Lola Marois-Bigard interviewée par La Provence : “De la comédie dans Plus Belle la Vie à l’écriture d’un premier roman”

Elle est l’une des nouvelles recrues de la série Plus Belle la vie diffusée sur France 3. Lola Marois, la femme de Jean-Marie Bigard, a fait ses premiers pas en juin au Mistral dans le rôle d’Ariane, “une flic syndicaliste, xénophobe, ex de Boher”. “Ce rôle m’avait beaucoup interpellée sur le papier, j’ai eu la rage de le décrocher plus que jamais”, explique la comédienne.

Lola Marois-Bigard a pour autre passion l’écriture. En 2013, elle publiait À demain mes amours…, un récit intime sur le combat mené pour ses jumeaux nés grands prématurés. Ce mois-ci, est sorti son premier roman Bad Girl chez Hugo Roman. Elle y dévoile une plume amère et crue sur le parcours d’Enja, tombée pour l’amour de l’argent dans la prostitution.

Après le récit “À demain mes amours…”, que vous a permis la fiction ?

Ce sont deux exercices totalement différents. Ecrire un roman est très excitant, on peut vraiment laisser aller sa plume, la mienne est plutôt libertaire, amère, acide. On ne peut pas se laisser aller aussi facilement dans le témoignage, j’écrivais sur mes enfants, je me devais de me contenter des faits. Avec le roman, j’ai pu écrire comme j’avais envie, faire part d’un petit cri, d’une mélancolie.

Qui est Enja ?

Depuis l’adolescence, c’est un personnage qui déborde de féminité, d’animalité et de sensualité, elle ne s’est jamais sentie à sa place. On lui a volé son enfance, son adolescence, c’est un personnage qui a démarré la vie un peu du mauvais pied, malgré elle.

Quel prénom étrange, d’où cela vient-il ?

Enja, c’est le prénom que portait une fille qui était dans mon pensionnat au lycée. Cette fille a exercé sur moi une sorte de fascination, je la trouvais magnifique. J’ai donné ce prénom étrange à mon héroïne, parce qu’elle est en dehors des codes, marginale. Elle est un volcan, indomptable.

Qu’est-ce que ce personnage a de vous ?

Je crois que ce roman comporte beaucoup de mes angoisses, de mes peurs liées à la vie, c’est une manière de les exorciser. A la différence de mon héroïne, la comédie m’a sauvée de tout, ma vie de famille aussi. Elle, ses passions sont l’argent, l’amour, la séduction. Enja a un côté “dark”, autodestructeur que je peux avoir. Je la vois comme une Emma Bovary des temps modernes. J’ai moi aussi toujours été une rêveuse, mais ça prend du temps de réaliser ses rêves, autant de temps qu’on ne passe pas à se détruire. J’aurais pu prendre une mauvaise direction comme Enja, connaître les mêmes affres de la nuit. Mais j’avais le théâtre, la comédie, la littérature… Ça aide à donner un sens à sa vie.

Votre écriture est très “crue”. Avez-vous cherché à faire réaliste ?

Je ne pense pas que je recherchais quelque chose en particulier, en tout cas il n’y avait pas de recherche d’un style à proprement parler. J’écris comme je suis et comme je vois la vie, de manière dure et violente.

Vous avez écrit “Bad Girl” sur trois ans…

Oui ! J’espère que je ne prendrais pas toujours autant de temps. (Rires) J’ai utilisé ce temps pour écrire, réécrire, j’ai fait face aux refus de maisons d’édition, il y a eu beaucoup de versions différentes. L’écriture d’un roman est un long périple que l’on vit seule, ce n’est pas une période facile.

Et pourtant, vous vous êtes déjà relancée dans l’écriture ?

Il faut que je prenne le temps d’aménager mon esprit à l’écriture. Je sors d’une intrigue très importante dans PBLV et en effet, oui, je suis sur un nouveau roman, qui sera différent. Ce sera le mélange de nouvelles intitulées “Chroniques d’une vie de Parisienne”. Cette fois je me mets dans la peau de pleins de gens, même d’un chien !

Considérez-vous l’écriture comme le prolongement de la comédie ?

Oui on peut dire ça ! Quand j’écris je ne peux pas m’empêcher de voir les images, d’imaginer ce que ce serait en film. Ce roman aurait pu être un scénario, il est très dialogué.

Auriez-vous envie d’adapter votre roman ?

Oh oui ! J’adorerais.

Dans le processus de création, votre mari, Jean-Marie Bigard, est-il intervenu ?

Mes proches ont été le prolongement de mon bras, c’est sûr. Je lisais les choses que j’écrivais au fur et à mesure à mon mari, à la maison. Je me sentais moins seule et, encouragée, ça m’a aussi donné envie de continuer.

“Bad Girl” de Lola Marois chez Hugo Roman, 15€

Recueilli par Isabelle Appy

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