaine, qui cherche à trouver un concept fort et opérant dans le réel d’une guerre en train de se dire, de s’imaginer et de s’écrire dans le contexte international actuel, et qui autorise par exemple les dirigeants politiques des territoires victimes d’attentats terroristes sur leur sol à parler « d’état de guerre ».

Quant aux Châteaux, petites constructions architecturales en laiton associant le plus souvent des typologies d’objets antinomiques (naturels/ready-mades, archaïques/technologiques, etc.), ils mettent l’accent sur le caractère énigmatique des objets manufacturés, artistiques (faits par l’artiste), fonctionnels (le mobilier que l’artiste réalise pour la marque Ker-Xavier) ou naturels (fossiles, coquillages, etc.) qui peuplent ses expositions et dont l’origine est aussi floue que le mélange est déroutant. Benoît Maire les décrit comme des sphinx qui nous posent des questions sur l’origine de leur condition d’existence et qui sont, tout comme Thèbes, menacés d’ignorance.

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Publication :

Réalisation graphique du studio londonien Åbäke, la première monographie de référence consacrée à l’artiste est publiée à l’occasion de l’exposition de Benoît Maire au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux. Elle revient sur près de quinze ans de carrière de l’artiste et comprend des textes critiques de Mieke Bal et de Magali Nachtergael, un essai visuel de Vincent Honoré et une interview de Rahma Khazam.

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En parallèle :

Nature Morte
ou le préfixe conceptuel de l’art romantique
Avec des œuvres de : Nina Beier, Mark Ge riaud, Rolf Julius, Benoît Maire, Tania Perez Cordova, Evariste Richer.

Exposition collective au Centre d’art Chasse-Spleen, organisée par Benoît Maire. 07.03 – 30.10.2018

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Depuis 2008, Benoît Maire a entamé la rédaction d’un manuel d’esthétique, où prennent forme des images, des objets et des écrits afin de mettre en exergue quelques-uns des enjeux principaux de l’esthétique contemporaine. En partant du différend (un conflit insurmontable) entre le dire et le voir, Benoît Maire travaille dans un entre-deux où l’art et la philosophie fusionnent en un usage pratique où les formes s’étendent et se surpassent. Ni philosophie, ni art, l’Esthétique des différends cherche à corrompre les formats traditionnels avec l’utilisation expérimentale de la théorie.

Né en 1978 à Pessac, Benoît Maire est diplômé de la Villa Arson, Nice et de la Sorbonne, Paris I.
Il réalise des expositions, des publications, des projections filmiques et des performances. Il collabore avec d’autres artistes, ainsi que des philosophes et musiciens. Benoît Maire participe à la Baltic Triennale Give Up the Ghost en mai 2018.

Benoît Maire est le lauréat du 1% artistique de la future MÉCA (Maison de l’économie créative et de la culture en Nouvelle-Aquitaine), pour laquelle il réalisera une sculpture monumentale extérieure représentant une demi-tête d’Hermès en bronze.