Nicolas Rey dans Le Point

Cartes du Tendre Nouvelles. Ça commence toujours bien, l’amour humain. Beau, excitant, divin, le pays des amants. Et puis les nuits blanches se brouillent, le Soleil et la Lune ne brûlent plus la peau et les os. «Quand la route paraît troplongue/, chantait Moustaki (qui, comme Nicolas Rey, avait la démolition onctueuse), lip a l’escale du mensonge, / L’auberge de la jalousie. /On p déjeune de rancune/, Et l’on s’enivre d’amertume/, L’orgueil vous p tient compagnie. » : une BO du tonnerre pour ce nouveau recueil de nouvelles d’amour. Comme toujours, c’est avec une délicatesse et même une tendresse inouïes que Nicolas Rey bousille ses histoires d’amour. Comme celle de Jean, par exemple, qui, après avoir aimé, ri et joui de toute son âme, s’endort « à quelques centimètres du balai à Mottes». Mais, « malgré les apparences», «la soirée de Jean est comparable à la plus belle des fêtes que puisse offrir notre système solaire». Ils ont tous les âges. Ils aiment, baisent, ronflent, fument, hurlent Nicolas Rey. et caressent, se battent ou renoncent, parfois même ils le regardent juste, le doux carnage, les narrateurs. C’est élémentaire, c’est banal, mais, quand c’est Rey qui raconte, ça devient rare. Lyrisme hyper sensible du poète, voracité sexuelle et textuelle du mauvais garçon… Décidément, le cocktail Nicolas Rey est une came sûre • M. o. T. « Des nouvelles de l’amour», de Nicolas Rey (La Martinière, 176 p., 16 e). 5/11