Nicolas Rey dans Le Figaro pour “Amour, les plus belles histoires”

Chaque matin, un petit peu d’eau de jouvence, une petite goutte, bips ! de Daphné Bûrki, ça ne peut pas vous faire de mal. Bien entourée – on pense en particulier à Ariel Wizman, la caution culturelle qui ne déçoit jamais -, l’animatrice nous cause actualité du jour, conso, art de vivre, etc., bref, « Bonjour la France » est un joyeux fourre-tout. À ll heures, un invité pointe son nez. Mardi, nous avons eu le plaisir d’écouter Nicolas Rey. On se demandait ce qu’il était devenu. Nicolas Rey est un bel écrivain, une belle plume délicate et fragile qui s’est usée jusqu’à la corde dans des histoires d’amour qui lui ont joliment, élégamment, déboutonné l’âme. L’amour est ce genre d’exercice qui ne pardonne pas. On le croit une digue, il n’est qu’une baïne. Il nous revient avec un beau livre, comme on dit, Amour, les plus belles histoires (Éditions de la Martinière), un vrai cadeau de Noël. Soixante-neuf histoires en tout. George Sand et Alfred de Musset, Romain Gary et Jean Seberg, Edith Piaf et Marcel Cerdan, Jean Gabin et Michèle Morgan, JFK et Marilyn, Federico Fellini et Giulietta Masina, Alain et Catherine Robbe-Grillet, Amy Winehouse et Pète Doherty… On en a pour notre bourse. Mais, reprenant Jacques Dutronc, notre écrivain a laissé Poiret à Serrault, Laurel à Hardy, les oeufs à la coque, Goldwyn à Metro, la clé à molette, Bouvard à Pécuchet, Gault à Millau, le tire à bouchon, Milou à Tintin, Johnny Hallyday, la main au panier… Nicolas Rey a la voix chevrotante de l’homme des nuits déchirées qu’il a tellement arpentées. Cite d’emblée Pierre Desproges : «J’aime les histoires d’amour qui se terminent mal. Elles sont les plus belles car elles sont celles qui ressemblent le plus à la vie. Sinon ce sont des contes de fées et ça f ait chier tout le monde. » Ce n’est pas faux, ce n’est pas vrai. Chers lecteurs, on y reviendra…

Anthony Palou